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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 09:11

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?

 

Deux grandes voies de communication, une route et un pont suivi d’une autre route, furent construits à Chaumont sur une trentaine d’années, entre 1830 et 1860. Ceci modifia considérablement le bourg et le village.


 La-route-en-Centre-Bourg.JPG

La Route Départementale n° 3 traverse le bourg en suivant la Loire - Photo 1915 CPA Coll. privée


 

Le bourg de Chaumont  avant 1860 était en fait, depuis des siècles, tourné vers la Loire. La pêche et le passage des mariniers, avec l’agriculture, rythmaient la vie de ces gens de Loire. C’était plutôt une vie en semi-autarcie.

 

Le village était difficilement accessible par terre ; les grandes routes actuelles n’existaient pas. Pour joindre les villages de Rilly, Vallières et Pontlevoy, le plateau et la forêt, on devait arpenter le coteau par des chemins de terre pierrés, construits dans les tertres : de la Gautrie, des Arnaises, de la Pommerie, de l’Aumône ou du Goualoup, de la Goutechalière, …

Pour rejoindre Candé, le val s’élargissait et on empruntait un chemin de bord de Loire, dans les varennes ou au pied du coteau.

Pour aborder les villages de la rive droite de la Loire, on avait recours à un passeur entre Ecures et Saint Martin.

  

Après la Révolution Française et le Premier Empire, le commerce vers l’extérieur se développa progressivement. De nouveaux moyens de déplacement virent le jour comme le train avec une gare à Onzain. Un besoin de voies de communication, pour le transport des produits (pierres, grains, vins…), apparu. Un certain développement se fit jour. Chaumont ne dérogea pas à la règle.


La Route Départementale n° 3, d’Orléans à Tours sur la rive gauche, passa à Chaumont. Elle suivit la Loire et de grands travaux eurent lieu dans le village entre 1820 et 1830 : on abattit des maisons, une tuilerie, la chapelle de St Martin ; on retailla le coteau ; on construisit des perrés pour éviter à la Loire de « mordre » dans le coteau.


Carrefour à St Martin

A St Martin devant le Prieuré, la route a été tracée au pied du coteau. La chapelle située devant a été détruite.  Le pont fut réalisé en 1858 et traversa la cour du prieuré, séparant de ce fait la ferme de sa grange. CPA. Coll. Privée

 

RD-14-au-Carroir.JPG

Devant le Carroir, la route de Blois à Amboise fut tracée. Des maisons furent détruites, d’autres alignées et la rampe d’accès à la Loire déplacée. CPA Coll. privée

 

La Route Neuve fut tracée dans le ravin des Arnaises entre la RD n° 3 et la Jacquière. L’adjudication des travaux eut lieu en 1855. Cette route de Grande Communication  n° 14 se continuait jusqu’à Pontlevoy ; on initia un nouveau tracé vers les Vaux, l’Hotellerie, l’Ermitage et on traversa la forêt de Sudais.


Route-Neuve-dans-le-ravin-et-rue-de-la-Pommerie-dans-le-ter.jpg

Photo actuelle : Route Neuve qui fut construite en 1855 dans le ravin.; Rue du Tertre de la Pommerie desservant autrefois le Frédillet et les Places mais aussi route d’accès vers Rilly et Pontlevoy. Photo. J. Girard

 

En 1858, le pont de Chaumont-Onzain fut construit à l’emplacement du pont actuel.

A partir de ce moment, on pouvait circuler dans le village d’Est en Ouest et du Nord au Sud sans difficulté.

Cet indispensable développement d’infrastructures routières modifia profondément le paysage. Pour autant il n’apporta que peu de développement économique mais en revanche,  il crée de nos jours une gêne pour la vie des habitants qui doivent composer avec une circulation routière incessante et dense.

 

Document réalisé par Joël GIRARD

"Chaumont au fil du temps"

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 14:32

 

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?


Une glacière existe encore près du château de Chaumont. Elle était utilisée autrefois par les habitants du château pour refroidir les aliments et boire frais l’été.

 

La glacière du château de Chaumont se trouve au bord du ravin, près du chemin dans le tertre du Goualoup. Son emplacement a été choisi pour son accès : des voitures à cheval et des tombereaux pouvaient accéder facilement pour son remplissage ; la distance entre les cuisines du château et la glacière était réduite ; elle était placée dans un endroit frais sous les ombrages ; il était possible de la débarrasser des glaces anciennes et de l’eau, dans le ravin, avant tout remplissage.

 Glaciere-de-Chaumont--pres-des-ecuries.jpg

Glacière aujourd’hui envahie par les herbes, au bord du ravin du Goualoup, près des écuries.


Son remplissage avait lieu chaque hiver et les ouvriers du château et des fermes  approvisionnaient la glacière de la glace prélevée dans les fosses et les étangs du Domaine.

 Etang-de-la-Rossignoliere.jpg

Etang de la Rossignolière qui servait , entre autres, à la récolte de la glace en hiver.


La glace déversée dans la glacière était concassée et amalgamée pour ne faire qu’un seul bloc et ainsi elle restait en glace jusqu’à l’hiver d’après. Après son remplissage la glacière était recouverte d’un toit de paille et de brémailles afin de protéger la glace de la chaleur, de l’humidité et des souillures extérieures.

La glacière, toujours présente, est constituée par un cône dans la terre d’environ 7 mètres de profondeur et de 9 mètres de diamètre. L’intérieur est tapissé de pierre et l’on peut accéder au fond par un escalier de pierre de taille. Les bords dépassent la surface du sol d’environ 80 cm.

 Dessin-Glaciere-a.jpg

Schéma de la glacière de Chaumont lorsqu'elle était en activité.


Présentes dans beaucoup de demeures seigneuriales avant le début du 20ème siècle, les glacières faisaient partie des aménagements de confort tout comme l'éclairage électrique et le chauffage central arrivés précocement à Chaumont à la fin du 19ème siècle.


Document réalisé par Joël GIRARD (textes et photos)

 "Chaumont au fil du temps"

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 23:42

A Chaumont-sur-Loire,...

                     ... le savez-vous ?


Quel temps faisait-il donc à Chaumont durant l’année 1879 ?

Réchauffement climatique…pluies incessantes et grisaille persistante : c’est un des thèmes majeurs dans les conversations de ce début d’année 2013 ! Remontons le temps pour voir si la météo tenait une place aussi importante dans les préoccupations de nos ancêtres.


Pour cela, les nombreuses lettres de Charles Guilpin, régisseur, adressées au prince de Broglie, propriétaire du  Domaine de Chaumont à la fin du 19e siècle, sont riches en informations. En voici quelques courts extraits.

31 décembre1878 : Il nous est subitement arrivé une crue dans la nuit de dimanche à lundi. La Loire était grande mais elle a crû extraordinairement. Lundi matin toute la prairie était inondée.

9 janvier 1879 : Hier et avant-hier il a fait un temps affreux : pendant deux jours, par un vent d’Est, il a tombé de l’eau et de la neige qui se congelaient ensemble. Les arbres sont tellement chargés de glace qu’ils rompent sous le poids….Les branches craquent et tombent de tous côtés, ça fait peine de voir les arbres s’abîmer ainsi. Nos vieux ormes souffrent le plus.

24 janvier 1879 : Le verglas dont j’entretenais Monsieur le Prince, il y a quelque temps, n’était rien à côté de celui que nous avons en ce moment. De mémoire d’homme, on n’a vu pareille chose. Le parc est dans un état déplorable… On ne peut se faire une idée d’un pareil désastre… On craint beaucoup pour le blé et même les vignes… Je crains beaucoup pour le gibier, les perdrix principalement…

C’est une désolation dont Monsieur le Prince ne peut se faire une idée. Du côté pittoresque, c’est curieux car on n’a jamais vu cela…

25 janvier 1879 : Il fait un brouillard qui augmente encore le verglas. Le vent est toujours au N.E. A chaque instant des branches et même des arbres tombent encore de tous côtés. Tout le monde en est consterné.

26 janvier 1879 : Le verglas commence à fondre. Les arbres se déchargent un peu. Mais quel désastre !

5 février 1879 : Nous passons un bien mauvais hiver : les neiges, le verglas, les pluies, tout se succède de façon à empêcher complètement les travaux du dehors… Tout sera bien en retard cette année. Les terres et les bois sont bien inondés.

19 février 1879 : Nous avons toujours du mauvais temps : il n’est guère de jours sans qu’il pleuve.

27-02-1879 : Nous sommes toujours au mauvais temps. Lundi il a neigé une partie de la journée et hier matin nous avions une assez forte gelée. Aujourd’hui le temps est encore à la neige.

27 mars 1879 : Je profite du beau temps pour faire mes plantations en retard… Tout le monde voudrait rattraper le temps perdu.

16 mai 1879 : La température est tellement variable et froide que la végétation en souffre beaucoup. On craint beaucoup la gelée. La Loire vient encore de couvrir une partie de la prairie.

07 juillet 1879 : Nous avons un temps frais bien contraire à toutes les récoltes. Elles sont 3 semaines en retard sur une année ordinaire.

21 juillet 1879 : Il fait un temps froid qui contrarie bien les récoltes…Il pleut presque chaque jour assez pour entraver la rentrée des fourrages qui n’auront pas grande qualité.

31 juillet 1879 : Voici enfin le beau temps. On commence la moisson la semaine prochaine. Dans les vignes l’oïdium fait son apparition. On emploie en ce moment beaucoup de souffre pour le combattre.

31 août 1879 : Le mauvais temps contrarie sans cesse la rentrée des récoltes…On ne vendangera pas avant le 15 octobre. La quantité et la qualité laisseront beaucoup à désirer.

5 décembre 1879 : Nous venons, ces deux nuits dernières, d’essuyer deux tempêtes de neige comme nous n’en avions pas vu depuis longtemps…

Et c’est un nouvel hiver très rigoureux qui commence !...Le thermomètre va descendre jusqu’à -19 degrés et la Loire, après avoir charrié d’énormes glaçons, va être complètement prise le 20 décembre.

La lecture de ces lettres qui se trouvent aux Archives Départementales de Loir-et-Cher apporte une bonne connaissance de la vie des habitants de Chaumont de 1875 à 1916.

 

Crue de 2003 à Chaumont

Crue à Chaumont en 2003


 

Neige et glaçons sur la Loire à Chaumont en 2012

Neiges et Glaçons sur la Loire en 2012


 

Glaçons sur la Loire à Chaumont en 1964

Glaçons sur la Loire en 1964

 

Document réalisé par Chantal BASSAN

 "Chaumont au fil du temps" 

chaumontaufildutemps@laposte.net

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 19:48

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?

 

Une des premières fabriques de sucre de betterave est installée à Chaumont au début du 19ème siècle par Jacques-Donatien LERAY de CHAUMONT Fils.


 La Pommerie à Chaumont-sur-Loire

La propriété de la Pommerie à Chaumont-sur-Loire, près du Château - Photo : C. Roques 


Avant la Révolution Française, le sucre consommé en France était le sucre de canne des Antilles. On ne savait pas produire artisanalement le sucre à partir de la betterave.

En 1806, le Blocus continental infligé par Napoléon au Royaume-Uni  empêche tous commerces par la mer. De ce fait, il prive la France de l’arrivée du sucre venant des Antilles.

Il s’ensuit une pénurie qui va engendrer des recherches sur la production de sucre à partir de la betterave.

En France en 1810, Benjamin Delessert poursuit à Passy les recherches des Prussiens, Magraff et Achard sur la fabrication du sucre à partir de betterave et réussit à mettre au point un nouveau procédé.

Parallèlement dès 1804, près d’Amboise, Jean-Antoine Chaptal travaille dans sa propriété de Chanteloup notamment sur la culture de la betterave, l’extraction du sucre, la transformation du sucre en alcool (chaptalisation)… Il publie en 1815 un « Mémoire sur le sucre de betterave » suite à ses propres expériences menées sur sa propriété agricole.

En 1812, Napoléon favorise en France la fabrication du sucre, crée des écoles de chimie, des fabriques impériales. Il accorde des licences aux personnes désirant fabriquer du sucre de betterave.


Le 2 juillet 1756, Jacques Donatien Le Ray, seigneur de Chaumont-sur-Loire, devient propriétaire de la maison de la Pommerie située « en haut du tertre qui conduit du frédillet à la rivière de Loire ». Il meurt en 1805 et son fils Jacques Donatien lui succède.

Vers le début du 19ème siècle, Le Ray de Chaumont installe dans la maison de la Pommerie, une raffinerie de sucre de betterave. Celle-ci est équipée d’un matériel important, une douzaine de chaudières, des râpes, des presses et des récipients pour recueillir le sucre. La raffinerie possède une distillerie puisqu’elle est pourvue également d’un alambic et de cuves de fermentation.


la culture de betteraves

La culture de la betterave à sucre : le binage - Gravure (collection privée)


 Les racines de betteraves sont produites dans les différentes métairies et fermes, propriétés du domaine de Chaumont : Quenault, Bury, l’Hôtellerie, les Petit et Grand Maindray, la Colinière, la Rossignolière, l’Herpinière.

 Jacques Donatien Le Ray fils était, dans la lignée de son père, un créateur et développeur de modernisme pour l’époque.

 En 1819, Jacques Donatien Le Ray fils est installé aux Etats-Unis d’Amérique dans l’état de New York et ne peut gérer son domaine. Il donne à titre de ferme, à Thérèze-Elizabeth Le Ray, sa sœur, l’ensemble de la terre de Chaumont-sur-Loire, y compris le château. Elle en devient donc fermière générale. Celle-ci passera bail avec les métayers des fermes du domaine et réservera alors 7 arpents de terre (4 ha 25 a) par métairie pour la culture des betteraves, les métayers devant assurer la culture, la fumure et deux façons culturales au cours de l’année.


La superficie ainsi cultivée à Chaumont était de 46 arpents (27 ha 95 a).

 

Jacques Donatien fils tenait beaucoup à ses manufactures. Dans le bail passé avec sa sœur, il précise qu’« il convient d’avoir soin d’entretenir l’activité des manufactures et particulièrement celle de sucre ».

 

Cette sucrerie a continué d'exister après 1830, peut-être jusque 1840 ou 1845.


les sucres

Variétés de sucres produits de nos jours - Photo : Le grand livre du sucre éd. Solar


Les registres paroissiaux nous livrent les noms de  Antoine et Henri GUILLAUME, raffineurs en sucre à Chaumont entre 1816 et 1830.

 

En 1815 après la chute de l’empire et la levée du blocus, le sucre de canne fit son retour en France et les cours du sucre s’effondrèrent…

 

Origine des documents : Arch. Dép de Loir-et-Cher : "Minutes du notaire de Chaumont"

 Document réalisé par Joël GIRARD

 "Chaumont au fil du temps"  :  chaumontaufildutemps@laposte.net

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 15:05

 

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?

 

Chaumont, village construit en pays calcaire.

Les touristes et invités sont étonnés lors de leurs ablutions de ne pouvoir se débarrasser facilement de la mousse de savon…

L’eau distribuée n’est donc pas calcaire ?

 

Pourtant, depuis des siècles, on extrait des blocs de tuffeau du sous-sol (vallée du Cher, de la Loire, du Loir) pour édifier nos châteaux (Chaumont, Chambord, Cheverny, Chenonceau …) et nos demeures.

Les nappes phréatiques devraient être saturées de calcaire.

Or à Chaumont, il n’en est rien…tout est limpide et non pollué. Bizarre !

  

Etudions donc le sous-sol et la nappe de captage au lieu-dit « La Cochetière ». 

 Ce forage descend à 265 mètres dans la couche de sables du Cénomaniens. Celle-ci est protégée par une épaisseur d’argile imperméable d’une centaine de mètres. De ce fait, il ne peut y avoir d’infiltration dans la nappe phréatique donc pas de pollution environnementale.

 

Mais alors ! D’où provient l’eau s’il n’y a pas d’infiltration ?

De la couche non imperméable et à effleurement des environs de Vierzon.

Coupe-geologique-entre-Chaumont-sur-Loire-et-Vierzon-.jpg 

Coupe transversale géologique entre Chaumont-sur-Loire et Vierzon

 

Cette eau d’infiltration par gravitation met 35 000 ans pour parcourir les 70 km séparant Chaumont de Vierzon.

Vous avez bien lu, il n’y a pas d’erreur de zéros. En effet l’eau n’avance que de 2 mètres par an ; donc pour parcourir 70 km il faut ………………………35 000 ans.

Ainsi actuellement nous buvons l’eau de pluie tombée il y a 35 000 ans. 

 

En ces temps-là, vivaient les hommes de Cro-Magnon dans les grottes de Lascaux - Sources Wikipédia

 Grotte-de-Lascaux.jpg

Malheureusement, la nappe phréatique n’est plus assez alimentée par les précipitations actuelles pour subvenir aux besoins journaliers des habitants de Chaumont.

Attention, attention, prudence !

 

Document réalisé par J.J Paumier  avec l’aide de Franck Hanot

"Chaumont au fil du temps"

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 21:16

 

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?

 

Une charge de notaire était installée à Chaumont-sur-Loire sous l’Ancien Régime. Elle perdura après la Révolution Française jusqu’en 1825.

 

Les indications du lieu d’exercice, sur les actes, précisent « notaire au baillage de Chaumont » ou « notaire en la châtellerie de Chaumont » ou « notaire au comté de Chaumont » suivant les époques.

 

1811-Extrait-d-une-declaration-de-grossesse-.JPG

Extrait d’une minute – déclaration de grossesse – du notaire de Chaumont Orien Marais du 22 avril 1811

 

Le dernier notaire de Chaumont, Orien Marais, a exercé sa charge durant 55 ans de 1771 à 1825. Il a passé les grands chamboulements autour de la Révolution Française, de la Royauté à la Restauration en passant par la Constituante, la Première République, le Directoire, le Consulat et l’Empire. Il fut tout à tour notaire royal, notaire républicain et notaire impérial, formulant ses actes au nom du Roy, de la République et de l’Empire.

Il rédigea de nombreux actes, dont il reste les minutes : pour LERAY de Chaumont, des baux de fermes, des baux de passages en Loire, des inventaires, des ventes, mais également pour d’autres personnes, des déclarations de grossesse, des contrats d’enrôlement, des contrats d’apprentissage, des contrats de mariage, des actes de partages, des constats d’avaries en Loire …

 

1811 Déclaration de Grossesse Signature du notaire Marais

Signature originale du notaire Orien Marais  à la fin de la minute – déclaration de grossesse

 

Avant lui, plusieurs notaires royaux se sont succédé. On peut noter François Lecomte (1768-1770), Christophe Lamotte (1745-1768), Jacques Turmeau (1715-1745), Jean Crochet (1690-1715) et son père Jacques Crochet (1648-1690), Delaunay (1648-1656)…

 

Signatures-Lamotte-Crochet-et-Turmeau.JPG

Signature des Notaires Lamotte, Crochet et Turmeau

 

D’autres notaires signalés comme notaires à Chaumont rédigèrent des actes comme Delaboulay, Debloy, Coupeau Pierre, Demousseaux Jacques, Nouveau Jean, Briant Pierre 1er , Lhermenier Jacques et Briant Pierre. Ils habitaient dans un village environnant comme à Veuves ou Vallières.

Les Archives Départementales de Loir-et-Cher en possèdent les minutes (réf. 3 E 5 /…). Elles ont été déposées par les notaires d’Onzain qui avaient repris les études.

Chaque année, ce sont une centaine d’actes qui était produits.

 

Origine des documents : Arch. Dép de Loir-et-Cher 3 E 5/448

Document réalisé par Joël GIRARD

 "Chaumont au fil du temps" 

chaumontaufildutemps@laposte.net

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 12:53

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?

Peu après la fin de la guerre 1939-1945, une plaque commémorative  est installée dans les bois de Sudais. C’est en ces lieux que se réunissaient dans la clandestinité les membres du Comité Départemental de Libération (CDL) et les soldats sans uniforme qui chassèrent l’occupant.


Plaque-commemorative-Resistance-Foret-de-Sudais.jpg

Plaque commémorative posée dans la forêt de Sudais en 1989 - Photo : Coll. privée


Cette plaque, suite à des travaux forestiers, avait été déplacée et avait fini par disparaître.

Le 3 septembre 1989, une grande manifestation du souvenir se déroula au cœur de la forêt de Sudais, à une croisée de chemins. Une nouvelle plaque, portant les mêmes inscriptions que la précédente, fut dévoilée par deux Chaumontais, Madame Fromentin Germaine, rescapée de Ravensbrück et Monsieur Cordelet William dont ni le père ni le frère ne revinrent des camps de Buchenwald et de Neuengamme.

Cette plaque est encore présente aujourd’hui.


Commemoration--Resistance-Foret-de-Sudais.jpg

Cérémonie commémorant  les réunions clandestines du CDL et des résistants - Photo : Coll. privée


Aujourd'hui, 7O ans après les faits, le discours de 1989 vibre encore…

« Il paraît difficile, après tant d’années, d’imaginer sous ces ombrages la présence furtive d’honnêtes gens persécutés parce qu’ils avaient choisi le dur chemin de la Résistance, plutôt que celui de la capitulation et de la soumission à l’occupant….

C’est pourtant sous l’accueillante complicité de ces futaies que des hommes déterminés, responsables de divers mouvements de Résistance se retrouvaient pour élaborer ensemble les moyens d’un combat difficile qui devait à la fois chasser l’ennemi et assurer au Pays une autorité légitime ».

Et l’orateur poursuit...

« L’une des premières décisions du C.D.L. fut de désigner à la Résistance un chef militaire unique pour coiffer l’ensemble des Forces Combattantes du Loir et Cher, qui depuis longtemps déjà, en dépit d’une répression féroce se préparaient au combat libérateur par la réception de parachutages d’armes, les sabotages et autres actions de renseignement. La commune de Chaumont, les communes environnantes ont payé un lourd tribut à la Résistance…..

Et c’est encore dans le bois de Sudais, quelques jours après le débarquement du 6 juin 1944, que le colonel VALIN de la VAYSSIERE fut choisi et confirmé dans les fonctions de Chef Départemental des Forces Françaises de l’Intérieur ». 

Dans le département, les Résistants s’étaient organisés et cela allait suivre dans toute la France...

« Quelques semaines plus tard, les F.F.I. passaient à l’action aux quatre coins du Pays ».


CFT-en-visite-en-2004.JPG

Les membres de l’association « Chaumont au fil du temps en visite en forêt de Sudais en 2004 accompagnés de Maurice Robert, garde de la forêt et de William Cordelet – Photo : Joël Girard


Document réalisé par Joël GIRARD avec l’aide de Jacqueline et Michel VIOU 

             "Chaumont au fil du temps"  chaumontaufildutemps@laposte.net

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 22:39

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?


Une éléphante, « Miss Pundji », vécut la vie de château à Chaumont-sur-Loire quelques années au tout début du 20ème siècle.

Pundji en compagnie de la Princesse, du baron de Cassin et

« Miss Pundji » peu de temps après son arrivée en compagnie de la princesse de Broglie, du baron de Cassin et de Ping Hanny – Photo inédite  : collection privée


Les propriétaires du château arrivés en 1875, le prince et la princesse Amédée de Broglie, ont apporté à Chaumont une nouvelle jeunesse. Ils ont transformé le domaine, l’ont restauré, agrandi, restructuré, embelli. Mais ce travail gigantesque, ne leur empêchait pas de vivre également  à Paris dans leur hôtel particulier de la rue de Solférino, de partir en voyage ou en croisière dans des lieux originaux et dépaysants. Ils aimaient se rendre en Inde, chez un de leur ami le Maharadjah de Kapürthala, avec lequel ils partageaient notamment la passion de la chasse. Celui-ci venait aussi à Chaumont.

Punji et une petite fille

L’éléphante avec son cornac indien, portant une fillette - Photo inédite : collection privée


En 1898, le Maharadjah offrit aux Princes, une éléphante. Un cornac indien, Ping Hanny, arriva avec l’animal. Il resta quelques temps pour s’occuper de Pundgi puis fut remplacé par un second, Kiry Sadoon. L’éléphante de la taille d’un ânon à son arrivée, grossit rapidement pour devenir par la suite un peu encombrante. Néanmoins elle faisait la joie de ses propriétaires, des invités et des Chaumontais. Elle était liée à la vie du château ; elle transportait sur son dos les visiteurs et participait aux chasses.

Pundji-en-tenue-d-apparat.JPG

« Miss Pundji » harnachée de son palanquin d’apparat en compagnie de son cornac français – CPA : collection privée


Malgré cela il fallait s’en occuper, la surveiller, réparer ses dégâts, la nourrir ; elle mangeait très copieusement, une nourriture appropriée. Au grand désespoir de ses maîtres et des habitants de Chaumont, sa présence et son comportement devenant trop compliqués, il fallut s’en défaire et en 1906 elle partit continuer sa vie à Paris au jardin d’acclimatation.

Document réalisé par Joël GIRARD

            Un livret a été réalisé en 2004. Il retrace l’histoire de l’éléphante et présente plusieurs photographies et reproductions de CPA.

On peut se le procurer auprès de l’association : "Chaumont au fil du temps" 

02 54 20 95 67 - chaumontaufildutemps@laposte.net

Les deux photographies de cet article proviennent d'une collection privée. Elles sont interdites de reproduction. 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 17:39

A Chaumont-sur-Loire,…

                             …vous le savez sans doute déjà ?

 

Pourquoi « Le Village Neuf » ?  Pourquoi ce nom pour le hameau situé en haut de la « Côte » de Chaumont, longtemps appelée " La Route Neuve" ?


Plusieurs-maisons-du-village-neuf.jpg

Arrivée au Village Neuf par la route de Pontlevoy- Photo C. Roques


A cet emplacement, en 1875, quand Melle Marie Say (épouse de Broglie quelques mois plus tard) achète le château de Chaumont, il n’y a que des terres agricoles.

Par contre,face au château, se trouvent 2 villages, le Frédillet et les Places : une vingtaine de maisons, des granges, des bâtiments et ateliers divers. L’activité y est intense. Les paysans vont et viennent avec charrettes et chevaux, les vignerons s’affairent autour du pressoir, le charron tape sur son enclume du matin au soir et le débit de boissons accueille les uns et les autres…

Bourg château et anciens villages Cadastre Napoléonien en

Extrait du cadastre Napoléonien - Le bourg, le château et les villages des Places et du Frédillet - Arch. Dép. de Loir-et-Cher


Les bâtiments sont vétustes, souvent partagés par plusieurs familles qui vivent ici depuis longtemps. C’est la vie quotidienne d’une petite commune rurale qui se déroule là, sous les fenêtres du château…

Pour les nouveaux propriétaires du Domaine de Chaumont qui accueillent de nombreux visiteurs parisiens, ce spectacle est un peu gênant !  D’autant plus que, lors des enterrements, pour aller de l’église (située sur le coteau, près du château) au cimetière (qui a été transféré au sud du Frédillet) le cortège doit emprunter un chemin qui passe devant le château…

Alors, aidé par son régisseur, Charles Guilpin, le prince de Broglie élabore un vaste plan visant à faire disparaître toutes ces servitudes pour créer un parc digne de ce nom. Pour cela, Les Places et Le Frédillet doivent disparaître !...

Les négociations avec certains habitants de ces 2 hameaux vont être âpres et longues…

Quelques-uns veulent faire monter les prix proposés par le Prince, d’autres refusent catégoriquement de quitter les lieux.

Le temps passe…Les premières maisons sont démolies et vont être reconstruites sur les terres inhabitées des Argillons, appartenant à la Princesse. Onze parcelles sont ainsi réparties entre ceux qui le souhaitent (certains ont préféré prendre leur argent et se débrouiller par eux-mêmes). Des maisons sortent de terre peu à peu et ainsi naît un nouveau village, « Le Village Neuf », parfois appelé « Les Argillons ».

Extrait du plan de Granger en 1880

Plan de Granger de 1880, réalisé lors de la mise en place du Village Neuf - Archives notariales privées


Les premiers habitants arrivent en 1883. La vie commune s’organise : on creuse un puits, une « fosse » pour les animaux, des fossés pour l’alimenter…Chacun donne 5 mètres de son terrain pour créer un chemin privatif le long des « Allées du Château ». On va installer une croix au carrefour, un lampadaire, une boîte à lettres… Un acte récapitulatif est signé par la Princesse et tous les propriétaires, chez le notaire, le 27 Août 1887, où figurent de nombreux renseignements.

Le Village Neuf va connaître un rapide développement : un charron, un maréchal-ferrant y reprennent leur activité, d’autres maisons se construisent à proximité, une épicerie s’y installe, puis une deuxième un peu plus tard.

 Maisons-du-village-neuf-dans-leur-environnement-vegetal.jpg

Maisons du Village Neuf insérées dans leur environnement végétal Photo C. Roques


A la même époque, Chaumont est l’objet de bien d’autres transformations importantes  qui donneront une physionomie tout à fait nouvelle à ce petit bourg rural.

Document réalisé par Chantal BASSAN

            Un livret a été réalisé en 2005 qui retrace plus longuement l’histoire du Village Neuf. On peut se le procurer auprès de l’association: "Chaumont au fil du temps" 

02 54 20 95 67 - chaumontaufildutemps@laposte.net

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 23:10

A Chaumont-sur-Loire, …  

        …le savez-vous ?

 

A la fin du 17ème siècle, François de Sabrenois (1), Seigneur de l’Herpinière, s’engagea sur le bateau « l’Amphitrite » pour un premier voyage en Chine.

 

Jean Jourdan de Groucé, homme d’affaire marseillais, organisa ce premier voyage. Il fut autorisé par le roi Louis XIV à armer la frégate royale l’Amphitrite, aux mêmes droits et privilèges que la Compagnie Royale des Indes.

 fragment-d-une-minute-du-notaire-de-Chaumont-du-3-fevrier-.JPG

Fragment d'une minute du notaire de Chaumont-sur-Loire - Origine : Archives Départementales de Loir-et-Cher

 

François de Sabrenois, Seigneur de l’Herpinière fut engagé en qualité d’enseigne de vaisseau moyennant un appointement de cinq cent livres par mois. Le voyage dura près de 2 ans et demi. Avant son départ il se rendit, le 5 février 1698, chez le notaire de Chaumont, Me Crochet. « Vu le danger qu’il y avait de faire ce grand voyage à partir de Rochefort pour aller au Royaume de la Chine », il désira ne pas partir sans ordonner de sa dernière volonté : « Premièrement veut et entend que si Dieu dispose de lui pendant le dit voyage ou à la fin d’ycelluy ses biens meubles et immeubles soient et demeurent à perpétuité à Damoiselles Marie et Charlotte de Sabrenois ses sœurs et ce pour la bonne amitié qu’il leur porte ». Et s’il ne devait pas revenir « …à la charge de par les dites sœurs de prier et faire prier Dieu pour lui ».

 

François revint de ce voyage en Chine. Ensuite, il s’engagea en 1702 sur la frégate de la marine royale, « la Matine ». Il mourut en service comme enseigne de vaisseau du roi vers 1708…

 

La frégate l’Amphitrite, d’une puissance défensive de 40 canons, mit les voiles au port de Rochefort à destination de Canton, le 6 mars 1698, chargée de marchandises du royaume.

 

De la Chine, au départ de Canton où fut établit le premier comptoir, la frégate rentra en France chargée de marchandises chinoises méconnues alors. Elle arriva le 3 août 1700 au port de Lorient.

Vers la fin de l’année fût organisée à Nantes la première vente « au plus offrant » du fret de retour. Pour la première fois en France on dispersa de la porcelaine de Chine : « 167 barses (caisses) de porcelaines » parmi lesquelles se trouvaient des urnes, aiguières, soucoupes, plats, assiettes ...  Cette vente souleva un très vif intérêt pour les acheteurs et le public.

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 Ferme de l'Herpinière à chaumont-sur-Loire aujourd'hui - Ancienne seigneurie de l'Herpinière Photo : J. Girard

 

(1) François de Sabrenois, Chevalier, Seigneur de la Herpinière était le fils de Messire Pierre de Sabrenois (+ vers 1679), Chevalier, Seigneur de Boissacq et de l’Herpinière et de Dame Marie Charlotte de Massol. Devenue veuve, elle se remarie avec Adam François Vaudin, Ecuyer, Seigneur de Lombreuil, avocat au Parlement de Paris.

François avait deux sœurs, Charlotte Olympe et Marie Antoinette.

La famille de Sabrenois devint propriétaire de la seigneurie de l’Herpinière vers 1675 et la garda jusque 1744.

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