Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 17:34

                                                Vœux pour 2021

 

L’année 2020 s’achève enfin. On n’a jamais été aussi pressés de finir une année pour en commencer une nouvelle sous de meilleurs auspices.

L’absence de rencontres associatives et culturelles qui ne peuvent avoir lieu actuellement est directement liée au virus, au couvre-feu, aux décisions politiques. Cela est connu de tous. Il semble difficile de faire des vœux habituels dans de telles circonstances tant on ignore quand on pourra se retrouver à nouveau et reprendre une vie associative « normale ».

Ainsi, chers adhérents, voici des vœux avec des paysages d’hiver, de neige où chacun pourra éprouver son émotion, sa joie ou sa mélancolie.

Chaque tableau vous évoquera à chacun, les mots galvaudés qu’on prononce souvent avec sincérité par habitude. L’ensemble touchera votre cœur peut-être…

En même temps, des poèmes remontant de l’enfance, des bribes de souvenir vous aideront à franchir ce cap de nouvelle année dans une ambiance feutrée. La culture peut soutenir les affres de la distance.

Voilà le parti pris que vous offre « Chaumont sur Loire au fil du temps »…

Paysage hivernal avec un bucheron et des voyageurs         Gijsbrecht LEYTENS (17ème siècle)

Paysage hivernal avec un bucheron et des voyageurs Gijsbrecht LEYTENS (17ème siècle)

Tempête de neige en mer (détail), 1842 J. M. W. Turner

Tempête de neige en mer (détail), 1842 J. M. W. Turner

La neige Charles François Daubigny  1873  .

La neige Charles François Daubigny 1873 .

Les Très Riches Heures du duc de Berry, Février (détail)            Les frères LIMBOURG   1412-1416

Les Très Riches Heures du duc de Berry, Février (détail) Les frères LIMBOURG 1412-1416

 Effets de neige à Argenteuil       Alfred SISLEY 1874

Effets de neige à Argenteuil Alfred SISLEY 1874

Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021

Pour le conseil d’administration de « Chaumont au fil du temps »

Le président Franck Hanot

 

Partager cet article

Repost0
21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 15:57

Franck Hanot aurait dû vous faire un exposé,

le samedi 14 novembre 2020 sur

           1870 : de Woerth à Chaumont-sur-Loire…

… Les poussières d’une histoire nationale.

Le samedi 12 décembre 2020, nous aurions dû aller à Loigny la Bataille, dans l’Eure et Loir, pour visiter leur musée et être sur le site de la plus importante bataille de la guerre de 1870 dans la région.

 

Un virus, un gouvernement ayant reconduit un reconfinement, des consignes sanitaires nous ont privés de ces 2 manifestations sur la guerre de 1870. Juste comprendre ce passé éloigné pour avoir les réponses aux enchaînements inexorables de la vie des nations dans notre histoire plus proche.

150 ans nous séparent de cette guerre.

2021 sera peut-être plus propice à ces évocations en direct, souhaitons-le. Pour tout le reste aussi…

En attendant, en ce mois de décembre, nous allons faire une petite incursion dans le passé de 1870…

Place à l’évocation…

 

« Poussières » effectivement car cela tient de l’enquête policière d’expliquer la présence de ces témoignages de ce qui fut la fin de l’empire et considéré comme une défaite. Woerth jolie et riche bourgade, nichée dans les collines sous vosgiennes du Nord de l’Alsace. Au centre, à la croisée des routes, domine un imposant mémorial mariant richement la pierre et le bronze, érigé en 1888. Les bas-reliefs et les allégories commémorent en premier lieu les victoires locales de l’armée prussienne de ce début du mois d’Août 1870 (Wissembourg, Frœschwiller…).D’autres noms de localité  gravés nous sont plus familiers (Beaugency, Cravant…)

Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)
Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)

Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)

 A Chaumont sur la route de Rilly s’élève le bien modeste monument, érigé peu après 1920 à la mémoire de Thomas Charpentier, civil, exécuté par les Prussiens, 5 mois plus tard, le 27 Décembre.

Le momunent dédié à Thomas Charpentier sur la route de Rilly à la sortie de Chaumont sur Loire. (Photos C Loriot)
Le momunent dédié à Thomas Charpentier sur la route de Rilly à la sortie de Chaumont sur Loire. (Photos C Loriot)

Le momunent dédié à Thomas Charpentier sur la route de Rilly à la sortie de Chaumont sur Loire. (Photos C Loriot)

Les causes de la guerre

 

Cette guerre est un piège tendu à la France par la Prusse par le chancelier Bismarck pour rallier autour de la couronne de Prusse l’ensemble des états allemands et constituer la première puissance en Europe continentale.

Dans ce but, un prince prussien brigue le trône d’Espagne. Cette provocation est amplifiée par la dépêche d’Ems véritable outrage aux yeux de l’empereur Napoléon III.

Il déclare la guerre à la Prusse le 19 Juillet 1870.

 

Les batailles des frontières : de Wissembourg à Sedan

 

La France met sur pied une armée de 270 000 hommes dite armée du Rhin répartie depuis Thionville jusqu’à Belfort. L’Allemagne fait entrer en ligne 500 000 hommes.

Le 14 Août, alors que l’armée française franchit la Moselle à Metz, les Prussiens attaquent les troupes postées à Borny immédiatement à l’Est de Metz pour couvrir la retraite.

S’en suivent les combats de Rezonville, Saint Mars la Tour du  16 Août, de Saint Privat et de Gravelotte le 18 Août empêchant le général Bazaine de forcer le passage vers l’Ouest. Il sera finalement enfermé dans Metz. L’armée de Mac Mahon partie du camp de Chalons restera piégée, encerclée le  1er Septembre  dans la cuvette de Sedan.

Le 2 Septembre 1870 à Sedan marque un tournant dans l’histoire. C’est la fin de l’Empire. Napoléon III signe la capitulation au château de Bellevue et sera fait prisonnier.

Le 4 Août la division du général Abel Douay est écrasée à Wissembourg.  Le général est tué.   Le prince Frédéric-Guillaume contemplant le corps du général Abel Douay. Par Anton von Werner 1888.

Le 4 Août la division du général Abel Douay est écrasée à Wissembourg. Le général est tué. Le prince Frédéric-Guillaume contemplant le corps du général Abel Douay. Par Anton von Werner 1888.

Le sursaut : de Sedan à Loigny 

 

La France n’a plus d’armées régulières.

Issu du mouvement révolutionnaire du 4 Septembre, le nouveau gouvernement de la défense nationale prend la résolution de continuer la lutte.

Après Sedan, les troupes allemandes marchent sur Paris et l’atteignent le 17 Septembre.

La première armée de la Loire se constitue courant Octobre à Orléans.

Après de rudes combats à Artenay, Chevilly et Cercottes, 30 000 Allemands, retirés du siège de Paris repoussent le 11 Octobre cette armée au Sud de la Loire et occupent la ville d’Orléans.

Nos troupes se réorganisent et remportent la victoire tant attendue à Coulmiers le 9 Novembre avant de réoccuper Orléans le 11 Novembre.

Malheureusement, suite à la capitulation de Bazaine à Metz le 27 Octobre, cela libère des troupes allemandes qui se précipitent vers le Sud sur les Français, les arrêtent dans leur élan et les isolent de Paris à deux reprises à Beaune la Rolande le 28 Novembre et à Loigny le 2 Décembre.

Les zouaves pontificaux à la bataille de Loigny par Charles Castellani (1879) Musée de l’Armée.

Les zouaves pontificaux à la bataille de Loigny par Charles Castellani (1879) Musée de l’Armée.

Résistance entre Beauce et Loire. L’exécution de Thomas Charpentier   

 

Après les combats de la bataille d’Orléans du 3 et 4 Décembre, l’armée française, refoulée, se fractionne en deux tronçons ; un premier sous les ordres du général Chanzy se replie  vers la forêt de Marchenoir, l’autre dirigé par le général Bourbaki atteint Bourges.

De cette défaite renait la deuxième armée de la Loire avec le général Chanzy qui résiste aux Prussiens durant 4 jours (7 au 10 Décembre) sur la ligne Beaugency Cravant.

Surpris par l’arrivée de renforts ennemis à Blois, le général Chanzy donne l’ordre le 11 Décembre d’une retraite immédiate sur le Loir vers Vendôme. S’y tiendront à Frétéval les 15 et 16 Décembre des combats remportés par les Prussiens malgré une forte résistance française.

S’en suit la retraite sur la Sarthe, nos troupes prenant position autour du Mans du 19 au 21 Décembre. L’ennemi depuis Orléans et Chartres  décide d’en finir avec Chanzy.

C’est dans ces mouvements de l’ennemi que se déroule l’épisode de Rilly-Chaumont avec l’exécution sommaire  de Thomas Charpentier.

En ce 27 décembre 1870, après des accrochages et des coups de main furtifs et meurtriers, les Prussiens, soldats habitués à des stratégies militaires sont obsédés par les Francs-Tireurs qui les harcèlent. Depuis quelque temps, lors de déplacements des troupes, ils se vengent sur la population civile par des viols, des maisons incendiées, des prises d’otages, des rançons demandées…

Voici ce qu’on peut résumer du livret « Poussières d’histoire. Pour un monument à la mémoire de Th.Charpentier. 1870-1871, écrit par Charles Roguet et imprimé en 1912.

Le livret "Poussières d'Histoire"  (Recherche à la bibliothèque Abbé Grégoire de Blois) (Photo C Loriot)

Le livret "Poussières d'Histoire" (Recherche à la bibliothèque Abbé Grégoire de Blois) (Photo C Loriot)

A Rilly, Athanase Charpentier et son fils Sylvain sont dans les champs. 80 francs-tireurs arrivent des bois, dépenaillés vers eux. (p 63). Ils demandent leur route, les 2 les accompagnent. Des Prussiens sont attendus à Rilly. Une embuscade est tendue aux Prussiens. Il y a poursuite dans le village (p 65). En même temps la réquisition devient pillage. Ils arrêtent 16 personnes « suspectes » otages, pour être fusillées. Les femmes intercèdent auprès des officiers. Des francs-tireurs sont vus s’enfuir ce qui sauvent les otages. (p 68).

Les Prussiens cherchent vers le Pressoir Blineau. Thomas Charpentier, frère d’Athanase habite la 1ère maison. La cinquantaine, taille moyenne, rude et barbu, vigoureux, veuf d’une lingère, sans enfant, vit seul et pauvre. (p 70). Il a gardé sa carabine, un fusil de chasse, un casque de pompier et sa ceinture, malgré les recommandations du maire de cacher tout cela.  Avec Tortet son voisin, ils veulent en découdre avec un uhlan. Des fantassins prussiens débouchent et voient Tortet qui se débarrasse à temps,  des cartouches et de son arme sous la glace de la fosse. Les Prussiens ne trouvant rien, fouillent ailleurs. Ils vont chez Charpentier. C’est l’empoignade et la fouille de la maison : ils trouvent le vieux fusil, le casque et la ceinture. Enfin,  ils en tiennent un ! Charpentier résiste. (p 73). Son calvaire est sur la route de Rilly à Chaumont. Il faut qu’il paie pour tous les autres… (p 75 à 79).

Un officier le finit par une décharge d’un fusil dans la tête. La dépouille est abandonnée. Lefebvre de Chaumont va prévenir la famille Charpentier et Rémy Daunay met de la paille sur le cadavre. A la fin de la journée, sur une brouette, on met le corps et le cortège funèbre va jusqu’à chez lui…Il est noté sur la déclaration administrative du registre « décédé en son domicile ». Il est enterré à Rilly sans croix, sans pierre. (p 80).

« Poussières d’histoire » nous donne des renseignements sur les communes alentours:

Ce sont 1262 hommes que le 75ème Mobile a semés sur les champs de bataille de l’armée de la Loire.

Le monument à Blois en rappelle le souvenir.

Ceux morts au feu, dans les hôpitaux, en Allemagne : 17 à Onzain, 10 à Chaumont, 7 à Mosnes, 5 à Chouzy, 4 à Monteaux, 3 à Vallières, 1 à Rilly en omettant Charpentier assassiné. (p 85).

D’autres rentrés chez eux moururent assez vite de fatigue ou de leurs blessures.

 

 

Ce jour, funeste pour Thomas Charpentier, Paris est bombardée. Tout s’accélère avec les villes qui tombent aux mains de l’ennemi, les unes après les autres, malgré des combats héroïques. Des trahisons aussi…

Toujours vers l’Ouest et organisés par le général Chanzy s’en suivent les combats à l’Est du  Mans (du 10 au 12 Janvier 1871) avant le repli définitif en direction de la Mayenne et de Laval.

Le 26 Janvier 1871, le nouveau gouvernement de Paris, (les opposants ont été mis en prison), signe avec Bismarck, un armistice de 21 jours qui sera prolongé.

Malgré l’armistice, les combats continuent dans notre région. Le 27 Janvier s’effectue une reconnaissance sur Blois suivie de combats dans le faubourg de Vienne le 28 qui libèrent la ville de Blois occupée par les Prussiens.

Dans le faubourg de Vienne, sur une colonne quasiment invisible, en prolongement de la levée de la Loire, se trouve une plaque apposée sur ce monument en 1895, rappelle que, « le 28 janvier 1871, les troupes françaises commandées par les généraux Pourcet et de Charbon, de l’armée de la Loire, ont pris d’assaut le faubourg de Vienne devant Blois ».  Proche de là, une rue porte même le nom de cette date importante.      (Photo Collection Particulière)

Dans le faubourg de Vienne, sur une colonne quasiment invisible, en prolongement de la levée de la Loire, se trouve une plaque apposée sur ce monument en 1895, rappelle que, « le 28 janvier 1871, les troupes françaises commandées par les généraux Pourcet et de Charbon, de l’armée de la Loire, ont pris d’assaut le faubourg de Vienne devant Blois ». Proche de là, une rue porte même le nom de cette date importante. (Photo Collection Particulière)

D’autres monuments de 1870-1871 se trouvent dans Blois.

Après de rudes combats, le lieutenant Georges de Villebois-Mareuil libère la ville de Blois occupée par les Prussiens. 

 

 

 

 

Dans les communes des alentours, il y a aussi des traces de cette guerre…

(Les exemples que je donne sont limités. A vous de faire vos recherches...)

 

 

 

 

A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)
A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)
A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)
A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)

A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise... (Photos C Loriot)

L’épilogue d’une défaite  

 

Les derniers combats ont lieu le 1er Février et se concluent par le repli en Suisse du reste des troupes du général Bourbaki (il a tenté de se suicider et a été remplacé). 

Le 10 mai 1871 : la signature du traité de Francfort oblige la France à céder une partie de son territoire : le Haut Rhin, le Bas Rhin et une grande partie de la Lorraine. Seul le territoire de Belfort n’est pas annexé. Une somme de 5 milliards de francs or doit être versée à l’Allemagne unifiée.

En septembre 1873, cette somme réunie avec 2 emprunts est payée.

Le 9 Juin, l’Alsace et la Moselle sont incorporées dans le nouvel Empire allemand. L’allemand devient langue obligatoire et l’enseignement du français est supprimé à l’école primaire en 1872.

 

En guise de conclusion :

 

On commémore rarement une défaite et on n’en parle guère plus. Connaitre l’Histoire et ses méandres, permet de mieux comprendre le présent et son territoire proche.

Cette guerre a duré 6 mois. Elle a laissé des cicatrices comme toutes les guerres. Elle a fait chuter l’Empire. Elle a engendré la guerre civile avec la Commune de Paris et à moindre échelle dans d’autres villes de France comme à Marseille, Toulouse et Lyon. C’est la perte de l’Alsace-Moselle.

Un esprit revanchard voudra récupérer à tous prix ces territoires.

Elle engendrera la guerre de 1914-1918.


Franck Hanot.

Partager cet article

Repost0
1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 10:11

En raison de la crise sanitaire en cours et des décisions gouvernementales prises, la mairie de Chaumont a averti les associations de la commune de ce qui suit :

Le 11 novembre 1918 ou le jour de la signature de l’armistice de la Première Guerre Mondiale…

Je ne reviendrai pas sur le déroulement de cette guerre de 1914-1919 que l’Association a largement traitée entre 2014 et 2018 en essayant de voir toutes les facettes de ce conflit mondial. (Exposition, exposés, travail avec l’école, chansons, films, lecture de lettres de Poilus de Chaumont…).

Mais je vais me servir de cette commémoration feutrée comme prétexte afin de parler de la guerre à travers quelques poètes.

Mon propos d’aujourd’hui est de remettre en lumière pour quelques instants, le sacrifice imposé à une génération, celle des classes 1914, 15 et suivantes ….pour que notre Pays, la Patrie, le Sol, notre Territoire comme vous voudrez l’appeler, reste libre. Et que mes ancêtres, vos ancêtres, les Français, ceux qui forment le Peuple retrouvent leur liberté.

Juste une évocation.

Le 11 novembre 1918 ou le jour de la signature de l’armistice de la Première Guerre Mondiale…

AUX POÈTES MORTS A LA GUERRE

Il faut que nous pensions toujours à Vous, Poètes

Qui mouriez en soldats, les armes à la main,

Vous qui n'aviez rêvé que les lyriques fêtes,

Et qui, face au danger, leviez plus haut vos têtes,

Vous dont les grandes voix allaient être muettes

Pour qu'en Français l'on puisse encor parler demain...

N'oublions pas! Il faut que notre âme s'élève

Vers eux qu'une mort sombre emporta dans son flux ;

Ils nous furent ravis, nos Chevaliers du Rêve,

Ces porteurs d'un flambeau qu'éteignit l'heure brève,

Restés debout encor pour la suprême trêve,

Qui vivaient pour chanter et ne chanteront plus...     

Ils ont nargué l'effroi, méprisé la souffrance,

Leur grandeur, à jamais, vaut qu'on soit à genoux,

Car ils ont tout donné, l'avenir, l'espérance,

Pour être la rançon de notre délivrance,

Un idéal plus pur qui nous grandisse, nous !...

O vous ! qui m'entendez, souffrez qu'on vous convie

Au grand recueillement qu'animera leur voix,

Noble voix qui chantait avec la seule envie

Que notre Liberté jamais ne soit ravie,

Voix de ceux qui vivaient pour l'Oeuvre et pour la Vie,

Et vivant doublement, sont ainsi morts deux fois...

Si l'un de nous peut élever un clair ramage,

C'est parce qu'en notre âme ils sont les grands vainqueurs;

Si leur perte est pour nous l'essentiel dommage,

Que du moins dans nos yeux demeure leur image,

Que notre oeuvre pour eux soit un constant hommage,

Que leur âme sublime anime encor nos coeurs !

 

     ALBERT WILLEMET.

 

Poème d’un poilu de Verdun....

Dans un trou à Verdun.                                                                   

Toute la terre tremble,

Et le canon qui gronde.

Oui, je crois, il me semble

Que c’est la fin du monde.

Dans nos trous, on blasphème,

On ne croit plus au bon dieu.

Même les morts aux faces blêmes

Tendent leurs poings vers les cieux.

C’est la moisson de notre jeunesse.

On tue des gosses de vingt ans

Qui meurent là, sans une caresse,

Fauchés comme des fleurs de printemps.

A quand la fin de ce cauchemar.

On n’en peut plus; on en a marre.

Mais c’est dans un trou à Verdun

Que j’ai connu mon petit copain.

Comme l’amitié réchauffe le cœur !

On se déride; on n’a plus peur.

Et dans la boue de Verdun

Nous nous sommes serrés la main.

Prends mon bidon, un coup de pinard,

Rien de meilleur contre le cafard.

Et pourquoi conserver ces biens,

Puisque nous tous mourrons demain.

Et puis ensuite nos retrouvailles

Devant ta maison près du café.

On discutait de nos batailles

Et des copains qu’on a laissés.

Toujours dans notre petite causette:

Souville, Douaumont et La Caillette.

Mais je voyais dans tes yeux bleus,

Comme un reflet des cieux.

Tu es parti de bon matin,

Sachant bien sûr, l’étape dure.

Et puis quand on pense aller loin,

Il faut ménager sa monture.

Mais partant pour l’éternité                                                                                  

Au pays de l’égalité,

Tu aurais dû comme à Verdun,                                                                                

Mon petit copain, me serrer la main.

Mais dis-lui bien, à Dieu le Père,

Puisque Verdun fut un enfer,

Qu’il te réserve au paradis

Une place pour toi et tes amis,

Et tous les combattants de la terre.

Une prière: honnie la guerre,

Et tous, nous nous serrerons la main,

En bons copains, en vrai copains.

 

Henri Eugène LALLIER

1891-1976

 

Pour mon copain Marcel BOURGEOIS

Ancien du 147ème R.I.

 

 

 

 

C’était la grande guerre
Ils ont vécu l’enfer
C’était la grande guerre
La folie meurtrière
Par un beau jour d’été
Sous un ciel bleu d’azur
Le clairon a sonné
Pour la grande aventure
Ils partirent faire la guerre
Au nom de la patrie
Ils étaient jeunes et fiers
Et la fleur au fusil
Mais du chemin des dames
Au fort de Douaumont
Ils ont perdu leur âme
Sous le feu des canons
Avec la peur au ventre
Ils chantaient la Madelon
En plein mois de décembre
Quand ils montaient au front
Ils tombaient un à un

Fauchés par la mitraille
De la Marne à Verdun                                                                                      
Au coeur de la bataille
Partout des trous de bombes
Partout des trous d'obus
Comme la fin d'un monde
Qui leur tombait dessus…
Ils ont pleuré de joie

Le jour de l’armistice
Quand enfin arriva
La fin de leur supplice
Après un grand silence
Les cloches de la paix
Dans le ciel de France
Se mirent à sonner
14-18
C’était la grande guerre
C’était la der des ders
Mais cette grande guerre
Ne fut pas la dernière

Jacques Hubert FROUGIER                                                                      

Henry-Jacques

Henry-Jacques

 Didier Venturi

Didier Venturi

 Didier Venturi

Didier Venturi

Robert Tirvaudey

Robert Tirvaudey

 

 LA TRANCHEE

O jeunes gens je m’offre à vous comme une épouse
Mon amour est puissant j’aime jusqu’à la mort
Tapie au fond du sol je vous guette jalouse
Et mon corps n’est en tout qu’un long baiser qui mord

 

LES BALLES

De nos ruches d’acier sortons à tire-d’aile
Abeilles le butin qui sanglant emmielle
Les doux rayons d’un jour qui toujours renouvelle
Provient de ce jardin exquis l’humanité
Aux fleurs d’intelligence à parfum de beauté

 

Guillaume Apollinaire

Chevaux de frise

Pendant le blanc et noc­turne novembre
Alors que les arbres déchi­que­tés par l’artillerie
Vieillissaient encore sous la neige
Et sem­blaient à peine des che­vaux de frise
Entourés de vagues de fils de fer
Mon cœur renais­sait comme un arbre au prin­temps
Un arbre frui­tier sur lequel s’épanouissent
                Les fleurs de l’amour

Pendant le blanc et noc­turne novembre
Tandis que chan­taient épou­van­ta­ble­ment les obus
Et que les fleurs mortes de la terre exha­laient
                Leurs mor­telles odeurs
Moi je décri­vais tous les jours mon amour à Madeleine
La neige met de pâles fleurs sur les arbres
       Et toi­sonne d’hermine les che­vaux de frise
                 Que l’on voit par­tout
                          Abandonnés et sinistres
                                    Chevaux muets
       Non che­vaux barbes mais bar­be­lés
           Et je les anime tout sou­dain
       En trou­peau de jolis che­vaux pies
Qui vont vers toi comme de blanches vagues
                   Sur la Méditerranée
            Et t’apportent mon amour
Roselys ô pan­thère ô colombes étoile bleue
                        Ô Madeleine
Je t’aime avec délices
Si je songe à tes yeux je songe aux sources fraîches
Si je pense à ta bouche les roses m’apparaissent
Si je songe à tes seins le Paraclet des­cend
         Ô double colombe de ta poi­trine
Et vient délier ma langue de poète
         Pour te redire
         Je t’aime
Ton visage est un bou­quet de fleurs
    Aujourd’hui je te vois non Panthère
                                Mais Toutefleur
Et je te res­pire ô ma Toutefleur
Tous les lys montent en toi comme des can­tiques d’amour et d’allégresse
Et ces chants qui s’envolent vers toi
                          M’emportent à ton côté
                     Dans ton bel Orient où les lys
Se changent en pal­miers qui de leurs belles mains
Me font signe de venir
La fusée s’épanouit fleur noc­turne
             Quand il fait noir
Et elle retombe comme une pluie de larmes amou­reuses
De larmes heu­reuses que la joie fait cou­ler
       Et je t’aime comme tu m’aimes
                     Madeleine

(Poème à Madeleine, 18 novembre 1915)  Guillaume Apollinaire

Le 11 novembre 1918 ou le jour de la signature de l’armistice de la Première Guerre Mondiale…

Le Départ

Guillaume Apollinaire

Et leurs visages étaient pâles
Et leurs sanglots s’étaient brisés

Comme la neige aux purs pétales
Ou bien tes mains sur mes baisers
Tombaient les feuilles automnales

Guillaume Apollinaire, Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)

Voilà la contribution de « Chaumont sur Loire au fil du temps » à ces commémorations du 11 novembre.

 

Cela aurait pu être un tour d’horizon des écrivains comme Alain (Souvenirs de guerre), Maurice Genevoix (Ceux de 14), Blaise Cendrars (La main coupée), Pierre Chaine (Les mémoires d’un rat), Henri Laporte (Journal d’un poilu), René le Pivain (Récits, lettres et photos de guerre 1914-1918)  pour des récits.

 

Pour les romans, Roland Dorgelès (Les Croix de bois), Jean Giono (Le Grand Troupeau),

Henri Barbusse (Le Feu), René Benjamin (Gaspard), Adrien Bertrand (L’appel du sol), Joseph Delteil

 (Les Poilus), Gabriel Chevallier (La Peur), Georges Duhamel (Vie des martyrs), Jean Amila (Le boucher des Hurlus) et bien d’autres plus ou moins illustres.

 

Mais aussi des auteurs étrangers qui relatent la guerre.

Finalement la souffrance, les déchirures et la mort étaient dans les deux camps. Récits ou romans…

Ernst Jünger (Orages d’acier), Vera Brittain (Testament of Youth), T.E. Lawrence (Seven Pillars of Wisdom), Erich Maria Remarque (A l’Ouest, rien de nouveau), Ernest Hemingway (L’Adieu aux armes), Arnold Zweig (Le Cas du sergent Grischa)…

 

Et puis les BD avec Jacques Tardi (Putain de guerre !), Patrice Ordas (Ambulance 13)….

 

Je vous ai reproduit des poèmes de Guillaume Apollinaire en « favori ».

C’est un personnage singulier qui s’engage à la guerre, qui est blessé et trépané et qui meurt, juste avant l’armistice, le 9 novembre 1918.

Affaibli par sa blessure, il meurt chez lui,  de la grippe espagnole…

 

Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est un poète et écrivain français, critique et théoricien d'art qui serait né sujet polonais de l'Empire russe, le 26 août 1880 à Rome. Le 9 mars 1916, il obtient sa naturalisation française mais quelques jours plus tard, le 17 mars 1916, il est blessé à la tempe par un éclat d'obus. Il lisait alors le Mercure de France dans sa tranchée. Évacué à Château-Thierry, il est transféré vers le Val de Grâce à Paris. Il y est trépané le 10 mai 1916 puis entame une longue convalescence au cours de laquelle il ne cesse d'écrire à Madeleine.

En mars 1917, il crée le terme de surréalisme qui apparaît dans une de ses lettres à Paul Dermée et dans le programme du ballet Parade qu'il rédigea pour la représentation du 18 mai. Le 11 mai, il est déclaré définitivement inapte à faire campagne aux armées par la commission médicale et reclassé dans un service auxiliaire.

Le 19 juin 1917, il est rattaché au ministère de la guerre qui l'affecte à la Censure.

                                                                 (Renseignements sur Wikipédia)

 

La poésie peut permettre de s’évader, de voir le monde à sa manière.

La littérature, au sens large, est une bouffée d’oxygène. Par ces temps troublés où on ne peut fréquenter les bibliothèques ou acheter des livres, il me paraissait important de garder ce lien culturel.

 

Et pour revenir à Guillaume Apollinaire, il fait aussi un lien entre la littérature, la guerre et la pandémie car lui, il fut victime de la plus grande grippe de tous les temps, la grippe espagnole. Suivant la guerre des chiffres, elle a fait de 20, 50 voire 100 millions de morts dans le monde en 1918-19.

Le message d’espoir est que le monde affaibli par la guerre et cette pandémie a fini par se relever…

 

En attendant de pouvoir reprendre nos activités associatives, « Chaumont au fil du temps » vous souhaite de passer de bons moments avec vos livres. Relectures, pages à feuilleter, images à redécouvrir.

 

Prenez soin de vous.

La secrétaire

Catherine Loriot

Partager cet article

Repost0
1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 09:48
Adhérents ravis de se retrouver pour un exposé culturel.
Adhérents ravis de se retrouver pour un exposé culturel.

Adhérents ravis de se retrouver pour un exposé culturel.

Grâce à un power point, riche de cartes et de tableaux de monnaies, Florian Miquelis va nous raconter "Le numéraire gaulois en Loir-et-Cher  comme expression d’une zone frontière aux confins des territoires Carnutes, Turons et Bituriges"

 

Les monnaies gauloises apparaissent en Gaule au cours du IVème siècle avant J-C  et leur production s’achève au-delà de la guerre des Gaules.

 

D’abord hérité du monde grec et réservé aux élites, le système monétaire gaulois va se structurer au cours du IIème siècle avant J-C jusqu’à la guerre des Gaules. Les formes classiques laissent place alors à l’art celtique où s’exprimera toute la créativité des graveurs gaulois. La monnaie gauloise se développera de manière singulière au sein de chacun des peuples et ses symboles traduiront les différentes expressions du pouvoir religieux et militaire, l’appartenance à un groupe régional, et reflèteront les relations commerciales entre villes et campagnes, ou encore entre peuples voisins et avec la république romaine.

 

La numismatique gauloise offre ainsi à l’historien et à l’archéologue un outil de première importance pour appréhender  les sociétés gauloises au cours de la Tène.

 

L’étude des monnaies gauloises en Loire moyenne situe le Loir-et-Cher dans une zone frontière aux confins des territoires carnutes, turons et bituriges entre trois zones d’influence que représentent la Gaule centrale, la gaule armoricaine et la gaule aquitaine. Des zones où s’opposent à la fois le numéraire, les circuits commerciaux, l’adoption de la monnaie par la population, la créativité artistique ; des zones où se traduisent l’influence des paysages et des fleuves.

Florian Miquelis lors de l'exposé. Il répond ensuite aux questions des adhérents.
Florian Miquelis lors de l'exposé. Il répond ensuite aux questions des adhérents.

Florian Miquelis lors de l'exposé. Il répond ensuite aux questions des adhérents.

Photos C. Loriot

Partager cet article

Repost0
1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 09:34
ASSEMBLEE GENERALE du 18 septembre 2020

PROJETS

1) Les sorties mensuelles 

*Elles vont reprendre en octobre (toujours avec les consignes sanitaires en cours).

Le sujet sera sur la numismatie par les trouvailles en archéologie. Monnaies, fiefs. Ceux qui battent monnaie dans les environs.  

*La guerre de 1870 sera un sujet important car méconnu. Il s’en est passé des choses dans la région. « On ne parle pas d’une défaite » mais cette guerre a engendré les 2 suivantes et a fait chuter l’Empire français et puis des noms comme Denfert-Rochereau, Gambetta, Bismarck sont connus. Qu’ont-ils fait ? Replacer le monument Thomas Charpentier à la sortie de Chaumont allant vers Rilly, dans le conflit mondial, avec des cartes, les victoires, les défaites et les conséquences. Pour novembre et décembre.

*Les essais nucléaires dans le Pacifique et le Sahara pour le début de l'année prochaine.

*Reprogrammer une sortie avec les bateaux pour la flore et la faune sur le terrain, à la belle saison.

*Voir aussi la modification des paysages par la cartographie et les témoignages qu’on peut encore recueillir et qu’on peut enregistrer.  

Plein de sujets à travailler et des recherches en perspective !

2) Le 2ème bulletin de l’Association avec les compétences de Bertrand Demoly comme graphiste. Tout le monde s’accorde à dire que le bulletin ainsi présenté est une réussite dans la forme et le fond.

3) Continuer la mise en place de la communication concernant les plaques en lave émaillée vers les habitants, l’école et les touristes (marque pages, sets de table…)

4) Continuer le lien avec les associations alentours sur le patrimoine vivant et bâti.

5) Toujours faire preuve de vigilance avec les institutionnels.

 

Le bilan d’activités et les projets sont soumis au vote de l’Assemblée. Ils sont acceptés à l’unanimité.

Partager cet article

Repost0
27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 15:04

En cette fin d'année scolaire, le 2 juillet, malgré le corona, 2 administrateurs de l'Association "Chaumont-sur-Loire au fil du temps" ont mis leur masque pour rencontrer les élèves de CM2.

Distribution des livres Renou dont tous ont entendu parler par leurs aînés...

L'été a peut-être été propice à la découverte du village avec le livre sous le bras pour voir les changements dans le village en un siècle !

Les plaques en lave émaillée complètent le circuit de découverte du bourg et des bords de Loire.

Le CA de "Chaumont au fil du temps"souhaite une bonne rentrée à tous, élèves et enseignants ainsi qu'au personnel communal.

Par ces temps toujours difficiles, la peur, l'inquiétude et la contrainte ne sont pas les meilleures conditions pour l'apprentissage. 

Espérons que cette situation ne dure pas trop !

 

 

Article paru dans la Nouvelle République, le mardi 7 juillet 2020

Article paru dans la Nouvelle République, le mardi 7 juillet 2020

Partager cet article

Repost0
2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 08:33

Pendant le confinement qui nous fut imposé pour la sécurité de tous, l'Association "Chaumont au fil du temps" n'a pu faire de rencontres mensuelles. 

Pendant ce temps, le silence, la solitude et les rares échanges alimentaires pesaient sur nous.

Plus de réunions entre amis pour prendre le thé ou l'apéro...

Plus de promenades sauf auto-autoriseés dans un petit périmètre...

Plus de visites en famille pour voir les proches, les nouveaux-nés ou les aïeuls...

Une pénurie d'échanges sauf virtuels et encore, pas pour tous...

Alors, on a pensé à échanger sur des sujets d'actualités:

Le 1er mai, le 8 mai, l'origine de la poignée de mains et l'origine du baiser.

Cela a gardé un lien entre les adhérents, un lien qui se voulait agréable, joyeux et léger tout en restant "culturel"dans cette ambiance morose.

 

LE 1er MAI

Le 1er mai, cette année ne sera pas un jour de manifestation populaire dans la rue et ce, depuis bien longtemps…

L’hommage à rendre aux travailleurs chez nous, en France et dans beaucoup de pays du monde, se fera en confinement.

Que vous soyez églantine ou muguet, suivant votre sensibilité, je vous offre les deux !

Deux belles fleurs qui vont égayer votre journée de confinés pour quelque temps encore.

Un peu de douceur, de beauté que sait apporter la nature.

J’y ai joint une reproduction de Chagall… L’Artiste transcende la réalité et peut nous aider à garder le moral…

Peinture de Chagall...........Etes-vous églantine ou muguet ?          Peinture de Chagall...........Etes-vous églantine ou muguet ?
Peinture de Chagall...........Etes-vous églantine ou muguet ?          Peinture de Chagall...........Etes-vous églantine ou muguet ?

Peinture de Chagall...........Etes-vous églantine ou muguet ?

LE 8 MAI 2020

75 ANS de la CAPITULATION de l'ALLEMAGNE NAZIE

 

Vendredi, c’est le 8 mai.

Habituellement, certains d’entre nous vont défiler dans leur village pour commémorer la capitulation de l’Allemagne nazie. D’autres pensent aux personnes qui ont fait la guerre et leurs souvenirs remontent. D’autres profitent d’un jour férié pour le passer en famille ou en WE prolongé…

Cette année 2020, pas de rassemblement dans les villages. Peut-être juste dans les préfectures, où le Préfet déposera une gerbe aux monuments aux morts.

Je me suis dit que c’était le moment de se replonger dans l’histoire pour évoquer cette date décisive de la guerre 39-45.

D’où les 2 questions :

  1. Que s’est-il passé ce jour-là ?
  2. Pourquoi est-il férié maintenant ?

Quelques renseignements fournis par internet sur Wikipédia et des « Unes » de journaux de l’époque afin de réviser l’histoire …

L'amiral Dönitz, désigné par Hitler comme son successeur, ainsi que son état-major, ont compris que toute résistance est vaine. Dönitz consacre son énergie à ce que les troupes allemandes se rendent aux Alliés occidentaux et non aux Soviétiques, avant tout pour que les prisonniers allemands soient traités selon les conventions internationales, et non massacrés ou déportés en Sibérie. Aussi souhaite-t-il des capitulations partielles à l'ouest et la poursuite des combats à l'est afin de soustraire à l'emprise de l'Armée rouge autant de troupes que possible et de rapatrier le maximum de population.

C'est dans cette intention que Dönitz envoie une première fois, à Reims, au PC avancé du SHAEF d'Eisenhower, l'amiral Hans-Georg von Friedeburg pour tenter de convaincre les Occidentaux de conclure une capitulation séparée. Le général américain l'éconduit, tout en prévenant Staline des tentatives allemandes. Le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Union soviétique se sont en effet mis d'accord sur une capitulation totale et inconditionnelle du gouvernement allemand et de l'OKW sur tous les fronts, n'acceptant des redditions ponctuelles que dans le cadre des engagements (unités déposant les armes et se constituant prisonnières) et non dans le cadre d'un traité. Dönitz réitère ses avances le 6 mai en désignant alors le général Jodl, son chef d'état-major, mais ce dernier essuie le même refus. L'intransigeance d'Eisenhower est en effet implacable depuis le 12 avril 1945, date à laquelle il découvre horrifié les charniers d'Ohrdruf, annexe du camp de concentration de Buchenwald qui vient d'être libéré.

C'est donc le 7 mai 1945, à 2 h 41, que la reddition de l'armée allemande est signée à Reims dans une salle du Collège technique et moderne (actuel lycée Roosevelt) abritant le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force, par le maréchal allemand Alfred Jodl, en présence des généraux américains Walter B. Smith et Eisenhower, du général français François Sevez et du général soviétique Sousloparov, les combats devant cesser le 8 mai à 23 h 1. L'acte signé est purement militaire. Ceci provoque la fureur de Staline qui veut que la capitulation de l'Allemagne soit signée dans sa capitale, à Berlin, où les soldats de l'Armée rouge règnent en maîtres. Les journalistes occidentaux répandent rapidement la nouvelle de la capitulation, précipitant ainsi les célébrations. Les combats continuent cependant sur le front de l'Est. L'exigence de Staline est honorée et une nouvelle signature a lieu le 8 mai, dans la nuit du 8 au 9 mai à 0 h 16 heure russe (23 h 16 heure de l'Ouest), dans une villa de Karlshorst, quartier général du maréchal Georgi Joukov dans la banlieue Est de Berlin (aujourd'hui le musée germano-russe Berlin-Karlshorst)

 

 

Les représentants de l'URSS, de la Grande-Bretagne, de la France et des États-Unis arrivent peu avant minuit. Après que le maréchal Georgi Joukov eut ouvert la cérémonie, les représentants du Haut commandement allemand, dont le maréchal Wilhelm Keitel, sont invités à signer l'acte de capitulation entrant en vigueur à 23 h 1, heure locale (heure d'Europe centrale), soit le 9 mai à 1 h 1, heure de Moscou. C'est l'amiral Hans-Georg von Friedeburg et le maréchal Keitel qui signèrent l'acte de capitulation.

La reddition a donc lieu le 9 mai 1945 pour les Soviétiques et les pays est-européens alliés. De ce fait les Soviétiques, puis les Russes et leurs alliés est-européens, commémorent cette capitulation le 9 mai, sous le nom de Jour de la Victoire.

Il faudra cependant attendre la capitulation officielle du Japon le 2 septembre 1945 (« V-J Day », pour « Victory over Japan Day », annoncé le 15 août 1945), lorsque le ministre des Affaires étrangères Mamoru Shigemitsu signe les articles de la reddition des forces japonaises sur le pont de l'USS Missouri dans la baie de Tokyo, pour que la Seconde Guerre mondiale prenne fin.

Unes des journaux de l'époque...
Unes des journaux de l'époque...
Unes des journaux de l'époque...
Unes des journaux de l'époque...
Unes des journaux de l'époque...
Unes des journaux de l'époque...

Unes des journaux de l'époque...

La loi du 7 mai 1946 prévoit que la commémoration du 8 mai 1945 soit fixée au 8 mai de chaque année, si ce jour est un dimanche, ou le dimanche suivant. Dès cette année et plus nettement dans les années suivantes, c'est-à-dire jusqu'en 1951, la commémoration perd de son importance alors que les associations d'anciens combattants réclament la reconnaissance du 8 mai comme jour férié et chômé. Ces associations organisent ainsi leur propre manifestation. L'adoption de la loi n° 53-225 du 20 mars 1953 clarifie la situation : le 8 Mai est déclaré jour férié (mais non chômé) de commémoration en France. Cela n'empêche pas les cérémonies de revêtir un réel éclat de 1953 à 1958.

Dans une logique de réconciliation avec l'Allemagne, le président Charles de Gaulle supprime le caractère férié de ce jour par le décret du 11 avril 1959 qui fixe la date de la commémoration au deuxième dimanche du mois de mai. Puis le décret du 17 janvier 1968 décide que le 8 mai sera commémoré chaque année, à sa date, en fin de journée.

En 1975, dans cette même logique afin de souligner la volonté des Européens d'organiser en commun leur avenir pacifique, le président Giscard d'Estaing supprime également la commémoration de la victoire alliée de 1945. Cette décision suscite un tollé général de la part des associations d'anciens combattants.

C'est à la demande du président François Mitterrand que cette commémoration et ce jour férié seront rétablis, par la loi n° 81-893 du 2 octobre 1981 qui ajoute cette date à la liste des jours fériés désignés par le code du travail.

 

 

JUIN 2020

 

En ces temps encore troublés de coronavirus, où la peur de l’autre est présente, où la convivialité a fait place à la suspicion de la contamination, légitime ou non, où l’indécision de nos politiques entretient ce climat « pathogène », je garde le lien avec vous, virtuellement encore pour quelque temps.

Alors pour vous intéresser, pour passer un moment avec vous, j’ai fait une recherche sur ces gestes qui nous sont, aujourd’hui, défendus : la poignée de main. Merci à internet !

La petite histoire de la poignée de main  …

Une poignée de main est un geste de communication []effectué le plus souvent en guise de salutation mais qui peut également être une signification de remerciement ou d'accord.

Plusieurs indices archéologiques antiques (dessins sur poterie, bas-reliefs) prouvent que l'introduction du geste est bien antérieure au Christ ou au Moyen Âge[]. Beaucoup de ces poignées de mains sont droitières. Dans l’Antiquité grecque, on les trouve sur des stèles du Ve siècle avant J-C. Homère en faisait déjà mention dans L’Iliade.

Chez les Assyriens…La poignée de main est alors une manière de sceller une alliance, de montrer qu'on vient en paix ou de prêter allégeance.

 

Selon une légende érudite, on pratiquait ce geste pour montrer que l’on venait sans arme dans la main et vérifier que l'autre ne cachait pas un poignard dans sa manche.

Pendant des siècles, ce geste est réservé à la politique et à la diplomatie, ce n'est pas encore un geste de salutation populaire.

 

C'est au XIXe siècle, dans le monde rural que la poignée de main se démocratise vraiment. Les paysans prennent l'habitude de "toper" dans la main de l'autre après une transaction, durant les foires ou les marchés.

Dans l'Antiquité...
Dans l'Antiquité...
Dans l'Antiquité...

Dans l'Antiquité...

CHAUMONT au FIL du TEMPS pendant le CONFINEMENT et le DECONFINEMENT PROGRESSIF.

 

En héraldique

D'azur à la foi d'or, accompagnée en pointe

d'une coquille d'argent.

La foi est la représentation d'une poignée de main en héraldique. C’est le signe d’allégeance.

 

 

Quelle que soit son origine, la poignée de main est désormais ancrée dans notre culture et couramment utilisée lors de rencontres, pour exprimer une salutation, des félicitations, de la gratitude, la bienvenue, l’appartenance à un groupe ou pour conclure un accord.

En sport ou dans d’autres activités de compétition, la poignée de main est aussi considéré comme un geste de fairplay. La poignée de main porte désormais les valeurs de confiance, d’équilibre et d’égalité.

La poignée de main est généralement réservée aux personnes avec qui nous gardons une certaine distance. Cette affirmation peut cependant varier en fonction des circonstances et du but dans lequel la poignée de main est effectuée.

La poignée de main est donc une conduite culturelle – presque universelle – dans les relations interpersonnelles. On la retrouve dans différents pays du monde avec, parfois, quelques variations dans la manière de l’effectuer.

Dans tous les cas, on remarquera que la poignée de main trouve pour origine un désir d’absence de menace et donc de convivialité et de vivre ensemble.

Mais souvent aujourd’hui, la poignée de main est devenue un geste de politesse machinal. Nous l’effectuons à de multiples reprises dans la journée.

 

Avec la mondialisation et le commerce, la poignée de main s'est imposée dans les échanges. Mais cette forme de contact n'est pas évidente dans de nombreuses cultures.

Emmanuel Désveaux : "Je pense qu'il y a des civilisations du contact entre individus et des civilisations de la distance. Une civilisation de la distance, ce sont par exemple les Amérindiens du Nord ou du Sud, ce sont des gens qui prennent toujours leurs distances. Chez eux, la parole prime toujours sur le contact humain. Le serrage demain est en fait une formule intermédiaire, parce qu'on garde quand même une distance, on est à 80 cm, ou un 1 mètre de l'autre mais on a quand même un contact physique avec l'autre, même s'il est ponctuel et limité à une partie du corps."

 

Des usages différenciés dans le monde

Dans de nombreuses cultures asiatiques, les salutations se font sans aucun contact. Au Tibet, par exemple,  le salut traditionnel se fait en tirant la langue, une manière de montrer qu'on n'est pas une réincarnation d'un roi maudit du IXe siècle, qui avait la langue noire selon la légende…

En Inde, le namasté ("je m'incline devant toi" en sanskrit) se fait les deux mains jointes au niveau de la poitrine. En Thaïlande, le wai se fait autant pour saluer que pour remercier. Plus les mains sont hautes, plus le respect témoigné est grand.

Au Japon, c'est "l'ojigi", une courbette qui varie selon le statut de l’interlocuteur.

Emmanuel Désveaux : « Il y a tout un degré d'inclinaison entre celui qui se penche le plus et celui qui se penche le moins. Avec soit une surenchère comme au Japon, pour être le plus poli possible, soit des systèmes, comme en Inde ou en Chine où les gens s'inclinent face à l'autre, tout en gardant conscience de leur position sociale les uns vis-à-vis des autres. La poignée de main, elle abolit tout ça. Elle crée une véritable fiction d'égalité entre les partenaires ».

Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!
Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!
Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!
Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!
Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!
Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!
Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!

Poignées de mains devenues célèbres...jusqu'à celle des ouvriers du tunnel sous la Manche!

Pour la petite histoire, Joseph Lazarow, maire d’Atlantic City, dans le New Jersey aux États-Unis, fut reconnu par le Guinness Book des records pour un coup médiatique de juillet 1977 lors duquel il serra plus de 11 000 mains en un seul jour. Le président américain Theodore Roosevelt détenait le record précédent avec 8513 poignées de mains lors d’une réception de la Maison Blanche le premier janvier 1907 !

Avec des billets de banque et des timbres...

CHAUMONT au FIL du TEMPS pendant le CONFINEMENT et le DECONFINEMENT PROGRESSIF.
CHAUMONT au FIL du TEMPS pendant le CONFINEMENT et le DECONFINEMENT PROGRESSIF.
CHAUMONT au FIL du TEMPS pendant le CONFINEMENT et le DECONFINEMENT PROGRESSIF.
CHAUMONT au FIL du TEMPS pendant le CONFINEMENT et le DECONFINEMENT PROGRESSIF.

En guise de conclusion:

CHAUMONT au FIL du TEMPS pendant le CONFINEMENT et le DECONFINEMENT PROGRESSIF.

FIN JUIN 2020

Le BAISER, l'EMBRASSADE, la BISE...

Le baiser est un facteur de transmission de certaines maladies.

Une mesure d’hygiène pour éviter la contagion est donc d’éviter les baisers. Lors d’épidémies, les baisers sont donc déconseillés et parfois interdits par les pouvoirs publics. Ce fut le cas en France sous Henri IV lors d’une épidémie de peste.

C’est le cas en 2020, en ce moment, à cause du coronavirus…

Après le travail de recherche sur la poignée de main, voici un autre geste défendu dont j’ai cherché l’origine : le baiser, l’embrassade, la bise…Toujours avec internet…

Essai de définitions :

Le mot français « baiser » tire ses racines du latin basium, dont l'origine serait l’onomatopée qui correspondrait au bruit que font les lèvres donnant un baiser.

On distingue en particulier les baisers sur la joue (ou bises) – amicaux – des baisers amoureux, sur la bouche (ou sur diverses autres parties du corps). Cela dit, dans la majeure partie des États-Unis (entre autres), les parents ont pour habitude de donner des baisers sur la bouche à leurs jeunes enfants, en marque d'affection. Au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Suisse, un petit baiser sur la joue ou la bouche est appelé un bec ; en wallon, c'est un betch.

Dans la culture occidentale, c'est le plus souvent un signe d'affection. Entre gens qui partagent une relation proche, le baiser est donné comme un accueil ou un départ, s'embrassant l'un l'autre sur la joue (ou près d'elle dans l'air, pendant que les joues se touchent) ; on parle alors de « bises » 

Attention, si à l'origine le verbe « baiser » signifie « embrasser, donner un baiser », il possède de nos jours une autre acception populaire, « posséder sexuellement », voire « abuser »[  

]Baiser sur le front : Il est un signe de protection en général.

C'est également le baiser du parrain délivrant une condamnation à mort à celui qui le reçoit.

Baisemain

Le baisemain est un geste de galanterie inventé à la fin du XIXe siècle pratiqué par les hommes pour présenter leurs hommages à une dame, en référence à l'amour courtois du Moyen Âge. L'homme se met à genoux et prend délicatement la main de la dame en près possible.

Dans la tradition arabe le baisemain est utilisé comme un signe de respect envers les plus âgés.

Cette pratique a tendance à tomber en désuétude, notamment en Occident.

Le Baisemain polonais, par Johann Joachim Kändler,( XVIIIe) Musée national de Varsovie.

Le Baisemain polonais, par Johann Joachim Kändler,( XVIIIe) Musée national de Varsovie.

Baiser sur les lèvres

Le baiser sur les lèvres peut s'effectuer entre amis proches. Ce geste est un signe d'affection amical. Contrairement au baiser amoureux, il n'a pas de connotation sexuelle. Le baiser sur les lèvres est une pratique que l'on peut trouver au temps des patriarches, c'est-à-dire avant le 1er millénaire. Dans la Grèce antique, le baiser sur la bouche sert à exprimer un concept d'égalité entre personne de même rang. Dans le début du Ier siècle, Paul de Tarse et Pierre, ont recommandé, dans leurs lettres qui composent la bible, le baiser de paix entre croyants et cette pratique s'est répandue dans le christianisme. Paul de Tarse finit ses lettres en disant aux fidèles : « Saluez- vous les uns les autres par un saint baiser».

Au Moyen Âge, on trouve des écrits de l'Église catholique qui atteste que cette recommandation était toujours actuelle. Le baiser sur les lèvres était également fréquent entre chevaliers. Cela était signe de reconnaissance et de soutien mutuel. Au XXIe siècle, le geste est redevenu populaire auprès des jeunes, notamment en Angleterre, qui y voient un moyen légitime de démontrer de l'affection à un ami.

 

 

Le verbe baiser a longtemps conservé un sens proche du bas-latin bassiare qui signifie « embrasser, tenir dans ses bras contre soi ». Le marquis de Sade est à l'origine du glissement de sens du verbe baiser. Rajoutant ainsi une connotation beaucoup plus sexuelle, pour arriver au sens moderne d'acte sexuel, dans un registre de langue grossier.

Les Belges francophones ont par contre conservé le sens originel du verbe baiser et l'utilisent dans l'expression « se baiser » en voulant dire

dans le sens de « donner un ou plusieurs baisers ». Dans le cas des baisers s'embrasser.

Pour éviter l'ambiguïté, on emploie aujourd'hui le verbe embrasser sociaux sur les joues, on dit de plus en plus souvent « se faire la bise ». Le verbe embrasser est lui-même ambigu : dans son sens premier, il s'agit d'une étreinte car la majorité des baisers amoureux sont accompagnés d'une étreinte, prendre dans les bras.

 

Origines

*Le baiser labial et inter-buccal peut être une modification des activités alimentaires de nourrissage bouche à bouche des nouveau-nés et des petits enfants.  Ce comportement se retrouve chez tous les grands singes mais aussi les insectes et est pratiqué, chez l'humain, dans des cultures très diverses. La littérature rapporte également que cette pratique était relativement courante, en Occident, dans certaines régions rurales. 

*Il peut provenir aussi d'une modification du reniflement. Certains anthropologues pensent que la première salutation de ce type serait un échange nez à nez pour humer l'odeur de l'autre afin de le reconnaître ou vérifier son état de santé. On retrouve peut-être un vestige de cette pratique dans le baiser olfactif des Lapons.

*D'autres y voient un rite issu du détournement du toilettage entre individus, cette activité animale étant parfois intégrée dans la parade sexuelle, à l'instar du maquillage chez les humains.

 

*Alexandre Lacroix y voit plus une origine culturelle qu'animale car toutes les cultures n'ont pas adopté le baiser, notamment en Afrique où des tribus pensent que l'âme de l'individu peut s'échapper par le souffle ou d'autres qui portent le labret. Ainsi, certains ethnologues font dériver la pratique du baiser de l'inspiration mutuelle de l'haleine symbolisant l'union ou la fusion des âmes.

*Au vu de la psychanalyse, le baiser est perçu comme un héritage du stade oral qui se tient au cours de l'enfance. La bouche fait figure d'organe sexuel. Le nourrisson tête pour se nourrir, et la succion liée à la satisfaction de ce besoin vital va alors induire du plaisir, par étayage. Le baiser est donc un moyen de revivre fantasmatiquement à l'âge adulte le plaisir de succion du sein maternel. Selon le psychanalyste Adam Phillips, le baiser, en faisant revivre des séquences très anciennes de son passé affectif, définit chaque personne qui a sa propre manière d'embrasser.

*En biologie, le baiser avec échange de salive est pratiqué par de nombreuses espèces animales et trouve sa signification évolutive dans l'exploration du système immunitaire du partenaire sexuel, via le système voméro-nasal, favorisant, selon le biologiste Thierry Lodé la recherche exogamique d'un partenaire et l'évitement de consanguinité.

 

 

 

Survol historique de l’Antiquité à nos jours

La bise, ou le baiser, fait partie de ces rituels de salutation que l'être humain a toujours utilisé depuis les débuts de l'Histoire. Même si, selon la culture ou la conjoncture, les rites ont pu changer. On l’appelle aujourd’hui la “bise” mais les Anciens parlaient plutôt de “baiser”, terme équivoque de nos jours, mais qui a le mérite de nous mettre les pieds dans le plat. La bise a ceci d’ambigüe qu’elle recouvre différentes réalités. Le même terme désigne deux choses bien différentes : geste de salutation sans équivoque ou faveur amoureuse.

Le premier baiser sur les lèvres est mentionné dans la littérature indienne environ 1500 av. J.-C. Des textes décrivent des amants qui posent leur bouche l'une contre l'autre, comment un jeune seigneur de la maison lèche souvent la jeune femme ou une pratique qui consiste à se humer avec la bouche. D'autres textes évoquent une ancienne loi hindoue condamnant l'homme qui boit l'eau des lèvres d'une esclave. Le Kamasutra recense près d'une trentaine de formes de baisers.

Le récit biblique du baiser de Judas Iscariote à Jésus Christ (lire l'Évangile de Matthieu, ch.26, 47-50) est célèbre.

Dans le Nouveau Testament, Jésus embrasse ses disciples sur la joue avant d'être tué. Ce baiser était pour dire au revoir mais aussi pour les encourager pour l'avenir.

Suspecté d'alimenter la débauche, le baiser de paix sur la bouche est réglementé lors des offices religieux : le Concile de Carthage en 397 l'interdit entre les hommes et les femmes. Le pape Innocent III le réserve à sa propre mule, aux anneaux des évêques et aux reliques des saints. Il l'autorise entre les clercs mais l'interdit entre les fidèles ce qui atteste que le baiser de bouche entre les laïcs est encore pratiqué.

Pendant l'office, le baiser des fidèles se reporte sur des objets. Ils posent leurs lèvres sur l'autel, les Évangiles ou le crucifix tandis que les pèlerins embrassent les reliques. À partir du XIIIe siècle, se développe un autre substitut, l'oscularium, objet liturgique, tablette ou disque métallique ou en bois, marqué souvent de la Croix du Christ, les fidèles l'embrassant chacun à leur tour.

 

 

 

L'auteur romain Plutarque nous témoigne que la tradition romaine pour les femmes d'embrasser sur la bouche amis et parents remonterait à une époque après la guerre de Troie (autour du XIIIe siècle av. J.-C.). Des réfugiés troyens auraient échoué sur les terres de la future Rome parce que les femmes, lassées par les conditions de navigations dures et sans fin, mirent feu aux navires. Pour apaiser le courroux de leurs hommes constatant l'irréparable, elles les caressèrent, leur baisèrent la bouche car elles se sentaient coupables.
Ce sont les Romains qui popularisent cette technique et le diffusent en Europe et en Afrique du Nord. Les Romains ont trois termes pour désigner le baiser : l'
osculum (littéralement « petite bouche ») est le baiser lèvres fermées sur la main, la joue, la bouche, que l'on échange entre membres d’une même corporation ou d’un même ordre social (baiser social) et qui se retrouve encore dans le baiser à la russe.

Le basium (« baiser »), terme introduit au temps de Catulle, est le baiser sur la bouche de la tendresse amoureuse qu'on se donne entre époux ou entre membres d’une même famille (baiser familial) ;

Le suavium est le baiser sexuel, érotique, profond qu'on donne à une courtisane.

 

“Geste érotique ou affectueux chez les Hébreux, le baiser avait aussi sa place dans les salutations”, explique l’historien Yannick Carré. “Il s’échangeait surtout entre membres d’une même famille, avant ou après une absence prolongée”.   “Chez les Perses, le baiser de salutation ne se pratiquait sur la bouche qu’entre personnes de rang égal”, poursuit l’auteur, qui cite Hérodote, le Grec : « Lorsque deux Perses se croisent en chemin, voici par quoi l’on peut reconnaître qu’ils sont du même rang : au lieu de prononcer des formules de politesse, ils s’embrassent sur la bouche ; si l’un d’eux est d’un rang quelque peu inférieur, ils s’embrassent sur les joues ; si l’un d’eux est de naissance très inférieure, il se met à genoux et se prosterne devant l’autre ».      Hérodote, l’Enquête.

 

Éraste et Éromène, coupe attique à figures rouges, Ve siècle av. J.-C., musée du Louvre

Éraste et Éromène, coupe attique à figures rouges, Ve siècle av. J.-C., musée du Louvre

Quelques siècles plus tard, au Moyen-Âge, le baiser demeure utilisé dans les salutations, il n’est pas systématique, mais il détient, lorsqu’il a lieu, « une importance sociopolitique considérable. Il avait la valeur d’un contrat ou d’un pacte, » raconte le philosophe Alain Montandon dans Le Baiser sacré. « Pour sceller le serment de fidélité mutuelle entre le seigneur et son vassal, ceux-ci échangeaient un baiser sur la bouche. C’est la raison pour laquelle l’homme du seigneur était désigné comme « l’homme de bouche et de mains ».

Il s’accompagne parfois de gestes ou d’attitudes, incliner la tête ou tout le corps, ôter son chaperon, qui deviendront plus tard l’étiquette. Le baiser se pratique lorsque des personnes unies par des liens d’affection ne se sont pas vues depuis longtemps.

 

Cet acte est aussi un moment important du contrat vassalique, institution parmi les plus importantes de la société féodale : il scelle un lien indissoluble entre un seigneur et son vassal. "Il rime avec foi, franchise, fidélité, tout comme le baiser de paix, encore plus sacré, que se délivrent à la même époque les chrétiens à la messe", écrit Gérald Cahen.

Mais à l'époque, ce baiser ne se fait qu'entre hommes car il se fait entre égaux. Yannick Carré cite un exemple : "Le moine Hariuf raconte à ce sujet une anecdote exemplaire où Gervin, abbé de Saint Riquier de 1045 à 1071, refuse de donner le baiser de paix à la reine d'Angleterre". Car le baiser de paix est un rite masculin et, malgré le rang élevé de la reine, elle demeure un être mineur car femme.

Un baiser entre deux personnages : détails d'une fresque du XVe siècle de l'une des salles du château Della Manta en Italie.

Un baiser entre deux personnages : détails d'une fresque du XVe siècle de l'une des salles du château Della Manta en Italie.

Signe d'hommage ou de soumission

Au Moyen Âge, les fidèles embrassent les pieds du pape, l'anneau de l'évêque ou la main de leur seigneur. Dans certaines régions, la cérémonie de l'hommage comporte un baiser (osculum). La fonction de garantie du sceau occupe la même fonction que l'osculum-confirmation d'où l'expression « sceller un baiser » par les gens illettrés qui apposaient un seing, souvent des croix autographes, sur des contrats et les baisaient.

Cette composante rituelle et solennelle s’éteint avec la fin du Moyen-Âge : “A partir de la Renaissance, le baiser va perdre peu à peu sa fonction officielle et sacrée, il devient un geste de tendresse qui touche mais qui n’engage plus”.

Entre personnes de rangs différents, entre parents et amis, on s’embrasse désormais joue à joue, tandis que le baiser sur la bouche, réservé aux amants, prend lui une connotation beaucoup plus érotique. Il ne couronne plus une relation, il l’amorce, il ouvre la fête amoureuse.       Yannick Carré, Le baiser. Premières leçons d’amour, Autrement, 1997

 

À partir du XIVe siècle, la bise recule. La peste fait des ravages et on réprime le corps. Puis le baiser, sous toutes ses formes, va connaître un recul à la fin du Moyen Âge. Plusieurs raisons sont évoquées, l’une d’entre elles étant… l’arrivée des épidémies. De 1347 à 1352, la peste noire qui s’abat sur l’Occident tue 30 à 50 % des Européens en 5 ans, faisant environ 25 millions de victimes. L’hygiène est une discipline qui ne naît qu’au XIXe siècle, siècle où l’on découvre les microbes alors que prévalait jusqu’alors la théorie des miasmes.

Avec l'affirmation de la monarchie et du pouvoir royal, le baiser d'hommage décline. Parallèlement, les poètes de la Renaissance amorcent une mondialisation du baiser en renouvelant la tradition antique de célébrer l'amour sensuel en louant les baisers, tel le poète Ronsard qui les insère dans ses Odes.

Époque moderne

Le baiser social reste prisé, même s'il connaît un déclin en Angleterre à la suite de la Grande peste de Londres en 1655. Le Siècle des Lumières est pour l'imaginaire de certains le siècle des baisers, qu'il s'agisse du baisemain, du baiser galant, du baiser libertin ou du baiser romantique dans la nature.

 

Époque contemporaine

Au XIXe siècle, l'intimité conjugale est confinée à la chambre conjugale, le seul geste érotique public restant le baiser sur la bouche mais il se doit d'être chaste. La mondialisation du baiser est parachevée avec le baiser hollywoodien qui le mythifie comme l'acte fondateur de l'amour.

Le XXe siècle voit la libéralisation du baiser profond en public tandis que la révolution de mai 68 le banalise, lui faisant perdre sa connotation sexuelle.

 

Besoin de rituel

“On ne connaît pas dans le monde et depuis le début de l’Histoire de groupe social sans rituel”, explique Dominique Picard, psycho-sociologue, professeure des universités et autrice de Politesse, savoir-vivre et relations sociales (Que sais-je ?, 2019). 

« La bise est un geste de salutation important car il marque l’ouverture et/ou la fermeture d’une rencontre ».          Dominique Picard

“Et on ne se salue pas seulement pour se souhaiter une bonne journée. Le sens est plus profond”, poursuit Dominique Picard, “la salutation est ce que l’on appelle une reconnaissance identitaire, une façon de dire à quelqu’un qu’il n’est pas un inconnu, qu’il fait partie de notre sphère de connaissance. C’est une reconnaissance dont on a besoin pour se sentir exister aux yeux des autres”.

 

Or, en cas d’épidémie comme c’est le cas avec le nouveau coronavirus aujourd’hui, la suspension du rituel pose question : "Ne pas faire la bise, ne pas se toucher… C'est troublant", explique Dominique Picard. "Surtout lorsque notre civilisation et nos microcultures reposent sur le contact. On se retrouve désarçonnés. C’est pour cela que même de façon humoristique, on se touche le coude, le pied. Ou bien on ne fait rien mais on se le dit. ‘Ah moi, je ne fais pas la bise’, mais sous-entendu, on se reconnaît quand-même, on fait quand-même partie du même groupe, pas d’inquiétude”.

Ceci dit, les rituels peuvent évoluer : "Il n'y a pas si longtemps, vingt ou trente ans, la bise entre hommes était réservée à une sphère intime, au sein de la famille, et pas avec ses collègues ou amis. Les mœurs et les codes sociaux évoluent".

Dans une vidéo publiée par la BBC sur Facebook, la chaîne britannique a fait la liste des salutations alternatives pratiquées depuis l'épidémie de coronavirus : pieds, coudes et même les fesses en Iran... Tout le corps est mis à contribution !

Rituels géographiques de la bise : étude sérieuse…

La bise ne bénéficie pas d'une « règle nationale », ainsi selon les régions et les départements, le nombre de bises ainsi que la joue tendue en premier seront différents. Le nombre de bises le plus fréquent est de deux. Il existe néanmoins quelques particularismes régionaux sur cette question. Ainsi, dans la région de Brest, il est de coutume de ne faire qu'une bise. Dans le Massif central, les départements de la Drôme, l'Hérault (partie est), le Gard, la Lozère, l'Ardèche, en Vaucluse, dans la région d'Arles, les Hautes-Alpes et l'Ain, on pratique généralement trois bises. C'est aussi le cas dans le Genevois français, par l'influence de la Suisse romande. C'est dans les départements de l'Aube, de l'Yonne, de la Haute-Marne, ainsi que de la Vendée qu'on pratique le plus de bises en France : quatre en tout.

En ce qui concerne la joue tendue en premier, on commence en règle générale par la joue droite dans le nord, l'ouest et le centre du pays, tandis que l'on commence bien souvent par la joue gauche dans l'extrême-sud-ouest, le sud-est, ainsi que l'extrême-est du pays. Il est à noter que l'on commence également par la joue gauche dans l'ancienne Haute-Normandie, spécificité très locale.

Dans le monde

Au Luxembourg, on pratique généralement 3 bises.

En Belgique francophone, on pratique généralement une seule bise.

Au Québec, où la pratique ne s'est généralisée que depuis quelques décennies, on donne 2 ou parfois 3 bises en commençant par la joue gauche tout en se serrant la main droite.

En Serbie, le nombre de bises doit être impair. La seule exception est lors des événements tristes, notamment les funérailles, où le nombre de baisers est alors pair.

En Allemagne, la bise n'est pas une coutume. Certains auteurs témoignent qu'on fait parfois, dans certains milieux sociaux restreints, une ou deux bises aux amis ou aux personnes que l'on connait.

Aux Pays-Bas, on fait trois bises en commençant par la joue droite de la personne.

En Suisse romande, on fait trois bises en commençant par la joue gauche de la personne.

Dans certaines traditions, on s'embrasse sous le gui lors du nouvel An, et quelqu'un qui reçoit des cadeaux peut remercier en faisant la bise.

 

 

Et maintenant, juin 2020…

Des effusions chevaleresques à la tournée générale dans l’open space d’aujourd’hui, la bise a fait du chemin. Ce rapide survol historique nous le prouve : si le code social a tenu bon, il a connu des hauts et des bas et il a muté. La crise que nous traversons peut-elle alors à elle seule l’envoyer aux oubliettes ?

Les anti bises ont crié fort au nom de leur liberté.  Le corona les a comblés.

Les câlins, les embrassades sont source de bien-être, d’apaisement et auraient un effet bénéfique sur le système immunitaire. De là, à être câlinés par des inconnus, par sympathie comme cela était devenu une mode, il faut trouver un équilibre…

Si le corps est perçu comme une source de "joie, de partage ou de plaisir", l'épidémie pourrait accentuer l'aspect "dangereux" pour autrui, à cause de la transmission des maladies. "Avant la crise actuelle, on déformait sans doute de façon excessive l'aspect positif du corps, ça sera peut-être l'inverse après. C'est toujours une question d'équilibre", reprend Marie-Claire Villeval. Le port du masque a amorcé ces changements. "On sait lire une émotion ou une intention dans le regard, mais le sourire conditionne l'interprétation de la sincérité. Avec le masque, on ne l'a plus. Il va falloir prendre des nouveaux repères."

 

Pour David Le Breton, la "survie" de la bise dépendra en partie de la durée de la pandémie. La pratique pourrait revenir quand la menace du virus disparaîtra, à la réouverture des cafés et restaurants. "Dans des relations très fortes, amicales ou filiales, elle ne va pas disparaître", anticipe-t-il.

"Il y a plein de gestes qui permettent de montrer qu'on reconnaît une personne. Le sourire, par exemple, en dit davantage qu'une bise conventionnelle où on tend parfois la joue machinalement", continue David Le Breton. "Il implique un petit don de soi que la bise n'avait pas."

 

En guise de conclusion

Je ne vous ai pas parlé de la symbolique de l’endroit du corps où se pose le bisou.

Ni du vocabulaire régional pour dire « le baiser ».

Ni d’autres sortes de bisous, le baiser esquimau ou papillon. Ni le plus coquin, le baiser à la capucine… Et d’autres encore, trop intimes…

Dans ces temps incertains sur le virus, sa transmission, sur ce qu’on nous commande, nous interdit, je vous laisse le choix à votre convenance, avec la partie du corps que vous voulez, ou rien aussi, c’est possible, pour marquer votre appartenance à l’espèce humaine, si le cœur vous en dit.

Je vous laisse, sourire, caresser, embrasser, saluer, cligner de l’œil, applaudir, faire un pied de nez, tirer la langue, donner un coup de pied, un coup de coude, vous incliner, faire le signe des cornes, lever le poing ou le pouce…

Votre inventivité en trouvera bien d’autres…

 

En ce qui me concerne, je vous embrasse virtuellement ou je vous serre la main bien cordialement.                                       

                                                                                                              

Les rencontres au sein de l'association "Chaumont au fil du temps" reprendront après l'AG de septembre si les conditions requises sont réunies et si on a l'autorisation des autorités compétentes à pouvoir les reprendre.

D'ici là, passez un bel été ...

                                                                      La secrétaire Catherine Loriot

Partager cet article

Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 17:48

On va découvrir sous la houlette de Franck Hanot, le Four à Chaux de Pontlevoy, un autre site de Faluns vers Thenay, le site de stockage de gaz de Chémery et la Cave de la Grande Brosse.

On est peu nombreux... Un virus se profile. Précaution donc.

On remonte les temps géologiques...

On remonte les temps géologiques...

Dans des strates géologiques, on peut observer des cycles qui reviennent régulièrement tous les 25 000 ans ! Le réchauffement climatique serait lié à la trajectoire des planètes. Ce sont les cycles de Milankovitch.

 

 

Réchauffement climatique ?

Réchauffement climatique ?

Le site du Four à Chaux avec un éboulement et une bâche !

Le site du Four à Chaux avec un éboulement et une bâche !

Ce qui pourrait être observé sur le terrain en temps "normal"

Ce qui pourrait être observé sur le terrain en temps "normal"

La mer des Faluns, faluns déposés après une érosion marine. C’était des bras de mer, des rias dans un relief très mou. Les animaux marins et continentaux, la végétation étaient ceux d’une région tropicale car il faisait très chaud.

 

L'étendue de la mer des Faluns...

L'étendue de la mer des Faluns...

Un autre site avec des traces de coquillages...
Un autre site avec des traces de coquillages...
Un autre site avec des traces de coquillages...

Un autre site avec des traces de coquillages...

On parle un peu de sismique.

Pour la plupart d’entre nous, ce terme évoque les tremblements de terre.

C’est en 1911, qu’un Allemand, Mintrop, a fait des expériences en créant des séismes artificiels et a étudié la propagation des ondes dans le sous-sol. Il avait au préalable inventé le sismographe. Pendant la Grande Guerre, en 1916, il avait remarqué ce phénomène et pouvait en déduire la localisation  des batteries  anglaises sur la base de la propagation dans le sol des ondes émises par le recul du canon.

Revenons à notre sismique. « La sismique », dit Franck « est une technique non destructrice utilisant des camions vibrateurs de 11 à 20 tonnes qui produisent des vibrations de 10 à 150 Hz. Ses ondes se propagent dans le sous-sol, sont réfléchies par les différentes couches  et sont enregistrées par des capteurs. Avec cette technique, on déplace des sismographes le long d’une ligne, afin de produire après traitement une section sismique qui s’apparente à voir la ligne sur la coupe géologique comme celle que nous regardons aujourd’hui. Après l’enregistrement sur le terrain,  il y a la  phase de traitement, c’est le métier de ma société, CDP Consulting à Blois,  traitement à partir des renseignements bruts ». 

Les camions vibrateurs

Les camions vibrateurs

Les capteurs...

Les capteurs...

Localisation de la section sismique de 70 km de long sur laquelle se sont effectuées  les mesures en 1985 …

Localisation de la section sismique de 70 km de long sur laquelle se sont effectuées les mesures en 1985 …

On reprend les voitures pour voir le paysage de Chémery. Il y a un changement de végétation.

Venant de Contres, on passe des vignes et terres agricoles à la forêt où les terres sont « mauvaises ».

Pour un œil exercé, la structure de Chémery apparait dans le paysage…

« Recherche géologique profonde entre Loire et Cher »
La section sismique longue de 70 kilomètres allant d’Amboise à Romorantin.  Le dôme de Chémery se voit bien…

La section sismique longue de 70 kilomètres allant d’Amboise à Romorantin. Le dôme de Chémery se voit bien…

Protection par affichage. Enormes conduites. Torchères...
Protection par affichage. Enormes conduites. Torchères...
Protection par affichage. Enormes conduites. Torchères...

Protection par affichage. Enormes conduites. Torchères...

Les énormes conduites qui entrent dans le sol...

Les torchères, brûlage de gaz résiduel, donnent au site un aspect industriel comme je n’en avais vu que dans les films américains…sur le pétrole.

Sinon, on ne voit rien, le stockage, un des plus importants d’Europe se fait à environ 1000 m de profondeur : 7 milliards de m3 !

Dans un périmètre de plusieurs dizaines de km, autour de Chémery, de Soings en Sologne, il y a diverses sortes de puits.

Il y a des puits de reconnaissance qui peuvent être mis ensuite en production. Quand le gaz est injecté, il y a des puits pour l’extraire. Il y a des puits de contrôle avec des forages de contrôle.

La zone est fortement surveillée et des consignes de sécurité, par affichage sont écrites partout.

Le site est classé SEVESO.

Le stockage est une zone tampon qui permet de répondre très vite à une forte demande en gaz.

 

 

 

 

 

 

On finit l'après-midi dans la cave de la Grande Brosse où il y a eu l'extraction du tuffeau. Maintenant cette cave est reconvertie en cave de dégustation.

 

Les renseignements techniques sont donnés par le géologue F. Hanot

                                                                                                                                                                                                                   Photos Catherine Loriot

 

Partager cet article

Repost0
13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 14:51

 

Chaumont sur Loire   La maison de Jeanne est sauvée

 

Après des années d’abandon et de tergiversations   le bel ensemble architectural de la ferme de Queneau est en cours de réhabilitation.

Des travaux importants ont débuté sur les parties les plus endommagées c’est-à-dire les bâtiments ceignant la jolie maison d’habitation et point central dite « maison de Jeanne ».

Il est aisé de comprendre que cette dernière fera l’objet d’égards dans un bref délai.

Les habitants de Chaumont attachés à leur patrimoine auront donc le plaisir de contempler cet ensemble réhabilité comme l’indique l’affichage c’est-à-dire  rénové dans le plus pur respect.

Après bien des inquiétudes l’association Chaumont au fil du temps se réjouit et remercie la région de cette entreprise.

 

Jeanne née BENOIST (1904 -1999)  vécut une grande partie de sa vie dans la maison décrite qu’elle hérita de ses parents

Elle y exerça le métier de bergère pendant de nombreuses années et nous sommes heureux de voir la bergerie maintenant sauvée.

Elle était connue pour sa générosité et son accueil : les enfants y étaient les bienvenus et sa réserve de pain stockée dans une maie dépannait souvent  le voisinage.

Chacun reconnaissait sa silhouette quand elle parcourait le village de Chaumont aux commandes de son Solex.

Elle repose dans le cimetière de Chaumont auprès de Victor Perez Sanchez réfugié espagnol avec qui elle partagea sa vie.

 

Franck HANOT

Président de l’association

Chaumont au fil du temps

Le 5 Mars 2020

 

L’ensemble de la ferme de Queneau avec à droite de la grue, la bergerie dont la charpente vient d’être refaite et à gauche  la  « maison de Jeanne » ainsi nommée par les habitants de Chaumont

L’ensemble de la ferme de Queneau avec à droite de la grue, la bergerie dont la charpente vient d’être refaite et à gauche la « maison de Jeanne » ainsi nommée par les habitants de Chaumont

Jeanne BENOIST 1904-1999

Jeanne BENOIST 1904-1999

Voici le texte et les 2 photos qu'a envoyés notre président Franck Hanot à la Nouvelle République 41 après avoir été sollicité par une journaliste.

 

 

Le 10 mars parait ce texte dans la NR 41

Article paru le 10 mars 2020

Article paru le 10 mars 2020

Quelles conclusions en tirer ???

Partager cet article

Repost0
10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 18:01

Franck Hanot présente Marc Bouquet qui a travaillé à la DDE et qui va, à travers l’expérience de son métier, nous parler des levées de Loire. Il va les replacer dans un contexte historique et faire des commentaires sur des chantiers précis, pris comme exemples.

Le bassin versant de la Loire: 1/5ème de la superficie de la métropole

Le bassin versant de la Loire: 1/5ème de la superficie de la métropole

Un peu de géographie avant l’histoire…Le power point montre la carte de France puis le bassin versant de la Loire qui représente un cinquième de la superficie de la métropole, avec tous ses affluents. 

Les premières levées, appelées turcies apparaissent en Anjou car très tôt, les populations ont voulu protéger leurs terres des assauts furieux du fleuve. Henri II Plantagenêt a contribué à les systématiser sur 40 km (même s’il y en avait déjà avant) vers 1166. Elles sont composées de fascines, branchages colmatés avec des cailloux, de la terre pour faire barrage à la montée des eaux.

Au 17ème siècle, il y aura 10 grandes crues qui vont se succéder. Sous Louis XIII, on pense à des déchargeoirs pour dévier l’eau de la crue comme celui de la Bouillie, à Blois qui est mentionné dans les textes depuis 1584. Mais c’est Colbert en 1668 qui va se charger d’un programme pour rendre les digues insubmersibles. Elles sont multipliées et renforcées sur le parcours de la Loire.

Au 18ème siècle, les 4 crues de 1707, 1709, 1710 et 1711 ébranlent les ponts médiévaux prévus pour 5 à 5m50 par rapport à l’étiage mais là, on dépasse les 6m ! Seul celui de Beaugency résiste. On fait des levées plus nombreuses et toujours plus hautes. Sous Louis XIV, on continue ces ouvrages et on reprend l’idée des déchargeoirs mais il n’en est réalisé qu’entre Gien et Tours. La crue de 1733 montre que même les déchargeoirs sont inefficaces et comme ils ne font pas l’unanimité ni chez les ingénieurs ni chez les populations locales, l’idée est abandonnée. A la fin du 18ème siècle, les levées sont surélevées de 2 mètres. Elles marquent le paysage entre le val et le fleuve.

Après la Révolution de 1789, par excès de confiance, le service des levées est démantelé au profit d’un service de la Loire. On abandonne les travaux de construction. Mais les crues catastrophiques de 1846, 1856 et 1866 vont tout remettre en question.        

Plaque relatant la brèche à Escures en 1856...             (Photo C loriot)

Plaque relatant la brèche à Escures en 1856... (Photo C loriot)

La crue rompt la levée le 3 juin 1856 vers 8 heures du soir. Une vingtaine de maisons, des auberges et une gendarmerie sont emportées. Un limon de sables et de graviers jusqu’à 1m 50 d’épaisseur recouvre alors la varenne. L’Auberge du Vieil Ecu de France et quelques bâtiments situés en amont du pont ainsi que l’Auberge du Grand Dauphiné ou l’Auberge du Cygne en aval résistent aux flots. L’armée, le Génie, et les hommes du pays sont mobilisés pour réparer la brèche. 

A Chaumont sur Loire  1846: 6m 60  1856: 7m 56  1866: 7m 20

A Chaumont sur Loire 1846: 6m 60 1856: 7m 56 1866: 7m 20

Dans le programme de 1867, l’ingénieur Comoy doit réviser dans l’urgence son programme de travaux. Il abandonne l’idée de barrages-réservoirs en amont et privilégie la construction de déversoirs.  

L'hostilité des riverains est très forte : seuls sept des vingt déversoirs prévus sont exécutés entre 1870 et 1891.

Les cinq principaux déversoirs du programme de 1867 sont construits : Ouzouer, Jargeau, Avaray, Montlivault, Chapelle-aux-Naux/Vieux Cher.

Ce programme est arrêté en 1920.

 

 

À partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la préoccupation énergétique va jouer un rôle majeur dans l’aménagement du bassin de la Loire avec tout d’abord la poursuite de son aménagement hydroélectrique et la mise en service des grands barrages hydroélectriques.

 

Après le choc pétrolier, quatre centrales nucléaires sont construites : Belleville, Dampierre-en-Burly, Saint-Laurent-des-Eaux et Chinon, qui vont elles-mêmes conduire à la construction des barrages de régulation de Naussac sur l’Allier en 1983 et de Villerest sur la Loire en 1984.

D’autres barrages sont démantelés comme celui du lac de Loire à Blois.

 

L’aménagement du bassin de la Loire  se poursuit encore aujourd’hui dans le cadre du « plan Loire Grandeur Nature » (PLGN)

 

De nouvelles réorganisations interviennent ensuite jusqu’à la disparition des DDE au 1er janvier 2010 au profit d’entités territoriales plus élargies. Le service de la Loire reste encore à définir dans cette nouvelle organisation territoriale. La loi du 27 janvier 2016 crée de nouvelles compétences pour les communes et leur groupement avec la Gestion des Milieux Aquatiques et de Prévention des Inondations (GEMAPI).

Transfert des compétences, horizon 2022 ?

 

L’implantation des digues dans le lit majeur de la rivière n'est pas uniforme d'amont en aval.

La largeur du lit entre les levées ou entre la levée et le coteau opposé est typiquement de 800 à 1 000 m en aval de Tours, alors qu'elle est souvent réduite à 400 m entre Orléans et Tours.

De tous temps, les levées ont été utilisées comme voies de communication ; la Loire à vélo emprunte les levées de la Loire en de multiples endroits.

Jusqu’au début des années 1980, d’importantes quantités de granulats ont été extraites du lit de la Loire et de ses principaux affluents pour les besoins de la construction. Ces extractions furent arrêtées progressivement. En 1984, le ministre de l’Environnement a ainsi prescrit l’objectif d’un arrêt total des extractions de sable dans le lit mineur de la Loire en 1992.

On dit à Chaumont que la Loire a perdu un mètre par rapport aux années 1950. Elle coule plus profond…

Il faut continuer à surveiller les ouvrages, les entretenir. Il faut pouvoir alerter en cas de crue pour prévenir les personnes et veiller aux biens. Depuis plusieurs années, seuls des exercices ont lieu ; il n’y a pas eu de côte d’alerte…

Chantiers à Veuves, l'un dans les années 1990  et le dernier en 2014...

Chantier près de Veuves vers 1990

Chantier près de Veuves vers 1990

Décaissement à nu de la digue, pose de géotextile, dépôt de cailloux qui font une couche drainante, terre qui recouvre jusqu’au plus haut de la digue.

Ainsi on reconstitue la digue en ayant renforcé son étanchéité.

 

Trancheuse malaxeuse en 2014

Trancheuse malaxeuse en 2014

Les travaux ont consisté en la réalisation d’un écran étanche dans le corps de digue sur toute la traversée du bourg de Veuves  (1 km). Cet ouvrage permet de relier entre eux les renforcements déjà existant côté val (recharge de talus avec filtre drainant) et de bloquer les infiltrations dans l’ouvrage réduisant ainsi le risque d’érosion interne.

La configuration du site impose d’implanter l’écran dans l’axe de la demi-chaussée côté Loire. La technique retenue de mise en oeuvre est celle du mélange en place des matériaux avec un liant hydraulique.

Cette technique présente les avantages d’être rapide et de générer très peu de vibrations.

Pour conclure:

Cycle au fil du temps des caprices de la Loire « crue-dégâts-exhaussements et renforcement des levées-période sans crue-sentiments de sécurité erroné-oubli ».

On retrouve toujours ce leitmotiv. On s’occupe des ouvrages quand on sent la menace sinon on a tendance à les délaisser et on oublie les ravages déjà causés et on se fait surprendre car la Loire est le seul grand fleuve à n’avoir pas eu sa crue depuis plus d’un siècle …

 

Marc est applaudi et répond aux questions des participants. Il montre les documents apportés.

 

Bibliographie : documents de la DDE.

Thèse de Roger Dion sur le Val de Loire de 1933. (Étude de géographie régionale, Tours, Arrault, 1933, 752 p.) dont Wikipédia s’est largement inspiré et nous aussi...

Documents que les participants ont pu consulter à la fin de l'exposé.     (Photo C Loriot)

Documents que les participants ont pu consulter à la fin de l'exposé. (Photo C Loriot)

Partager cet article

Repost0