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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 09:25

 

Le samedi 8 mars 2014, sous un soleil radieux, Joël Linte,

responsable, à la DDT de la Mayenne, de l’unité Forêt, Nature et Biodiversité,

nous accompagne en forêt de Montrichard.

Cette sortie-découverte en forêt domaniale « Les hommes et la gestion de la forêt » faisait suite à la première visite dans le val de Loire sur les arbres en milieu ligérien.


 Visite en forêt de Montrichard DSC 0216a

 

Autour de Joël Linte, visite en forêt de Montrichard - Photo : J. Girard 

 

La forêt de Montrichard appartient à l'Etat et est gérée par l’ONF (Office National des Forêts). Elle s’étend sur 4 communes, Montrichard, Bourré, Pontlevoy et Vallières. Elle a appartenu au duc d’Orléans qui l’a revendue en 1853 à des hospices de Saône et Loire. En 1918, ceux-ci la rétrocèdent au ministère de la Défense. Elle est gérée par les Eaux et Forêts qui deviennent en 1966, l’Office National des Forêts.

 La forêt a une superficie de 1042 hectares. L’objectif de l’ONF est la production du bois pour la construction et le chauffage.


 En forêt de Montrichard, c’est le chêne qui domine. Ils sont autochtones. Deux espèces sont surtout présentes, le chêne rouvre (ou sessile), le chêne pédonculé.

 Ici, la forêt est cultivée en futaie régulière ce qui permet d'avoir une forte proportion de bois d'œuvre (grumes) et du bois de chauffage dans le haut de l’arbre, le houppier.

 Par le passé la culture de taillis sous futaie était pratiquée. Dans ce cas, nous avons plus de bois de chauffage et moins de bois d'œuvre. Avant le charbon, le bois était l'énergie pour le fonctionnement des forges, des verreries…

 

Les différents stades de la futaie régulière sont : le semis, le fourré, le gaulis, le haut et bas perchis. La futaie a de 80 à 150 ans. On intervient tous les 10 ans en coupe.

 Au stade du semis, on a 100 000 glands/Ha, on arrive au stade futaie adulte avec 50 à 80 arbres/Ha.

 Les arbres sont marqués par un cercle de couleur à environ 1, 20m du sol. La couleur chamois ou blanche signalent les arbres qu’on va laisser grandir. Le forestier va travailler au profit des mêmes arbres tout au long de leur vie. Il choisit les arbres bien droits, bien conformés et avec un houppier qui se développe bien. Les arbres à supprimer sont désigné à abattre pour le bûcheron avec de la peinture rouge.

 Un marteau spécial est utilisé par les forestiers pour marquer les arbres. Il comporte un côté tranchant pour la coupe par le forestier et de l’autre côté, un sceau pour identifier celui qui a donné l’ordre.

 Des chemins de débardage sont implantés pour le débardage pour éviter les blessures aux écorces, la  dégradation et le tassement des sols. Le petit bois (moins de 7 cm de Dia.) est laisser au sol ; il se décompose et permet de reconstituer l’humus. Le brûlage est maintenant interdit.

 

On dit volontiers que :

« Exploiter c’est détruire le sol ; cultiver, c’est enrichir le sol ».

 

Parmi les chênes, d’autres espèces évoluent. On observe de la bruyère, des pins, du bouleau qui marquent un sol acide, des houx, la bourdaine qui soûle les chevreuils … ; des arbres isolés, fruitiers comme l’alisier torminal, le poirier, le pommier sauvage et le merisier, pas très sociables… ; quelques châtaigniers. Pour une gestion durable, la biodiversité est importante.

 Les écailles du bourgeon, les feuilles, les fruits,  les écorces différentes plus ou moins rugueuses ou lisses, l’allure de l’arbre, entre autres, permettent la reconnaissance des espèces.

 

La forêt est sillonnée par de nombreuses allées. Au milieu, un grand carrefour en étoile, le Rond du Roi permet de suivre la chasse à courre toujours exercée à Montrichard.

 La chasse à tir est aussi pratiquée et permet de réguler le nombre d’animaux. On trouve en forêt de Montrichard, les chevreuils qui se reproduisent, les cervidés, les sangliers mais aussi des blaireaux, des renards, des martres, des putois.

 

Nous profitons de cette visite en forêt de Montrichard pour évoquer d’autres sujets en rapport avec le lieu ;  la présences de fleurs sur le bord des chemins, talus et sous-bois comme des anémones des bois aux pétales blancs, des pulmonaires bleu-mauve, quelques pervenches ; un orvet se carapate, un lézard vert sommeille sur des branches de bruyère … ; on évoque les engrillagements, la biodiversité, la trame verte concernant la libre circulation des espèces ; quelques éléments d’histoire : après le bombardement de la guerre 1940, 240 hectares sont partis en fumée ; à l'ouest de la forêt, un menhir qui n'existe plus, délimitait le territoire des Turons et des Carnutes ; un vestiges de 3 digues d’étang du 18ème siècle ; la longévité des chênes qui peut atteindre 500 à 800 ans.

 

Nous nous retrouvons près de grumes énormes qui viennent d’être abattues et exposées en bord d’allée. Nous suivons les explications sur le cubage des grumes au sol ou sur pied, le sondage à la tarière pour voir si le bois est sain, les catégories de qualités du chêne pour la vente, de A à D : A sert au plaquage de meubles, pour la fabrication de merrain…, B  pour l’ébénisterie…, C pour la menuiserie…, D pour les palettes et les traverses de chemins de fer… Le poids spécifique des grumes est de 700 kg par m3 ; le prix du m3 de bois de chêne, suivant la qualité va de 20 à 2000 €. En général cela se situe entre 200 à 500 € le m3 ; pour l’âge d’un tronc, on compte les cernes ; pour la vente, elle se fait par appels d’offre, par enchères descendante, par plis cachetés…


Autour-des-grumes--pres-du-Rond-du-roi-DSC_0264a.JPG

 Autour des grumes, près du rond du roi - Photo : J. Girard

 

Le soleil commence à disparaître derrière les cimes…

 Un nom d’animal a été prononcé pendant la promenade…Gaby va nous plonger dans l’horreur !

 

Les histoires se passent au 18ème siècle, en cette forêt ou dans les voisines. On retrouve des enfants morts, peu d’adultes, pendant des temps de disette et de dures conditions de vie. Des morts mais surtout des éventrés, des morceaux de corps…

 Le loup ou le loup cervier, c'est-à-dire le lynx serait à l’origine de ces carnages. Les registres paroissiaux dénombrent des morts à Pontlevoy, à Chaumont-sur-Loire. Des meutes de loups sont dans les bois de Sudais.

 On fait appel à la louveterie pour faire des battues. Tout est compliqué. Les paysans n’ont pas d’armes.

 En 1753, on estime à 154 les attaques de loups et à 147, les victimes. Un nouveau drame dans l’horreur… la rage survient ! Les victimes mordues vont mourir dans d’atroces souffrances dues à la rage. Pour éviter la souffrance, elles sont étouffées entre 2 paillasses ou elles se suicident…

 La terreur règne… Le carnage continue. Les prêtres organisent des processions, des prières.

 Finalement, les massacres disparaissent sans qu’aucune solution ne soit trouvée.

 Le mystère restera entier…

 

(Histoires extraites de « La Bête du Val de Loire » 1742-1754 de Frédéric Gaultier. Editions Alan Sutton. Evocations).

 

On a fêté les 1200 ans de la louveterie en 2012, créée par Charlemagne.

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Published by chaumont aufildutemps - dans PATRIMOINE
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