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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 16:40

En mars 2017, Franck Hanot nous montre quelques cartes géologiques sur la place de l’église de Meusnes.

Au musée de Meusnes, Kévin Chartier nous accueille dans un musée au charme désuet mais il est tourné vers l’avenir car il possède toujours le savoir-faire de la taille de pierre à fusil comme au 18ème siècle.

Nous allons sur site voir des affleurements de silex dans des vignes ; des restes de « crots » dans une pente.

A Luçay le Mâle, monsieur le Maire, Bruno Taillandier et l’équipe du musée nous accueillent chaleureusement et nous font découvrir une mise en scène où passé, histoire et économie se mêlent.

Que tous ces accueillants soient remerciés de leur enthousiasme à faire découvrir la pierre à fusil, son extraction passée et son devenir actuel.

Les couches géologiques de notre région

Les couches géologiques de notre région

Coupe géologique passant par Meusnes (Franck Hanot)

Coupe géologique passant par Meusnes (Franck Hanot)

Géologie des environs de Meusnes Couffy Lye

Des plus récents aux plus anciens ils correspondent :

Au Quaternaire (A sur la coupe): ce sont les alluvions du Cher constituées de sables et graviers

Au tertiaire  (B sur la coupe) constitué de sables et d’argiles contenant des silex sous forme de rognons altérés et de galets ainsi que d’autres débris d’origine plus lointaine.

Au crétacé supérieur qui se divisent en 4 unités  avec toujours du haut vers le bas :

  • Un mélange d’argile plastique en général de couleur claire contenant des silex (C sur la coupe)
  • Une couche de Tuffeau (tuffeaux de Touraine et de Bourré) épaisse d’environ 50 mètres sans silex utilisables (D sur la coupe)
  • Une couche de craie marneuse (Turonien inférieur) à Silex épaisse de 20 mètres (E sur la coupe) C’est de cette formation que viennent les silex.
     
  • Une couche de marnes (Marnes à Ostracées) épaisse de 20 mètres (F sur la coupe)
  • Une couche de sables (Sables de Vierzon) épaisse de 30 mètres (les mêmes qui alimentent Chaumont en eau potable) (G sur la coupe)

 

Ces différents terrains se répartissent géographiquement en fonction de la disposition géométrique des couches. En effet si les terrains du crétacé supérieur se sont disposés « à plat » au fond de la mer puis consolidés, ils ont été ensuite déformés par les importants mouvements de la croûte terrestre, liés à la tectonique des plaques.

Meusnes, Couffy et Lye se trouvent ainsi sur flanc nord d’un vaste bombement de forme ovoïdale (anticlinal de Graçay) large de 20 kilomètres et long de 60 kilomètres. Ce bombement correspond à l’Ouest (Chémery et Céré la Ronde à un stockage souterrain de gaz).

Le relief créé par ce bombement a ensuite été arasé par le ruissellement et les agents atmosphériques pendant des millions d’années. Les terrains les plus anciens ont ainsi été exhumés au cœur du bombement. Ce phénomène d’érosion auquel succèdent de nouveaux dépôts plus récents crée une discordance.

L’exploitation du silex s’est  faite à des profondeurs accessibles (maximum 10 mètres) dans les argiles plastiques (C sur la coupe) et dans la craie marneuse (E sur la coupe). Seul le coteau en rive gauche du Cher (Meusnes et Couffy) ainsi que les vallées affluentes (Lye) sont favorables à cette exploitation. Ces couches se retrouvent au Nord sous le plateau en rive droite du Cher dans la région de Châtillon sur Cher  mais  à trop grande profondeur et contenant sans doute des silex de qualité inférieure.

La collecte a certainement débuté dans les terrains de surface jusqu’à épuisement de la ressource. Les traces d’exploitations souterraines sont rares (arrêt en 1913).

L’exploitation du silex dans cette région du Berry tient à une spécificité de cette roche. Elle est liée à un phénomène d’altération (migration de la silice) et à la migration d’éléments rares.

En effet les silex qui se sont formés dans la craie du Turonien, il y a environ 90 millions d’années présentent originellement une cassure noire et tranchante. Ces mêmes silex ont par la suite et pendant quelques millions d’années été exhumés et ont subi une altération et des transformations sous l’effet de climats chauds et humides. Il est en effet courant et propre à ce secteur de trouver des silex de couleurs différentes : gris foncé, beige clair dit blond, marron foncé ou brun, rouge voire zoné (jaspé). Ce silex possède un bon tranchant mais une dureté suffisante pour fournir de belles étincelles sans pour cela détériorer la platine des fusils. Chacune de ces couleurs a une  dénomination locale donnée par les exploitants.

Le silex présent partout ailleurs (jusqu’en Angleterre) est quand on l’extrait de la craie de couleur noire et d’une trop grande dureté. Les rognons de silex que l’on peut trouver à Chaumont  dans la craie sont de ce type et différents de ceux que l’on trouve sur le plateau  mélangés à l’argile.

La découverte de la qualité des silex remonterait à 1550, époque où les arquebuses utilisaient également la marcassite pour la mise à feu. Pendant deux siècles et demi, la moitié des paysans de la région fut employée au taillage des pierres à feu (180 familles en 1818).

Une belle pièce de pierre à fusil et le fusil datant de 1762 au musée de Luçay le Mâle

Une belle pièce de pierre à fusil et le fusil datant de 1762 au musée de Luçay le Mâle

Pour comprendre l’extraction : un crot. Une fresque immense au musée de Luçay le Mâle

Pour comprendre l’extraction : un crot. Une fresque immense au musée de Luçay le Mâle

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