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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 11:15

Samedi matin à 8 heures, les participants se regroupent sur le parking en bas de la pharmacie et la répartition est faite dans 4 voitures. Chacun a son pique-nique, son passe sanitaire et sa soif de découverte… Un plan de route est distribué.

Un petit changement dans l’organisation du début : on ne passe pas à Cellettes, commune assez proche où chacun pourra aller à sa guise voir le monument de 1870 sur la rambarde en plein milieu du pont.

On rejoint Muides pour traverser la Loire et faire notre premier arrêt au ravin des Buis à Tavers. L’évocation de la guerre de 1870 va commencer ici. Je ne vous redonne pas la chronologie de cette guerre que vous commencez à connaître...

Juste un rappel de l’échec de Sedan, le 2 septembre 1870 où l’empereur Napoléon III a capitulé. Cela entraine la proclamation de la IIIème République. L’armée est mal en point. Gambetta constitue l’Armée de la Loire.

Après quelques demi-tours dans la gadoue, chemins de terre campagnards oblige, on file vers Coulmiers, dans le cimetière tout d’abord où il y a un monument bavarois. Puis à la sortie du village de Coulmiers, un grand monument rend hommage aux combattants de l’Armée de la Loire, du 9 novembre 1870, érigé en 1876.

 

 

Le monument du ravin des Buis . Un détail de la plaque. Le monument bavarois du cimetière de Coulmiers. Le monument rendant hommage aux combattants de l'Armée de la Loire.
Le monument du ravin des Buis . Un détail de la plaque. Le monument bavarois du cimetière de Coulmiers. Le monument rendant hommage aux combattants de l'Armée de la Loire.
Le monument du ravin des Buis . Un détail de la plaque. Le monument bavarois du cimetière de Coulmiers. Le monument rendant hommage aux combattants de l'Armée de la Loire.
Le monument du ravin des Buis . Un détail de la plaque. Le monument bavarois du cimetière de Coulmiers. Le monument rendant hommage aux combattants de l'Armée de la Loire.

Le monument du ravin des Buis . Un détail de la plaque. Le monument bavarois du cimetière de Coulmiers. Le monument rendant hommage aux combattants de l'Armée de la Loire.

Notre objectif final approche. Loigny en 1870, Loigny la Bataille maintenant, est en vue !

Au musée de Loigny la Bataille nous sommes accueillis par Bertrand Chabin qui va nous faire une visite commentée du musée, de l’église et de l’ossuaire.

Le musée de la Guerre de 1870 est situé à Loigny la Bataille, au sud de l'Eure et Loir, en région Centre Val de Loire. Il est le seul de la Région Centre sur ce sujet. Prenant la suite du premier mémorial ayant existé de 1907 à 2015, il a ouvert ses portes en 2017 et retrace l'histoire de la guerre franco-prussienne de 1870 et de la bataille de Loigny du 2 décembre 1870.

 

Monsieur Chabin à l’aide de vidéos, de cartes nous explique la bataille de Loigny remise dans le contexte général de la guerre de 1870.

Des salles du musée de Loigny...
Des salles du musée de Loigny...

Des salles du musée de Loigny...

La bataille de Loigny s’est déroulée au nord d’Orléans, avec des combats sur le territoire des communes de Terminiers, Loigny,  Lumeau et Poupry, à 15 km de Patay, le 2 décembre 1870. Cet affrontement, qui opposa trois corps de l’armée de la Loire à l’armée du grand-duc de Mecklembourg, annonce la fin de la campagne de la Loire et la défaite finale de la France.

 

 

Le village fut le lieu d'une bataille opposant près de 40 000 soldats français à 35 000 soldats des États allemands et qui fit près de 9 000 victimes. C'est lors de cette bataille que le général Louis-Gaston de Sonis ordonna au colonel Athanase de Charette de déployer la bannière du Sacré-Coeur lors de la charge des volontaires de l'Ouest, les anciens zouaves pontificaux. On évoque 4500 morts et blessés en cette seule journée du 2 décembre, côté français avec 2500 prisonniers.

Côté allemand, il y a eu 4000 morts et blessés et 500 prisonniers quand le camp français est victorieux en début de journée…

Sur cette plaine de Beauce, toute plate, on imagine les charges des 2 côtés et les cris des assaillants ainsi que plus tard, les plaintes des blessés et des mourants.

Il fait – 18 °, ce matin-là …

 

Dans l’église, construite à partir de 1872, la chapelle mortuaire est décorée de peintures murales de Charles Lameire et Charles de Coubertin, ainsi que de vitraux de Nicolas Lorin. Les noms des morts français sont alignés en colonnes…


Dans la  crypte sont rassemblés les ossements de plus de 1 200 soldats français, prussiens et bavarois... ainsi que les tombes du général Louis-Gaston de Sonis et du général Athanase de Charrette.

 

Le champ de bataille de Loigny est encore aujourd'hui constellé de monuments commémorant les durs combats des 1er et 2 décembre 1870 qui virent s'affronter dans la plaine de Beauce les armées françaises et allemandes. L'ensemble mémorial constitué par l'église, la chapelle mortuaire, la crypte, le musée et le chemin de mémoire fait de Loigny-la-Bataille le premier site mémorial créé en France en souvenir d'une bataille.

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 11:08

Dans le cadre des rencontres de l’association « Chaumont au fil du temps », c’est en présence de 23 personnes que Jean-Jacques Boulay nous a fait un exposé sur les essais nucléaires français auxquels il a participé en tant qu’engagé volontaire lors de son service militaire en 1972. Il était sur le site de Mururoa dans l’aviation dans la section sécurité incendie et sauvetage, la SSIS.

Il a retracé l’ambiance de l’époque où le général de Gaulle voulait avoir la force de frappe, la force de dissuasion nucléaire. Après l’abandon des territoires algériens pour faire les essais, c’est la Polynésie qui est « choisie ». Les essais se font en atmosphère puis en souterrain dans les roches volcaniques des atolls.

Franck Hanot nous fera une démonstration sur le volcanisme de la Polynésie.

Entre 1966 et 1996, il y aura 46 essais atmosphériques et 147 souterrains sur les sites de Mururoa et Fangataufa. Les retombées nocives de ces essais ne sont pas encore clairement reconnues par l’armée française mais cela progresse.

Jean-Jacques fait partie d’une association l’AVEN (Association des Vétérans des Essais Nucléaires) créée en 2001. Il y a une antenne dans le département du Loir et Cher. Le slogan est « Vérité et Justice » pour faire avancer les dossiers d’indemnisation des victimes de cancers multiples.

C’est un power point richement illustré de photos personnelles de l’époque et de ses camarades ainsi que d’autres de 2013 où Jean-Jacques est retourné sur le site de Mururoa qui nous a fait mieux comprendre la problématique de cette partie de notre histoire. Quelques articles de journaux, des objets et une médaille militaire ont complété le propos.

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 10:55

Il y a eu 3 rencontres d’octobre 2020 à juillet 2021.

Ä Octobre : « Les monnaies gauloises » par Florian Miquelis.

Ä  Mars : « 1870, de Woerth à Chaumont sur Loire, les poussières d’une histoire nationale » par Franck Hanot.

Ä Juillet : Retrouvailles avec les adhérents, présentation et distribution du bulletin n° 2 : L’EAU.

 

 

De novembre à mai, des textes sont envoyés à tous : le 11 novembre en poésie ; un compte-rendu sur la guerre de 1870 pour les 150 ans de ce conflit oublié ; l’acanthe ; la Chandeleur et la tradition des crêpes ; les jardins ouvriers, leur création, leur histoire ; les saints de Glace ; le 8 mai ; la Commune de Paris à travers le destin de 2 Communards de la région ;  des photos de la ferme de Queneau et de l’avancée des travaux…

 

Pas de participation aux Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins en juin.

 

On a pu distribuer rituellement, aux enfants du CM2, fin juin, un livre Renou. Il semble toujours bien apprécié.

 

PROJETS

 

1) Les sorties mensuelles 

Elles vont reprendre en octobre (toujours avec les contraintes des consignes sanitaires en cours).

Les essais nucléaires dans le Pacifique et le Sahara, le samedi 9 octobre avec Jean-Jacques Boulay.

Voir aussi un travail autour de la modification des paysages par la cartographie et les témoignages qu’on peut encore recueillir et qu’on peut enregistrer.

Une sortie sur site, à Loigny la Bataille va sûrement être organisée en novembre.

 

2) Continuer le travail concernant le plan rassemblant les plaques en lave émaillée. Une subvention municipale a été obtenue pour la création de ces plans sur lave émaillée avec notre graphiste Bertrand Demoly. Quand nous aurons la réalisation de ce plan sur lave émaillée, on verra avec monsieur le Maire où les installer au mieux.

Des marque-pages vont aussi être réimprimés. Une subvention municipale a aussi été accordée.

 

3) Le 3ème bulletin de l’Association avec les compétences de Bertrand Demoly.

Le prix du bulletin pour les adhérents est inclus dans la cotisation. Il sera demandé un surplus de 4 € à ceux qui veulent qu’on leur envoie par la poste.

 

4) Un Hors-série sur les guerres : 1914-1918 et celle de 1870.

Les hors-série seront mis en vente à 10 €.

 

Le bilan d’activités et les projets sont soumis au vote de l’Assemblée. Ils sont acceptés à l’unanimité ainsi que le bilan financier.

 

Franck Hanot réaffirme que notre association « Chaumont au fil du temps » est une association fondée sur les échanges et le partage. Elle joue son rôle culturel, sur le patrimoine et la transmission des savoirs.

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 10:27
Les adhérents heureux de se rencontrer à nouveau...

Les adhérents heureux de se rencontrer à nouveau...

Bulletin sur le thème de l'eau...

Bulletin sur le thème de l'eau...

Le bulletin de l’Association est le fruit des recherches aboutissant à des écrits et du travail d’un homme graphiste, Bertrand Demoly.

« Je remercie Bertrand qui a travaillé à ce bulletin, l’a illustré, coloré et mis en page » dit Franck Hanot. 

 Un rappel sur l’origine du bulletin. Les publications mensuelles envoyées par mail ou sur papier, sont des feuillets volants. Franck Hanot avait proposé au CA, il y a 3 ans, de faire un bulletin annuel. Il se compose en 2 parties :

  • Une première partie avec les activités de l’association sur l’année de fonctionnement en cours (présentement 2019-2020).
  • Une deuxième sur une thématique, cette fois-ci, l’EAU.

On retrouve un exposé sur les digues, sur l’étang de Sudais, sur le musée de la marine de Loire à Châteauneuf, sur les eaux souterraines, sur l’exploitation de l’eau, sur les crues et les échelles de crue, sur Chaumont et alentours. 

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 09:51

Il n'a pas été possible de déguster la galette ensemble en ce mois de janvier 2021 !

A la place pour garder le contact entre adhérents, on diffuse un sujet sur l'acanthe. On trouve cette plante dans nos jardins et comme modèle en architecture sur bons nombres de supports patrimoniaux. Sur le bois, la pierre mais aussi les tissus, le métal voire les tatouages ...

 

 

En février, c'est une communication sur la Chandeleur et son origine ainsi que les recettes de crêpes régionales qui fait le lien entre nous.

 

 

 

 

En mars, en présentiel, enfin , Franck Hanot peut nous faire partager sa communication sur 1870:

"De Woerth à Chaumont sur Loire...Les poussières d'une histoire nationale". 

Aidé d’un Power Point, il a retracé cette histoire méconnue voire cachée de la brève guerre de 1870-71. Avec une riche iconographie de tableaux d’époque, fin 19ème et des cartes créées spécialement pour cet exposé, il nous a donné un aperçu de cette histoire tragique.

 

 

Puis en avril, à nouveau, on ne peut plus se rencontrer .....

On fait une publication sur les jardins ouvriers et leur création. Pour garder le contact...Le beau temps revient, une envie de sortir de ce confinement ....

 

 

En mai, toujours les restrictions de rencontres, restrictions sanitaires...

C'est un sujet sur la Commune de Paris...qui nous relie !

La Commune de Paris : il y a 150 ans !

Le printemps 2021 marque les 150 ans de la dernière révolution

du 19ème  siècle : La Commune de Paris.

 

Déclarée le 18 mars 1871 dans la cacophonie de la capitulation face aux États allemands et de l'abdication de Napoléon III, la Commune demeure l'acte de naissance sanglant du mouvement révolutionnaire qui a défini une grande partie du siècle suivant. De nombreux évènements préalables qui se sont déroulés pendant le siège de Paris par les troupes prussiennes contribuent à expliquer le déclenchement de la Commune.

Du 21 au 28 mai, au cours de la "Semaine sanglante », la Troisième république réprime l'insurrection dans le sang, faisant 10 à 15000 morts selon les comptages les plus récents.

On vous fait partager le destin de deux insurgés, une de Blois, la vivandière Joséphine Marchais et l’autre de Vierzon, l'homme politique Édouard Vaillant, qui ont participé à l'insurrection.

 

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 17:34

                                                Vœux pour 2021

 

L’année 2020 s’achève enfin. On n’a jamais été aussi pressés de finir une année pour en commencer une nouvelle sous de meilleurs auspices.

L’absence de rencontres associatives et culturelles qui ne peuvent avoir lieu actuellement est directement liée au virus, au couvre-feu, aux décisions politiques. Cela est connu de tous. Il semble difficile de faire des vœux habituels dans de telles circonstances tant on ignore quand on pourra se retrouver à nouveau et reprendre une vie associative « normale ».

Ainsi, chers adhérents, voici des vœux avec des paysages d’hiver, de neige où chacun pourra éprouver son émotion, sa joie ou sa mélancolie.

Chaque tableau vous évoquera à chacun, les mots galvaudés qu’on prononce souvent avec sincérité par habitude. L’ensemble touchera votre cœur peut-être…

En même temps, des poèmes remontant de l’enfance, des bribes de souvenir vous aideront à franchir ce cap de nouvelle année dans une ambiance feutrée. La culture peut soutenir les affres de la distance.

Voilà le parti pris que vous offre « Chaumont sur Loire au fil du temps »…

Paysage hivernal avec un bucheron et des voyageurs         Gijsbrecht LEYTENS (17ème siècle)

Paysage hivernal avec un bucheron et des voyageurs Gijsbrecht LEYTENS (17ème siècle)

Tempête de neige en mer (détail), 1842 J. M. W. Turner

Tempête de neige en mer (détail), 1842 J. M. W. Turner

La neige Charles François Daubigny  1873  .

La neige Charles François Daubigny 1873 .

Les Très Riches Heures du duc de Berry, Février (détail)            Les frères LIMBOURG   1412-1416

Les Très Riches Heures du duc de Berry, Février (détail) Les frères LIMBOURG 1412-1416

 Effets de neige à Argenteuil       Alfred SISLEY 1874

Effets de neige à Argenteuil Alfred SISLEY 1874

Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021
Voeux pour 2021

Pour le conseil d’administration de « Chaumont au fil du temps »

Le président Franck Hanot

 

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 15:57

Franck Hanot aurait dû vous faire un exposé,

le samedi 14 novembre 2020 sur

           1870 : de Woerth à Chaumont-sur-Loire…

… Les poussières d’une histoire nationale.

Le samedi 12 décembre 2020, nous aurions dû aller à Loigny la Bataille, dans l’Eure et Loir, pour visiter leur musée et être sur le site de la plus importante bataille de la guerre de 1870 dans la région.

 

Un virus, un gouvernement ayant reconduit un reconfinement, des consignes sanitaires nous ont privés de ces 2 manifestations sur la guerre de 1870. Juste comprendre ce passé éloigné pour avoir les réponses aux enchaînements inexorables de la vie des nations dans notre histoire plus proche.

150 ans nous séparent de cette guerre.

2021 sera peut-être plus propice à ces évocations en direct, souhaitons-le. Pour tout le reste aussi…

En attendant, en ce mois de décembre, nous allons faire une petite incursion dans le passé de 1870…

Place à l’évocation…

 

« Poussières » effectivement car cela tient de l’enquête policière d’expliquer la présence de ces témoignages de ce qui fut la fin de l’empire et considéré comme une défaite. Woerth jolie et riche bourgade, nichée dans les collines sous vosgiennes du Nord de l’Alsace. Au centre, à la croisée des routes, domine un imposant mémorial mariant richement la pierre et le bronze, érigé en 1888. Les bas-reliefs et les allégories commémorent en premier lieu les victoires locales de l’armée prussienne de ce début du mois d’Août 1870 (Wissembourg, Frœschwiller…).D’autres noms de localité  gravés nous sont plus familiers (Beaugency, Cravant…)

Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)
Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)

Le monument de Woerth et les bas reliefs en gros plan. (Photos C Loriot)

 A Chaumont sur la route de Rilly s’élève le bien modeste monument, érigé peu après 1920 à la mémoire de Thomas Charpentier, civil, exécuté par les Prussiens, 5 mois plus tard, le 27 Décembre.

Le momunent dédié à Thomas Charpentier sur la route de Rilly à la sortie de Chaumont sur Loire. (Photos C Loriot)
Le momunent dédié à Thomas Charpentier sur la route de Rilly à la sortie de Chaumont sur Loire. (Photos C Loriot)

Le momunent dédié à Thomas Charpentier sur la route de Rilly à la sortie de Chaumont sur Loire. (Photos C Loriot)

Les causes de la guerre

 

Cette guerre est un piège tendu à la France par la Prusse par le chancelier Bismarck pour rallier autour de la couronne de Prusse l’ensemble des états allemands et constituer la première puissance en Europe continentale.

Dans ce but, un prince prussien brigue le trône d’Espagne. Cette provocation est amplifiée par la dépêche d’Ems véritable outrage aux yeux de l’empereur Napoléon III.

Il déclare la guerre à la Prusse le 19 Juillet 1870.

 

Les batailles des frontières : de Wissembourg à Sedan

 

La France met sur pied une armée de 270 000 hommes dite armée du Rhin répartie depuis Thionville jusqu’à Belfort. L’Allemagne fait entrer en ligne 500 000 hommes.

Le 14 Août, alors que l’armée française franchit la Moselle à Metz, les Prussiens attaquent les troupes postées à Borny immédiatement à l’Est de Metz pour couvrir la retraite.

S’en suivent les combats de Rezonville, Saint Mars la Tour du  16 Août, de Saint Privat et de Gravelotte le 18 Août empêchant le général Bazaine de forcer le passage vers l’Ouest. Il sera finalement enfermé dans Metz. L’armée de Mac Mahon partie du camp de Chalons restera piégée, encerclée le  1er Septembre  dans la cuvette de Sedan.

Le 2 Septembre 1870 à Sedan marque un tournant dans l’histoire. C’est la fin de l’Empire. Napoléon III signe la capitulation au château de Bellevue et sera fait prisonnier.

Le 4 Août la division du général Abel Douay est écrasée à Wissembourg.  Le général est tué.   Le prince Frédéric-Guillaume contemplant le corps du général Abel Douay. Par Anton von Werner 1888.

Le 4 Août la division du général Abel Douay est écrasée à Wissembourg. Le général est tué. Le prince Frédéric-Guillaume contemplant le corps du général Abel Douay. Par Anton von Werner 1888.

Le sursaut : de Sedan à Loigny 

 

La France n’a plus d’armées régulières.

Issu du mouvement révolutionnaire du 4 Septembre, le nouveau gouvernement de la défense nationale prend la résolution de continuer la lutte.

Après Sedan, les troupes allemandes marchent sur Paris et l’atteignent le 17 Septembre.

La première armée de la Loire se constitue courant Octobre à Orléans.

Après de rudes combats à Artenay, Chevilly et Cercottes, 30 000 Allemands, retirés du siège de Paris repoussent le 11 Octobre cette armée au Sud de la Loire et occupent la ville d’Orléans.

Nos troupes se réorganisent et remportent la victoire tant attendue à Coulmiers le 9 Novembre avant de réoccuper Orléans le 11 Novembre.

Malheureusement, suite à la capitulation de Bazaine à Metz le 27 Octobre, cela libère des troupes allemandes qui se précipitent vers le Sud sur les Français, les arrêtent dans leur élan et les isolent de Paris à deux reprises à Beaune la Rolande le 28 Novembre et à Loigny le 2 Décembre.

Les zouaves pontificaux à la bataille de Loigny par Charles Castellani (1879) Musée de l’Armée.

Les zouaves pontificaux à la bataille de Loigny par Charles Castellani (1879) Musée de l’Armée.

Résistance entre Beauce et Loire. L’exécution de Thomas Charpentier   

 

Après les combats de la bataille d’Orléans du 3 et 4 Décembre, l’armée française, refoulée, se fractionne en deux tronçons ; un premier sous les ordres du général Chanzy se replie  vers la forêt de Marchenoir, l’autre dirigé par le général Bourbaki atteint Bourges.

De cette défaite renait la deuxième armée de la Loire avec le général Chanzy qui résiste aux Prussiens durant 4 jours (7 au 10 Décembre) sur la ligne Beaugency Cravant.

Surpris par l’arrivée de renforts ennemis à Blois, le général Chanzy donne l’ordre le 11 Décembre d’une retraite immédiate sur le Loir vers Vendôme. S’y tiendront à Frétéval les 15 et 16 Décembre des combats remportés par les Prussiens malgré une forte résistance française.

S’en suit la retraite sur la Sarthe, nos troupes prenant position autour du Mans du 19 au 21 Décembre. L’ennemi depuis Orléans et Chartres  décide d’en finir avec Chanzy.

C’est dans ces mouvements de l’ennemi que se déroule l’épisode de Rilly-Chaumont avec l’exécution sommaire  de Thomas Charpentier.

En ce 27 décembre 1870, après des accrochages et des coups de main furtifs et meurtriers, les Prussiens, soldats habitués à des stratégies militaires sont obsédés par les Francs-Tireurs qui les harcèlent. Depuis quelque temps, lors de déplacements des troupes, ils se vengent sur la population civile par des viols, des maisons incendiées, des prises d’otages, des rançons demandées…

Voici ce qu’on peut résumer du livret « Poussières d’histoire. Pour un monument à la mémoire de Th.Charpentier. 1870-1871, écrit par Charles Roguet et imprimé en 1912.

Le livret "Poussières d'Histoire"  (Recherche à la bibliothèque Abbé Grégoire de Blois) (Photo C Loriot)

Le livret "Poussières d'Histoire" (Recherche à la bibliothèque Abbé Grégoire de Blois) (Photo C Loriot)

A Rilly, Athanase Charpentier et son fils Sylvain sont dans les champs. 80 francs-tireurs arrivent des bois, dépenaillés vers eux. (p 63). Ils demandent leur route, les 2 les accompagnent. Des Prussiens sont attendus à Rilly. Une embuscade est tendue aux Prussiens. Il y a poursuite dans le village (p 65). En même temps la réquisition devient pillage. Ils arrêtent 16 personnes « suspectes » otages, pour être fusillées. Les femmes intercèdent auprès des officiers. Des francs-tireurs sont vus s’enfuir ce qui sauvent les otages. (p 68).

Les Prussiens cherchent vers le Pressoir Blineau. Thomas Charpentier, frère d’Athanase habite la 1ère maison. La cinquantaine, taille moyenne, rude et barbu, vigoureux, veuf d’une lingère, sans enfant, vit seul et pauvre. (p 70). Il a gardé sa carabine, un fusil de chasse, un casque de pompier et sa ceinture, malgré les recommandations du maire de cacher tout cela.  Avec Tortet son voisin, ils veulent en découdre avec un uhlan. Des fantassins prussiens débouchent et voient Tortet qui se débarrasse à temps,  des cartouches et de son arme sous la glace de la fosse. Les Prussiens ne trouvant rien, fouillent ailleurs. Ils vont chez Charpentier. C’est l’empoignade et la fouille de la maison : ils trouvent le vieux fusil, le casque et la ceinture. Enfin,  ils en tiennent un ! Charpentier résiste. (p 73). Son calvaire est sur la route de Rilly à Chaumont. Il faut qu’il paie pour tous les autres… (p 75 à 79).

Un officier le finit par une décharge d’un fusil dans la tête. La dépouille est abandonnée. Lefebvre de Chaumont va prévenir la famille Charpentier et Rémy Daunay met de la paille sur le cadavre. A la fin de la journée, sur une brouette, on met le corps et le cortège funèbre va jusqu’à chez lui…Il est noté sur la déclaration administrative du registre « décédé en son domicile ». Il est enterré à Rilly sans croix, sans pierre. (p 80).

« Poussières d’histoire » nous donne des renseignements sur les communes alentours:

Ce sont 1262 hommes que le 75ème Mobile a semés sur les champs de bataille de l’armée de la Loire.

Le monument à Blois en rappelle le souvenir.

Ceux morts au feu, dans les hôpitaux, en Allemagne : 17 à Onzain, 10 à Chaumont, 7 à Mosnes, 5 à Chouzy, 4 à Monteaux, 3 à Vallières, 1 à Rilly en omettant Charpentier assassiné. (p 85).

D’autres rentrés chez eux moururent assez vite de fatigue ou de leurs blessures.

 

 

Ce jour, funeste pour Thomas Charpentier, Paris est bombardée. Tout s’accélère avec les villes qui tombent aux mains de l’ennemi, les unes après les autres, malgré des combats héroïques. Des trahisons aussi…

Toujours vers l’Ouest et organisés par le général Chanzy s’en suivent les combats à l’Est du  Mans (du 10 au 12 Janvier 1871) avant le repli définitif en direction de la Mayenne et de Laval.

Le 26 Janvier 1871, le nouveau gouvernement de Paris, (les opposants ont été mis en prison), signe avec Bismarck, un armistice de 21 jours qui sera prolongé.

Malgré l’armistice, les combats continuent dans notre région. Le 27 Janvier s’effectue une reconnaissance sur Blois suivie de combats dans le faubourg de Vienne le 28 qui libèrent la ville de Blois occupée par les Prussiens.

Dans le faubourg de Vienne, sur une colonne quasiment invisible, en prolongement de la levée de la Loire, se trouve une plaque apposée sur ce monument en 1895, rappelle que, « le 28 janvier 1871, les troupes françaises commandées par les généraux Pourcet et de Charbon, de l’armée de la Loire, ont pris d’assaut le faubourg de Vienne devant Blois ».  Proche de là, une rue porte même le nom de cette date importante.      (Photo Collection Particulière)

Dans le faubourg de Vienne, sur une colonne quasiment invisible, en prolongement de la levée de la Loire, se trouve une plaque apposée sur ce monument en 1895, rappelle que, « le 28 janvier 1871, les troupes françaises commandées par les généraux Pourcet et de Charbon, de l’armée de la Loire, ont pris d’assaut le faubourg de Vienne devant Blois ». Proche de là, une rue porte même le nom de cette date importante. (Photo Collection Particulière)

D’autres monuments de 1870-1871 se trouvent dans Blois.

Après de rudes combats, le lieutenant Georges de Villebois-Mareuil libère la ville de Blois occupée par les Prussiens. 

 

 

 

 

Dans les communes des alentours, il y a aussi des traces de cette guerre…

(Les exemples que je donne sont limités. A vous de faire vos recherches...)

 

 

 

 

A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)
A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)
A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)
A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise...    (Photos C Loriot)

A Cellettes sur le pont; à Sambin à la croisée de chemins; à Amboise... (Photos C Loriot)

L’épilogue d’une défaite  

 

Les derniers combats ont lieu le 1er Février et se concluent par le repli en Suisse du reste des troupes du général Bourbaki (il a tenté de se suicider et a été remplacé). 

Le 10 mai 1871 : la signature du traité de Francfort oblige la France à céder une partie de son territoire : le Haut Rhin, le Bas Rhin et une grande partie de la Lorraine. Seul le territoire de Belfort n’est pas annexé. Une somme de 5 milliards de francs or doit être versée à l’Allemagne unifiée.

En septembre 1873, cette somme réunie avec 2 emprunts est payée.

Le 9 Juin, l’Alsace et la Moselle sont incorporées dans le nouvel Empire allemand. L’allemand devient langue obligatoire et l’enseignement du français est supprimé à l’école primaire en 1872.

 

En guise de conclusion :

 

On commémore rarement une défaite et on n’en parle guère plus. Connaitre l’Histoire et ses méandres, permet de mieux comprendre le présent et son territoire proche.

Cette guerre a duré 6 mois. Elle a laissé des cicatrices comme toutes les guerres. Elle a fait chuter l’Empire. Elle a engendré la guerre civile avec la Commune de Paris et à moindre échelle dans d’autres villes de France comme à Marseille, Toulouse et Lyon. C’est la perte de l’Alsace-Moselle.

Un esprit revanchard voudra récupérer à tous prix ces territoires.

Elle engendrera la guerre de 1914-1918.


Franck Hanot.

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 10:11

En raison de la crise sanitaire en cours et des décisions gouvernementales prises, la mairie de Chaumont a averti les associations de la commune de ce qui suit :

Le 11 novembre 1918 ou le jour de la signature de l’armistice de la Première Guerre Mondiale…

Je ne reviendrai pas sur le déroulement de cette guerre de 1914-1919 que l’Association a largement traitée entre 2014 et 2018 en essayant de voir toutes les facettes de ce conflit mondial. (Exposition, exposés, travail avec l’école, chansons, films, lecture de lettres de Poilus de Chaumont…).

Mais je vais me servir de cette commémoration feutrée comme prétexte afin de parler de la guerre à travers quelques poètes.

Mon propos d’aujourd’hui est de remettre en lumière pour quelques instants, le sacrifice imposé à une génération, celle des classes 1914, 15 et suivantes ….pour que notre Pays, la Patrie, le Sol, notre Territoire comme vous voudrez l’appeler, reste libre. Et que mes ancêtres, vos ancêtres, les Français, ceux qui forment le Peuple retrouvent leur liberté.

Juste une évocation.

Le 11 novembre 1918 ou le jour de la signature de l’armistice de la Première Guerre Mondiale…

AUX POÈTES MORTS A LA GUERRE

Il faut que nous pensions toujours à Vous, Poètes

Qui mouriez en soldats, les armes à la main,

Vous qui n'aviez rêvé que les lyriques fêtes,

Et qui, face au danger, leviez plus haut vos têtes,

Vous dont les grandes voix allaient être muettes

Pour qu'en Français l'on puisse encor parler demain...

N'oublions pas! Il faut que notre âme s'élève

Vers eux qu'une mort sombre emporta dans son flux ;

Ils nous furent ravis, nos Chevaliers du Rêve,

Ces porteurs d'un flambeau qu'éteignit l'heure brève,

Restés debout encor pour la suprême trêve,

Qui vivaient pour chanter et ne chanteront plus...     

Ils ont nargué l'effroi, méprisé la souffrance,

Leur grandeur, à jamais, vaut qu'on soit à genoux,

Car ils ont tout donné, l'avenir, l'espérance,

Pour être la rançon de notre délivrance,

Un idéal plus pur qui nous grandisse, nous !...

O vous ! qui m'entendez, souffrez qu'on vous convie

Au grand recueillement qu'animera leur voix,

Noble voix qui chantait avec la seule envie

Que notre Liberté jamais ne soit ravie,

Voix de ceux qui vivaient pour l'Oeuvre et pour la Vie,

Et vivant doublement, sont ainsi morts deux fois...

Si l'un de nous peut élever un clair ramage,

C'est parce qu'en notre âme ils sont les grands vainqueurs;

Si leur perte est pour nous l'essentiel dommage,

Que du moins dans nos yeux demeure leur image,

Que notre oeuvre pour eux soit un constant hommage,

Que leur âme sublime anime encor nos coeurs !

 

     ALBERT WILLEMET.

 

Poème d’un poilu de Verdun....

Dans un trou à Verdun.                                                                   

Toute la terre tremble,

Et le canon qui gronde.

Oui, je crois, il me semble

Que c’est la fin du monde.

Dans nos trous, on blasphème,

On ne croit plus au bon dieu.

Même les morts aux faces blêmes

Tendent leurs poings vers les cieux.

C’est la moisson de notre jeunesse.

On tue des gosses de vingt ans

Qui meurent là, sans une caresse,

Fauchés comme des fleurs de printemps.

A quand la fin de ce cauchemar.

On n’en peut plus; on en a marre.

Mais c’est dans un trou à Verdun

Que j’ai connu mon petit copain.

Comme l’amitié réchauffe le cœur !

On se déride; on n’a plus peur.

Et dans la boue de Verdun

Nous nous sommes serrés la main.

Prends mon bidon, un coup de pinard,

Rien de meilleur contre le cafard.

Et pourquoi conserver ces biens,

Puisque nous tous mourrons demain.

Et puis ensuite nos retrouvailles

Devant ta maison près du café.

On discutait de nos batailles

Et des copains qu’on a laissés.

Toujours dans notre petite causette:

Souville, Douaumont et La Caillette.

Mais je voyais dans tes yeux bleus,

Comme un reflet des cieux.

Tu es parti de bon matin,

Sachant bien sûr, l’étape dure.

Et puis quand on pense aller loin,

Il faut ménager sa monture.

Mais partant pour l’éternité                                                                                  

Au pays de l’égalité,

Tu aurais dû comme à Verdun,                                                                                

Mon petit copain, me serrer la main.

Mais dis-lui bien, à Dieu le Père,

Puisque Verdun fut un enfer,

Qu’il te réserve au paradis

Une place pour toi et tes amis,

Et tous les combattants de la terre.

Une prière: honnie la guerre,

Et tous, nous nous serrerons la main,

En bons copains, en vrai copains.

 

Henri Eugène LALLIER

1891-1976

 

Pour mon copain Marcel BOURGEOIS

Ancien du 147ème R.I.

 

 

 

 

C’était la grande guerre
Ils ont vécu l’enfer
C’était la grande guerre
La folie meurtrière
Par un beau jour d’été
Sous un ciel bleu d’azur
Le clairon a sonné
Pour la grande aventure
Ils partirent faire la guerre
Au nom de la patrie
Ils étaient jeunes et fiers
Et la fleur au fusil
Mais du chemin des dames
Au fort de Douaumont
Ils ont perdu leur âme
Sous le feu des canons
Avec la peur au ventre
Ils chantaient la Madelon
En plein mois de décembre
Quand ils montaient au front
Ils tombaient un à un

Fauchés par la mitraille
De la Marne à Verdun                                                                                      
Au coeur de la bataille
Partout des trous de bombes
Partout des trous d'obus
Comme la fin d'un monde
Qui leur tombait dessus…
Ils ont pleuré de joie

Le jour de l’armistice
Quand enfin arriva
La fin de leur supplice
Après un grand silence
Les cloches de la paix
Dans le ciel de France
Se mirent à sonner
14-18
C’était la grande guerre
C’était la der des ders
Mais cette grande guerre
Ne fut pas la dernière

Jacques Hubert FROUGIER                                                                      

Henry-Jacques

Henry-Jacques

 Didier Venturi

Didier Venturi

 Didier Venturi

Didier Venturi

Robert Tirvaudey

Robert Tirvaudey

 

 LA TRANCHEE

O jeunes gens je m’offre à vous comme une épouse
Mon amour est puissant j’aime jusqu’à la mort
Tapie au fond du sol je vous guette jalouse
Et mon corps n’est en tout qu’un long baiser qui mord

 

LES BALLES

De nos ruches d’acier sortons à tire-d’aile
Abeilles le butin qui sanglant emmielle
Les doux rayons d’un jour qui toujours renouvelle
Provient de ce jardin exquis l’humanité
Aux fleurs d’intelligence à parfum de beauté

 

Guillaume Apollinaire

Chevaux de frise

Pendant le blanc et noc­turne novembre
Alors que les arbres déchi­que­tés par l’artillerie
Vieillissaient encore sous la neige
Et sem­blaient à peine des che­vaux de frise
Entourés de vagues de fils de fer
Mon cœur renais­sait comme un arbre au prin­temps
Un arbre frui­tier sur lequel s’épanouissent
                Les fleurs de l’amour

Pendant le blanc et noc­turne novembre
Tandis que chan­taient épou­van­ta­ble­ment les obus
Et que les fleurs mortes de la terre exha­laient
                Leurs mor­telles odeurs
Moi je décri­vais tous les jours mon amour à Madeleine
La neige met de pâles fleurs sur les arbres
       Et toi­sonne d’hermine les che­vaux de frise
                 Que l’on voit par­tout
                          Abandonnés et sinistres
                                    Chevaux muets
       Non che­vaux barbes mais bar­be­lés
           Et je les anime tout sou­dain
       En trou­peau de jolis che­vaux pies
Qui vont vers toi comme de blanches vagues
                   Sur la Méditerranée
            Et t’apportent mon amour
Roselys ô pan­thère ô colombes étoile bleue
                        Ô Madeleine
Je t’aime avec délices
Si je songe à tes yeux je songe aux sources fraîches
Si je pense à ta bouche les roses m’apparaissent
Si je songe à tes seins le Paraclet des­cend
         Ô double colombe de ta poi­trine
Et vient délier ma langue de poète
         Pour te redire
         Je t’aime
Ton visage est un bou­quet de fleurs
    Aujourd’hui je te vois non Panthère
                                Mais Toutefleur
Et je te res­pire ô ma Toutefleur
Tous les lys montent en toi comme des can­tiques d’amour et d’allégresse
Et ces chants qui s’envolent vers toi
                          M’emportent à ton côté
                     Dans ton bel Orient où les lys
Se changent en pal­miers qui de leurs belles mains
Me font signe de venir
La fusée s’épanouit fleur noc­turne
             Quand il fait noir
Et elle retombe comme une pluie de larmes amou­reuses
De larmes heu­reuses que la joie fait cou­ler
       Et je t’aime comme tu m’aimes
                     Madeleine

(Poème à Madeleine, 18 novembre 1915)  Guillaume Apollinaire

Le 11 novembre 1918 ou le jour de la signature de l’armistice de la Première Guerre Mondiale…

Le Départ

Guillaume Apollinaire

Et leurs visages étaient pâles
Et leurs sanglots s’étaient brisés

Comme la neige aux purs pétales
Ou bien tes mains sur mes baisers
Tombaient les feuilles automnales

Guillaume Apollinaire, Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)

Voilà la contribution de « Chaumont sur Loire au fil du temps » à ces commémorations du 11 novembre.

 

Cela aurait pu être un tour d’horizon des écrivains comme Alain (Souvenirs de guerre), Maurice Genevoix (Ceux de 14), Blaise Cendrars (La main coupée), Pierre Chaine (Les mémoires d’un rat), Henri Laporte (Journal d’un poilu), René le Pivain (Récits, lettres et photos de guerre 1914-1918)  pour des récits.

 

Pour les romans, Roland Dorgelès (Les Croix de bois), Jean Giono (Le Grand Troupeau),

Henri Barbusse (Le Feu), René Benjamin (Gaspard), Adrien Bertrand (L’appel du sol), Joseph Delteil

 (Les Poilus), Gabriel Chevallier (La Peur), Georges Duhamel (Vie des martyrs), Jean Amila (Le boucher des Hurlus) et bien d’autres plus ou moins illustres.

 

Mais aussi des auteurs étrangers qui relatent la guerre.

Finalement la souffrance, les déchirures et la mort étaient dans les deux camps. Récits ou romans…

Ernst Jünger (Orages d’acier), Vera Brittain (Testament of Youth), T.E. Lawrence (Seven Pillars of Wisdom), Erich Maria Remarque (A l’Ouest, rien de nouveau), Ernest Hemingway (L’Adieu aux armes), Arnold Zweig (Le Cas du sergent Grischa)…

 

Et puis les BD avec Jacques Tardi (Putain de guerre !), Patrice Ordas (Ambulance 13)….

 

Je vous ai reproduit des poèmes de Guillaume Apollinaire en « favori ».

C’est un personnage singulier qui s’engage à la guerre, qui est blessé et trépané et qui meurt, juste avant l’armistice, le 9 novembre 1918.

Affaibli par sa blessure, il meurt chez lui,  de la grippe espagnole…

 

Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est un poète et écrivain français, critique et théoricien d'art qui serait né sujet polonais de l'Empire russe, le 26 août 1880 à Rome. Le 9 mars 1916, il obtient sa naturalisation française mais quelques jours plus tard, le 17 mars 1916, il est blessé à la tempe par un éclat d'obus. Il lisait alors le Mercure de France dans sa tranchée. Évacué à Château-Thierry, il est transféré vers le Val de Grâce à Paris. Il y est trépané le 10 mai 1916 puis entame une longue convalescence au cours de laquelle il ne cesse d'écrire à Madeleine.

En mars 1917, il crée le terme de surréalisme qui apparaît dans une de ses lettres à Paul Dermée et dans le programme du ballet Parade qu'il rédigea pour la représentation du 18 mai. Le 11 mai, il est déclaré définitivement inapte à faire campagne aux armées par la commission médicale et reclassé dans un service auxiliaire.

Le 19 juin 1917, il est rattaché au ministère de la guerre qui l'affecte à la Censure.

                                                                 (Renseignements sur Wikipédia)

 

La poésie peut permettre de s’évader, de voir le monde à sa manière.

La littérature, au sens large, est une bouffée d’oxygène. Par ces temps troublés où on ne peut fréquenter les bibliothèques ou acheter des livres, il me paraissait important de garder ce lien culturel.

 

Et pour revenir à Guillaume Apollinaire, il fait aussi un lien entre la littérature, la guerre et la pandémie car lui, il fut victime de la plus grande grippe de tous les temps, la grippe espagnole. Suivant la guerre des chiffres, elle a fait de 20, 50 voire 100 millions de morts dans le monde en 1918-19.

Le message d’espoir est que le monde affaibli par la guerre et cette pandémie a fini par se relever…

 

En attendant de pouvoir reprendre nos activités associatives, « Chaumont au fil du temps » vous souhaite de passer de bons moments avec vos livres. Relectures, pages à feuilleter, images à redécouvrir.

 

Prenez soin de vous.

La secrétaire

Catherine Loriot

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 09:48
Adhérents ravis de se retrouver pour un exposé culturel.
Adhérents ravis de se retrouver pour un exposé culturel.

Adhérents ravis de se retrouver pour un exposé culturel.

Grâce à un power point, riche de cartes et de tableaux de monnaies, Florian Miquelis va nous raconter "Le numéraire gaulois en Loir-et-Cher  comme expression d’une zone frontière aux confins des territoires Carnutes, Turons et Bituriges"

 

Les monnaies gauloises apparaissent en Gaule au cours du IVème siècle avant J-C  et leur production s’achève au-delà de la guerre des Gaules.

 

D’abord hérité du monde grec et réservé aux élites, le système monétaire gaulois va se structurer au cours du IIème siècle avant J-C jusqu’à la guerre des Gaules. Les formes classiques laissent place alors à l’art celtique où s’exprimera toute la créativité des graveurs gaulois. La monnaie gauloise se développera de manière singulière au sein de chacun des peuples et ses symboles traduiront les différentes expressions du pouvoir religieux et militaire, l’appartenance à un groupe régional, et reflèteront les relations commerciales entre villes et campagnes, ou encore entre peuples voisins et avec la république romaine.

 

La numismatique gauloise offre ainsi à l’historien et à l’archéologue un outil de première importance pour appréhender  les sociétés gauloises au cours de la Tène.

 

L’étude des monnaies gauloises en Loire moyenne situe le Loir-et-Cher dans une zone frontière aux confins des territoires carnutes, turons et bituriges entre trois zones d’influence que représentent la Gaule centrale, la gaule armoricaine et la gaule aquitaine. Des zones où s’opposent à la fois le numéraire, les circuits commerciaux, l’adoption de la monnaie par la population, la créativité artistique ; des zones où se traduisent l’influence des paysages et des fleuves.

Florian Miquelis lors de l'exposé. Il répond ensuite aux questions des adhérents.
Florian Miquelis lors de l'exposé. Il répond ensuite aux questions des adhérents.

Florian Miquelis lors de l'exposé. Il répond ensuite aux questions des adhérents.

Photos C. Loriot

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 09:34
ASSEMBLEE GENERALE du 18 septembre 2020

PROJETS

1) Les sorties mensuelles 

*Elles vont reprendre en octobre (toujours avec les consignes sanitaires en cours).

Le sujet sera sur la numismatie par les trouvailles en archéologie. Monnaies, fiefs. Ceux qui battent monnaie dans les environs.  

*La guerre de 1870 sera un sujet important car méconnu. Il s’en est passé des choses dans la région. « On ne parle pas d’une défaite » mais cette guerre a engendré les 2 suivantes et a fait chuter l’Empire français et puis des noms comme Denfert-Rochereau, Gambetta, Bismarck sont connus. Qu’ont-ils fait ? Replacer le monument Thomas Charpentier à la sortie de Chaumont allant vers Rilly, dans le conflit mondial, avec des cartes, les victoires, les défaites et les conséquences. Pour novembre et décembre.

*Les essais nucléaires dans le Pacifique et le Sahara pour le début de l'année prochaine.

*Reprogrammer une sortie avec les bateaux pour la flore et la faune sur le terrain, à la belle saison.

*Voir aussi la modification des paysages par la cartographie et les témoignages qu’on peut encore recueillir et qu’on peut enregistrer.  

Plein de sujets à travailler et des recherches en perspective !

2) Le 2ème bulletin de l’Association avec les compétences de Bertrand Demoly comme graphiste. Tout le monde s’accorde à dire que le bulletin ainsi présenté est une réussite dans la forme et le fond.

3) Continuer la mise en place de la communication concernant les plaques en lave émaillée vers les habitants, l’école et les touristes (marque pages, sets de table…)

4) Continuer le lien avec les associations alentours sur le patrimoine vivant et bâti.

5) Toujours faire preuve de vigilance avec les institutionnels.

 

Le bilan d’activités et les projets sont soumis au vote de l’Assemblée. Ils sont acceptés à l’unanimité.

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