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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 16:13

En janvier 2017, monsieur Chenu va nous embarquer au Moyen Age, vers l’An Mil, avec les protagonistes de cette bataille.

Sous le règne de Robert II le Pieux, le comte d’Anjou, Foulque Nerra, allié au comte du Maine, Eveille Chien, va affronter Eudes II, comte de Blois et son fidèle vassal Gelduin, seigneur de Pontlevoy.

Il présente Foulque Nerra, fidèle à 4 rois au cours de sa vie, « qui ne savait peut-être ni lire ni écrire mais qui savait écouter ». Il était entouré de moines instruits. Il avait retenu les conseils de son père Grisegonelle, pour l’art militaire. Pas de bataille en plaine mais du harcèlement ; couper les vivres à l’adversaire pour arriver à une conciliation ; quand le terrain est pris, ne pas le lâcher ; s’empresser de faire une tour, un donjon : Foulque en fera 34 dans son existence.

Il y aura une exception à ses principes : la bataille de Pontlevoy …en plaine !

Le comte, Eudes II de Blois possédait Montrichard, avec son fortin en bois avec Nanteuil et Mont-Reveau, village qui était au pied du donjon actuel, village aujourd’hui disparu. Il veut le reprendre à Foulque…

Il commande toute la vallée du Cher et a la main mise sur le transport du sel qui rapporte beaucoup d’argent. C’est aussi pour cette raison économique qu’il y a compétition pour posséder tout le bassin de la Loire. Stratégique et économique. La Loire est importante car la circulation, à l’époque est plus « facile » sur l’eau que dans la forêt et sur les routes. Tours est une ville stratégique…

 

 

 

 

 

 

Monsieur Chenu lors de sa conférence

Monsieur Chenu lors de sa conférence

Revenons à la bataille : 6 juillet 1016 !

Eudes II aurait disposé de 10000 hommes, nombre contesté par les historiens actuels.

Cavaliers. Hommes à terre plus ou moins armés. L’armement est coûteux, alors le plus souvent, il est sommaire. Le soldat protège ses mains, son nez et ses oreilles. L’homme de pied doit toujours avoir un casque avec protection sur le nez et sous les vêtements du quotidien, beaucoup de laine pour amortir les coups.  Les familles des soldats les suivent. Il faut nourrir tout le monde. Eudes II suit la vieille route romaine  (de Paris vers l’Espagne), traverse le Beuvron et se dirige vers Pontlevoy dans la matinée.

De combien d’hommes dispose Foulque Nerra ? 1500 à 2000 hommes ? Pas de nombre précis…Foulque a réparti ses troupes en deux points. Les cavaliers avec Eveille Chien à Bourré et le reste de son armée aux Pessons à Pontlevoy. Il attaque l’avant-garde des Blésois.  A l’Ail vert, Foulque commence à reculer dans ce combat au corps à corps. Son porte enseigne, Sigebrand de Chemillé est massacré sous ses yeux. Il fait appel à Eveille chien qui arrive avec ses cavaliers tout frais qui attaquent les Blésois qui se voyaient déjà vainqueurs. C’est la stupéfaction chez les Blésois ! Eudes II part avec ses propres cavaliers et abandonne ses hommes de pied qui se font tailler en pièces.

6000 à 7000 morts ?? On ne sait pas exactement mais ce nombre a frappé la population de l’époque. Même au niveau de l’Europe. Un texte d’un évêque allemand s’indigne de la bataille de Pontlevoy  «sanguinaire ».

Les hommes de pied ont sûrement tous été liquidés : 2000 à 2500 morts, c’est déjà énorme. Retrouver les corps, les enterrer ? Sur ce périmètre de la Bataille, on n’a pas trouvé d’immense excavation pour une fosse commune. Sur ce terrain, des morceaux d’armes remontent, poignard, pointe de fer, épée mais les propriétaires n’ont jamais vu d’os humains remonter.

Foulque est vainqueur à Pontlevoy mais il ne prendra pas pied sur le Cher. Eudes II lui barre la route.  C’est un échec total dans ses objectifs politique et militaire.

Il reviendra à la tactique de Geoffroy Grisegonelle, son père en reprenant les terres adversaires, petit à petit, par batailles limitées…C’est en 1044, 4 ans après la mort de Foulque que son fils arrive à prendre Tours ; 28 ans après la bataille de Pontlevoy d’où le sentiment d’un massacre inutile !

Sous Foulque Nerra et pour tous, à l’époque, la foi était basée sur la peur de l’Enfer et non sur l’Amour divin. Foulque a accumulé des « choses scandaleuses » au cours de sa vie : sacrilège en l’abbaye St Martin, meurtre de son beau-frère, assassinat de sa 1ère épouse… Pour se libérer de ses crimes, il va faire plusieurs pèlerinages à Jérusalem. Il n’est ni humble, ni discret dans sa foi. Il adopte des attitudes dramatiques : marche pieds nus, se fait fouetter…Il fait des promesses de construction de chapelles et d’abbayes comme à Beaulieu les Loches, et de monastères. Il fait distribuer des reliques ce qui entraîne un atout pour la vie religieuse mais surtout économique. Il y a des mouvements de population et des pèlerinages dans la région. Véracité des reliques ?

C’est un chrétien intelligent qui soutient les moines qui défrichent pour les cultures. Il développe les vignes dans la région : vin de messe pour les moines mais aussi pour les Fidèles qui, à l’époque, boivent le vin lors de la communion avec l’hostie. Il encourage les moines à donner des soins médicaux ; à Pontlevoy, il y a la rue de la Maladrerie, réservée aux lépreux dont les formes de la maladie sont plus ou moins graves.

Il demande aux moines d’apprendre à lire et à écrire dans le scriptorium pour former des notaires et des juges afin d’avoir par écrit les titres de propriétés.

Il encourage la construction de beaucoup d’églises. Il veut sortir le catholicisme des villes pour la campagne et comme St Martin veut la diffusion de la foi. Beaucoup d’églises sont implantées dans les villages.

C’est donc un personnage complexe …

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