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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 20:54

En octobre 2017, Franck Hanot regroupe les personnes de l’Association qui ont fait le déplacement pour la journée au Grand Pressigny et nous fait un petit rappel sur la géologie de la France.

Avec quelques schémas, on se souviendra que le paysage qui nous entoure a été formé par la collision de l’Espagne contre la France dans la formation des Pyrénées. Le silex, « motte de beurre » est une bizarrerie de la région.

Grande fresque à l’entrée du musée du Grand Pressigny

Grande fresque à l’entrée du musée du Grand Pressigny

L’homo erectus est présent au Grand Pressigny. Avec le feu, on devient dominant sur l’environnement. Le réchauffement climatique devient favorable à l’agriculture. Les modes de vie vont changer pour passer du nomadisme à la sédentarité. Il y a les premières maisons, les premiers villages, les premiers artisans… Ce mode de vie va s’étendre…

Le Néolithique est important pour le Grand Pressigny car c’est là, que les lames de 30 à 50 cm vont être taillées et leur commerce va s’étendre dans toute l’Europe.

On va nous commenter les vitrines qui contiennent de vrais objets et des fac-similés. Je ne vais pas vous raconter toute la visite mais ce qui nous a surpris, ou amusés…

On retient que dans les sols acides de Touraine comme le sable, les objets se conservent mal. Les cendres et les charbons se conservent ce qui peut permettre de déterminer une activité humaine.

On va voir une dent d’éléphant, oui d’éléphant, un croc d’ours des cavernes, une de hyène…

Le métissage des populations les a préservées de la disparition et les gènes des cheveux roux et de l’asthme viendraient de cette époque. Il n’y avait pas d’asthme avant les graminées…

En travaillant l’os, ils inventent l’aiguille à coudre et se recouvrent de vêtements plus facilement.

Le propulseur, la sagaie, en os, en silex. C’est homo sapiens qui commence à débiter le silex, en série : couteaux, grattoirs, lamelles pour sagaie. Le cerveau s’est transformé et de 5 outils qu’on pouvait faire dans un kilo de silex, on passe à 20…Des habitats dans les grottes, dans des huttes…Dans l’art pariétal, le cheval est le plus représenté. Grâce aux restes d’os, on sait que le renne est le plus consommé…

On voit des jaspes, et les éclats qui suivent les nervures de couleurs. L’aspect esthétique semble avoir prévalu sur l’outil. Approche-t-on la notion d’art ?

Avec la meule, les grains sont directement écrasés. On arrive au pain et le régime alimentaire change. La poussière de pierre use les dents et la prise de sucre par l’amidon du pain invente la carie ! Au Néolithique !! On voit des fils de chanvre, du tissu en lin… Les rites funéraires apportent leur lot d’objets : perles, pendeloques, hache d’apparat. Le coquillage cardium permet de dessiner sur la céramique en le faisant rouler…On voit ce qui a dû être un biberon avec un bec verseur car les analyses ont trouvé des traces de lait…

On trouve de grandes lames de silex jusque dans le Périgord de 25 à 40 cm. La provenance est locale mais la diffusion sur de plus longues distances. On fait des couteaux d’apparat, objet de luxe, qui témoigne du statut social. La couleur marron caramel a une valeur ajoutée, semble-t-il…

Et puis…en 2 ou 3 générations, on perd le savoir-faire, on ne sait plus tailler !!

C’est l’âge du bronze qui prévaut…On voit des objets militaires, cultuels mais ce n’est plus du silex…

Moulages des lames classées "Monument historique" au Grand Pressigny

Moulages des lames classées "Monument historique" au Grand Pressigny

On passe au sous-sol pour voir la spécificité du silex du Grand Pressigny.

Rognon de silex énorme… Film où le chercheur, Jacques Pellegrin a mis 20 ans pour retrouver le geste et faire des lames, identiques à celles retrouvées dans les champs alentours. Par percussion.

Une découverte extraordinaire, dans un champ, une lame est remontée …et ce sont 140 grandes lames, rassemblées en fagots dans une fosse qui seront découvertes. Avant de les relever, les archéologues font des moulages du site, de diverses couches…Ce sont ces lames qui sont présentées au grand Pressigny. Cet ensemble de 140 lames est classé monument historique à lui tout seul dans ce musée. 

Il y a eu d’autres découvertes, d’autres lots disséminés…

Après le déjeuner, monsieur Marquet nous attend à l’Archéolab, à Abilly, pour nous expliquer comment on aborde un champ de fouilles.

Il faut un long apprentissage pour préparer le nucléus afin de tirer de grandes lames. Ce sont des tailleurs de motte de beurre. On les nomme « maîtres tailleurs » car ils ont un savoir-faire poussé, précis. Il faut récupérer les lames sans les casser. La grande lame a probablement été inventée, ici, dans une zone de 40 km sur 30 km. Par percussion.

Une autre manière de produire les lames en silex par pression au levier. On retrouve ce phénomène en Andalousie, en Bulgarie et en Ukraine.

 

 

Le groupe à l'Archéolab devant un champ de fouilles en cours...

Le groupe à l'Archéolab devant un champ de fouilles en cours...

Monsieur Marquet nous emmène à Fermelles, à la carrière du Vivier. C’est une ancienne carrière de sable, recouverte d’ordures ménagères. On peut tailler ici. Si des éclats échappent au nettoyage du tailleur, on ne prendra pas ce lieu pour un chantier préhistorique et on n’affolera pas les chercheurs des siècles à venir.

On teste le silex pour entendre si les ondes de choc sont « réceptives »…Questions de bruit, d’oreille qui définissent si la taille est propice dans ce morceau-là. On peut percuter le silex avec un percuteur tendre ou plus dur : un bois de cerf ou de renne, un galet. On n’obtient pas les mêmes éclats.

On nous détaille, le talon de l’éclat, le point de percussion, le bulbe de percussion. Tout ça pour dire qu’on oriente son silex, qu’on le percute et qu’avec un peu d’entrainement et d’habileté, on produit des éclats. Des racloirs, des flèches, un perçoir se « forment » sous nos yeux. Les pièces qu’on touche sont tellement coupantes qu’il faut être vigilant, même si une blessure de silex ne s'infecte pas et cicatrise vite. Quelques-uns d’entre nous essaient la technique…

Ici, on a découvert les rognons de silex avant de les tailler.

 

Après avoir remercié le tailleur, on se dirige vers le site de Barrou pour voir des silex dans le coteau.

 

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