Culture, patrimoine, histoire, sont les maîtres-mots pour définir les actions de l'association Chaumont-sur-Loire au fil du temps, dans ce lieu patrimonial classé par l'UNESCO.
Au sein de l’association « Chaumont au fil du temps » on en parlait depuis des mois voire des années de faire un dernier acte sur la dernière guerre évoquée : 1939-1945. On avait éliminé les plages du Débarquement car c’était bien connu. Ce qui l’était moins, c’était les engins terribles de destruction V1, V2 et les bunkers du Nord-Pas de Calais ; l’incroyable opération « Dynamo » à Dunkerque ; le sujet des villes détruites dont le Havre et la Reconstruction. J’ai mis en place un circuit qui puisse tenir en un WE. Les réservations de l’hébergement à Boulogne sur Mer se font fin décembre. Les réservations pour les salles de restaurants du Havre, Boulogne et Dunkerque se mettent en place aussi en décembre 2025. Les réservations d’accueil pour les musées se font en janvier- février 2026.
Tout est en place pour partir en WE … à 6h du matin des bords de Loire, en ce samedi 11 avril 2026.
Tout le monde est là avant 6h. On charge les bagages et on part. On prend l’autoroute à Autrèche. Vu l’heure matinale, dans le bus, beaucoup sont retournés au pays des rêves. Un peu plus tard, quand il fait jour, Franck retrace les grandes dates de la 2ème guerre mondiale. Il redit les limites de la zone occupée en mai 1940. Toute la zone côtière de Dunkerque à Biarritz est sous contrôle allemand. Le Nord-Pas de Calais est en zone directement administrée par les militaires allemands. Elle ne dépend pas du gouvernement de Vichy.
LE HAVRE: notre première destination.
On reprend l’histoire chronologique des bombardements du Havre.
Pendant la 2ème guerre mondiale, le port du Havre fut utilisé par l'armée britannique pour ravitailler ses troupes dès 1939. Puis, à partir du 19 mai 1940, commencèrent les premiers bombardements allemands pour que les Britanniques la quittent. Le 9 juin, le ciel s’assombrit : les réservoirs des pétroles étaient la proie des flammes.
Le maire du Havre, Léon Meyer met en place un plan d'évacuation totale de la population havraise. Enormes embouteillages !
Après l'armistice de juin 1940, la ville fut occupée par les Allemands qui y préparèrent une attaque contre le Royaume Uni, ce qui entraîna de nouvelles destructions. Les dommages les plus importants survinrent les 5 et 6 septembre 1944, l'objectif étant de faciliter le ravitaillement et la progression des troupes alliées débarquées trois mois plus tôt en Normandie lorsque les Britanniques détruisirent presque complètement le centre-ville pour affaiblir l'occupant.
La libération eut un goût très amer pour les Havrais et marqua durablement la mémoire collective. Restée sujette à des raids alliés incessants jusqu'en septembre 1944, le bilan établi en 1945 s’avère extrêmement lourd : le centre-ville n’est plus qu’un gigantesque champ de ruines et la ville devient l'une des plus sinistrées d'Europe avec 5 000 morts, 80 000 sinistrés (dont 40 000 sans-abris) et 12 500 immeubles détruits.
On va arriver à l’église St Joseph, pièce maitresse de la Reconstruction du Havre.
La Reconstruction au Havre (Notes d'après Wikipédia)
Au printemps 1945, Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, confie le projet de reconstruction du centre-ville du Havre à l'atelier d'Auguste Perret « seul architecte pouvant se prévaloir en France d'un atelier organisé ». En 1945, l'Atelier de Reconstruction du Havre est constitué et comprend, outre Auguste Perret, dix-huit architectes-collaborateurs. L’Atelier Perret ne songe pas à reconstituer la ville ancienne mais plutôt à appliquer à la lettre leurs théories pour édifier une ville neuve, symbole d’une France renaissante. Entièrement rebâti en béton armé Le Havre fait alors l'objet d'une expérience de reconstruction unique en son genre par son étendue, les procédés urbanistiques (remembrement, copropriété), la cohérence constructive et les techniques de préfabrication (lourdes ou structurelles).
L’église St Joseph
Considérée comme une œuvre architecturale majeure de l'après-guerre en France, l'église St Joseph est le dernier manifeste d'Auguste Perret. Les travaux débutèrent fin 1951 pour se terminer en décembre 1956 avec l'achèvement de la tour. La réalisation de l'édifice fut confiée à Raymond Audigier. À la mort d'Auguste Perret, en 1954, l'église fut terminée par Georges Brochard qui tenta de traduire ce que désirait son maître pour la forme du clocher. Elle est inaugurée en juin 1957 et consacrée en 1964.
L'église dispose d’une tour-clocher octogonale atteignant 110 mètres de hauteur et reposant sur un socle carré légèrement étendu vers l’avant (entrée ouest) et l’arrière (chapelle, sacristies).
Perceptible de l’extérieur, la structure se dévoile en entrant dans l’édifice : quatre pans de la tour octogonale sont déportés vers des bracons reposant sur une série de quatre fois quatre piliers maintenus par des croix de Saint-André. Le ceinturage de l’ensemble est assuré par un béton précontraint, première utilisation de cette technique en dehors des ouvrages d’arts (ponts).
La tour-lanterne fait entrer la lumière dans l'édifice grâce à des vitraux multicolores conçus par la « spatiocoloriste » et maître verrier Marguerite Huré.
Il est 12h30 et on se dirige vers notre restaurant. Le petit-déjeuner est déjà bien loin…
Un bistrot en plein cœur de la « vieille ville », à 2 pas de l’église St Joseph, annonce une cuisine locale. Pour l’avoir testée, elle est aussi gouteuse et généreuse. Le décor de plaques émaillées contribue à l’ambiance bistrot et le service est attentionné. D’où notre sélection.
Au menu : œuf cocotte Neufchâtel et bacon. La marmite dieppoise. Une tarte façon normande.
Tout le monde est content du repas avec le Neufchâtel, fromage de vache de la région. La marmite dieppoise contrairement à d’autres préparations de poissons est faite avec des morceaux nobles.
On repart du Havre vers 14h45 pour rejoindre la ville de BOULOGNE SUR MER mais comme on a un peu « trainé », on ne pourra pas y être à 17h. On prévient le musée d’Audresselles qu’on aura du retard.
On va border la côte d’Opale car on arrive dans la vallée de la Somme, baie réserve du Marquenterre. On traverse l’Authie. On entre dans le Pas de Calais à 16h38. On voit Boulogne à notre gauche et son bord de mer ! La houle. La Basilique qui domine la ville fortifiée. La colonne Napoléon en marbre Napoléon avec le buste de l’empereur qui tourne le dos à la perfide Albion. On continue vers les dunes de la Slack. Fort d’Ambleteuse en bord de mer.
La mer est démontée. De l’écume.
A 17h23, on est sur le parking du musée de la guerre 1939-1945 à Ambleteuse.
On s’excuse à nouveau pour notre retard. La responsable va prolonger l’ouverture pour nous d’au moins une demi-heure. C’est un musée privé. Elle, elle connait le milieu associatif et nous dit : « Vous venez de loin pour nous voir, on peut bien faire ça… »
Le musée historique de la seconde guerre mondiale vous propose sur 800 m2 une visite étonnante du dernier conflit mondial, de la campagne de Pologne à la capitulation du Japon. Plus de 120 soldats entièrement équipés sont présentés en situation, et des milliers d'objets sont exposés. La projection d'un film d'archives, dans une salle de cinéma des années 40 vous fera revivre le débarquement en Normandie et la libération de Paris.
A 18h30 on est dans le bus pour rejoindre l’hôtel à Boulogne.
Les chambres sont réparties comme convenu avec la direction il y a quelques semaines. Dans ce B&B, face à la Liane, on va poser les affaires, se donner un coup de peigne, se repoudrer le nez puis partir vers la moyenne ville afin de découvrir les bâtisses et les fresques du Street Art. Soleil et vent.
Le restaurant est sur une placette à coté de l’église catholique St Nicolas.
Il nous ouvre ses portes à 20h. Une grande tablée dans la salle du haut nous est réservée.
Menu :
Salade Littoral : crevettes, haddock, rollmops, saumon fumé par nos soins.
Suprême de volaille de Licques, crème de Maroilles et jardinière de saison.
Entremets aux fruits de saison et son coulis.
Pour résumer nos connaissances sur Boulogne sur Mer…en revenant à la guerre.
Boulogne-sur-Mer, tout comme Calais, Dunkerque et Dieppe, constitue l'un des principaux ports permettant aux Britanniques de recevoir des renforts et du matériel lors de la bataille de France, utilisés depuis le début de la drôle de guerre en septembre 1939.
Le siège de Boulogne-sur-Mer est livré du 22 au 25 mai 1940 et se déroule en même temps que le siège de Calais La défense du port de Boulogne-sur-Mer relève de la responsabilité de la Marine nationale qui avait installé au XIXe siècle des forts afin de le protéger. La garnison française est forte de 1 100 hommes, elle est déployée dans la Ville haute. A l'approche des Allemands, Dutfoy de Mont de Benque ordonne à ses hommes de mettre hors de combat les batteries côtières situées dans les forts et de se diriger vers le port pour l'évacuation, laissant la plupart des gros canons inutilisables, malgré le refus de l'amiral Darlan qui avait donné l'ordre de tenir la ville.
Guderian assigne la prise de Boulogne-sur-Mer à la 2ème Panzerdivision. Au soir du 22 mai, les Allemands sont aux portes de la ville.
Peu de temps avant le raid aérien allemand, le HMS Keith s'amarre au port de Boulogne-sur-Mer et évacue les troupes de l'AMPC. Il reçoit l'ordre d'évacuer l'ensemble des soldats britanniques, 5 autres destroyers étant en route afin de lui prêter main-forte. Les Allemands atteignent finalement le port, les destroyers utilisent toute leur puissance de feu pour couvrir l'évacuation des troupes britanniques. Les chars s'approchant de trop près sont détruits par les canons navals du Venomous.
Dans la nuit du 23 au 24 mai, l'évacuation est terminée, seuls 200 soldats des Welsh Guards sont laissés derrière eux, n'ayant pas entendu les ordres d'évacuation, qui seront capturés par les Allemands.
À 8h30, Lanquetot se rend au colonel allemand von Vaerts et est amené devant Guderian, qui le félicite pour sa défense. Les Allemands font prisonniers au total 5 000 soldats alliés à Boulogne-sur-Mer, dont une grande majorité de Français.
La défense de Boulogne-sur-Mer permet l'évacuation des troupes alliées à Dunkerque dans le cadre de l'opération Dynamo. (On la verra dans le musée de Dunkerque ).
La ville sera occupée de 1940 à 1944 avant d'être libérée. Boulogne, tenue par une garnison de 10 000 Allemands, est libérée entre le 17 et le 23 septembre 1944 par des Canadiens qui ont surpris les Allemands en arrivant au cœur de la citadelle par un souterrain secret.
Entre 1943 et 1944, les quartiers populaires proches du port, sont presque entièrement rasés par les bombardements alliés, ce qui explique l'architecture typique de l'après-guerre qui caractérise aujourd'hui ces quartiers. Les Allemands comme les Alliés épargnent cependant la ville haute (citadelle, remparts, château, basilique Notre-Dame, église St Nicolas) et les maisons bourgeoises de l'ancien rivage.
À la fin de la guerre, Boulogne est détruite à 85 %. La ville qui comptait plus de 52 000 habitants en 1939, n’en avait plus que 16 000 en 1945. De fin 1940 à 1944, les Boulonnais dormaient le plus souvent dans des caves.
La commune est décorée de la croix de guerre 1939-1945 , le 11 novembre 1948.
(Notes d'après Wikipédia)
Dimanche 12 avril 2026
Le ciel est nuageux sur la Liane, les goélands s’égosillent.
Au petit-déjeuner, les groupes s’échelonnent et discutent tranquillement. A 9h05, on est dans le car après avoir boucler nos valises.
La mer bat la digue Carnot, un des 2 ouvrages construits en mer en 1888, pour protéger la rade de Boulogne avec celle du Nord, la digue de la Crèche qu’on va découvrir à la sortie de Boulogne. Elle se situe au sud du plus important port de pêche de France. La digue Carnot est longue de 3,25 km. Elle est dangereuse par gros temps. Là, on voit de grosses gerbes d’écume qui la fouettent ! La mer moutonne. Le ciel est bleu avec de gros nuages blancs qui laissent passer le soleil.
On va longer la côte par la pointe de la Crèche pour gagner le musée de la batterie Todt à Audinghen dans la partie sud du cap Gris-Nez.
Le cap Gris-Nez est un cap situé à environ 15 km au nord de Boulogne sur Mer. Ce point du littoral français est l'un des plus proches de l'Angleterre, seulement 30,3 km.
C’est une roche du Jurassique, calcaire avec des marnes grises d’où son nom.
Le cap Blanc Nez est en craie d’où sa couleur blanche et son nom. Il fait la limite entre la Manche et la mer du Nord
On devine et on voit les premiers bunkers dans la végétation en approchant d’Audinghen.
La batterie Todt est une batterie d'artillerie côtière allemande. Elle constitue le 7e plus gros ouvrage de l'Armée allemande durant la Seconde guerre mondiale. C'est un musée privé.
Ses 4 canons de marine d'une portée maximale de 55,7 kilomètres étaient capables d'atteindre les côtes anglaises. Chacun était installé dans une importante casemate de béton armé.
Sa construction débute dès août 1940 et se termine en automne 1941. Conçue à l'origine pour appuyer l'opération « Otarie », visant à envahir l’Angleterre, elle est officiellement inaugurée le 15 mars 1942 en présence de hauts dignitaires de la Kriegmarine. La batterie Todt tire son premier obus lors de sa construction par la tour n°1, fin septembre 1940. Initialement nommée « batterie Siegfried », elle est rebaptisée « batterie Todt » en l'honneur de l'ingénieur nazi Fritz Todt, créateur de l'Organisation Todt , mort deux jours avant l'inauguration dans un accident d'avion.
Cette batterie avait été placée au sud de Gris-Nez et constituait un ensemble redoutable. Elle tirait des obus fusants ou percutants jusqu'à 42 kilomètres. Placée à une altitude de 60 à 70 mètres, selon la position des pièces, elle atteignait facilement les côtes anglaises.
Cette batterie protégée par des cathédrales de béton armé était défendue par 9 pièces de 75 en cuve pour assurer la défense anti-aérienne avec batteries de projecteurs.
Le personnel des batteries, celui de défense des côtes et de la D.C des deux postes directeurs était de 600 hommes.
L'activité de la batterie fut vive durant l'année 1942, plus discrète en 1943 et importante après le 6 juin 1944. Le 29 septembre 1944, elle est prise par les troupes canadiennes après un intense bombardement aérien des 26 et 28 septembre 1944 et un pilonnage d’artillerie le matin même.
Dédié à l'histoire militaire, le musée permet de découvrir plusieurs milliers de pièces de collection tout au long des dix salles qui le composent. Armes, uniformes, affiches, et autres militaria, présentent divers aspects du Mur de l'Atlantique. A l'extérieur, une pièce d'artillerie d'un canon allemand K 5 de 280 mm sur voie ferrée, pièce unique en Europe, côtoie des véhicules militaires et des blindés.
Une pièce d'artillerie d'un canon allemand K 5 de 280 mm sur voie ferrée, pièce unique en Europe. Une autre est aux Etats-Unis.
Dans les salles aménagées qu’on visite, 18 hommes et un officier, y vivaient pendant la guerre en permanence. Il y avait un roulement entre les hommes.
Le béton du blockhaus se fissure sous son propre poids. L’eau s’infiltre par ces fissures.
L’eau fait des stalactites comme on a vu dans une galerie. Il faudra 10 000 ans pour réduire le bâtiment en « poudre » ce que les obus n’ont pas réussi à faire…
A 10h10 après quelques achats de livres, on reprend le bus pour rejoindre Dunkerque.
On descend vers Calais, la plaine des Flandres après les monts du Boulonnais.
A Gravelines, il y a une centrale nucléaire, refroidie par l’eau de mer. C’est la plus grande d’Europe de ce type. Les Center Data sont beaucoup implantés dans la région et il leur faut beaucoup d’énergie. Les féculeries, les sucreries, nombreuses ici, demandent de l’énergie, décarbonée d’où l’importance stratégique de cette centrale. Il est question qu’elle alimente un four électrique dans le futur pour Usinor, les Hauts Fourneaux !
La région de Calais-Dunkerque est au niveau de la mer voire en dessous. Il y a un système d’écluses qui garantit le maintien du niveau d’eau.
On aperçoit les portes containers sur le port de Dunkerque.
Les panneaux électroniques routiers sont en flamand…
12h10, le bus se gare et nous dépose à côté de la plage des Alliés, plage de Dunkerque où tout a commencé avec l’opération Dynamo…
La plage est ensoleillée, avec des promeneurs, des gens qui déjeunent dehors, bien couverts sur des terrasses de bord de mer. Un dimanche ordinaire à Dunkerque !
On se dirige doucement vers l’Estaminet qui nous attend pour le déjeuner. En bord de plage. On nous a réservé 2 tables.
Au menu : Tarte aux Maroilles, carbonade flamande et tarte à la bière.Pour l’apéro, il y a de la graisse salée pour les toasts.
Ambiance détente. On va prendre des forces avant la visite du musée qui a construit ce WE : DYNAMO.
On apprécie l’ambiance, les plats dégustés, on est bien. C’est dimanche.
Après le repas, on va remonter la plage, passer devant un monument commémoratif de la poche de Dunkerque, prendre la passerelle ; cela nous fait digérer avant de gagner le musée Dynamo.
C'est un musée privé associatif à qui la ville de Dunkerque prête les locaux.
Il a été inauguré le 12 juillet 2017.
L'évacuation de Dunkerque, communément appelée le miracle de Dunkerque et désignée sous le nom de code opération Dynamo par les Britanniques, consistant en l'évacuation des soldats alliés des plages et du port de Dunkerque, en France, entre le 26 mai et les premières heures du 4 juin 1940, après que ces troupes britanniques, françaises et belges aient été coupées de leurs arrières par l'armée allemande, durant la bataille de Dunkerque
Pour rappel, l'évacuation des troupes britanniques est ordonnée le 26 mai 1940 sans concertation avec les autorités françaises et belges. Ce sauvetage rend ainsi irréalisable le plan de contre-attaque prévu pour réaliser la jonction des armées françaises et britanniques ; il laisse, en outre, sans défense le flanc droit de l'armée belge.
Dans un discours à la Chambre des Communes, Winston Churchill qualifie les événements en France de « désastre militaire colossal », rappelant que « la racine, le noyau et le cerveau de l'armée britannique » ont été bloqués à Dunkerque et semblent sur le point de périr ou d'être capturés. Le 4 juin dans son discours « Nous nous battrons sur les plages », il salue l'arrivée des secours comme un « miracle de la délivrance ».
Le premier jour de l'Opération Dynamo, seulement 7 011 hommes sont évacués, mais au neuvième jour, un total de 338 226 soldats (198 229 Britanniques, 139 997 Franco-belges dont 16 816 Belges) sont sauvés par une flottille de 850 bateaux rassemblés à la hâte. Beaucoup de soldats ont ainsi pu s'embarquer à partir de la digue de protection du port de Dunkerque, au moyen de 42 destroyers britanniques et autres grands navires, tandis que d'autres ont à patauger depuis les plages vers les navires, attendant, pendant des heures, de pouvoir monter à bord, de l'eau de mer arrivant jusqu'aux épaules. Des milliers de soldats sont évacués depuis les plages vers les plus grands navires, par les « petits navires de Dunkerque », une flotille hétéroclite d'environ 700 bateaux de la marine marchande, des bateaux de pêche et de plaisance, des canots de la Royal Navy, le plus petit étant un bateau de pêche de 4,6 m de long opérant sur la Tamise. Les équipages civils sont également invités à prendre du service, vu l'urgence.
Le « miracle des petits bateaux » demeure inscrit dans la mémoire populaire au Royaume-Uni.
En raison de la censure, en temps de guerre, et de la volonté de maintenir le moral de la nation, la pleine mesure du déroulement du « désastre » autour de Dunkerque n'a pas ou peu été médiatisée. Toutefois, la situation catastrophique des troupes a conduit le roi George VI à appeler à une semaine sans précédent de prières. Le 26 mai, partout dans le pays, les gens priaient pour une délivrance miraculeuse.
L'archevêque de Canterburry a conduit les prières « pour nos soldats en situation de grand péril en France ». Des prières similaires ont été adressées dans les synagogues et les églises à travers toute la Grande Bretagne ce jour-là. Ceci confirme que le public soupçonnait une situation désespérée côté troupes.
Les plans initiaux prévoyaient le sauvetage de 45 000 hommes du Corps expéditionnaire britannique (BEF) en deux jours, délai au bout duquel il était attendu que les unités allemandes seraient en mesure de bloquer toute nouvelle évacuation. Seuls 25 000 hommes ont été embarqués pendant cette période, dont 7 000 le premier jour. Dix destroyers supplémentaires ont rejoint l'opération de sauvetage le 26 mai et ont tenté de participer en début de matinée. Elles ont toutefois été incapables d'approcher suffisamment près des plages, bien que plusieurs milliers de soldats eussent été secourus. Toutefois, le rythme de l'évacuation de la poche de Dunkerque, qui ne cessait de se rétrécir, crût régulièrement.
Le 29 mai, 47 000 soldats britanniques furent sauvés, malgré la première attaque aérienne massive de la Luthwaffe dans la soirée. Le lendemain, 54 000 hommes supplémentaires, ont embarqué, dont les premiers soldats français. 68 000 hommes et le commandant de la BEF ont évacué le 31 mai. 64 000 soldats alliés supplémentaires sont partis le 1er juin avant que les attaques aériennes n'empêchent l'évacuation de jour de se poursuivre. L'arrière-garde britannique quitta la France dans la nuit du 2 juin, avec 60 000 soldats français. Un contingent de 26 000 soldats français supplémentaires sera extrait pendant la nuit suivante avant l’achèvement de l’opération..
Deux divisions françaises demeurèrent en retraite afin de protéger le gros de l''évacuation. Bien qu'elles aient stoppé l'avance allemande, elles furent ensuite capturées. Le reste de l'arrière-garde, essentiellement française, se rendit le 3 juin 1940. Le 4 juin à 9 h 40, la 18ème armée allemande de la Wehrmacht commandée par le général von Küchler, occupe Dunkerque, 40 000 soldats français sont faits prisonniers. (Notes d’après Wikipédia)
Voilà, la visite du musée est finie.
Des informations, le déroulement entier de cette guerre est terminé pour nous. On a eu toutes les étapes, certes en désordre depuis le Havre en passant par Boulogne mais on a pu visualiser les phases importantes. A vous de tout reclasser…
Il nous reste à voir des sites de destruction d’armes particulières, secrètes à l’époque.
On traverse le centre-ville de Dunkerque. On ne verra pas Jean Bart qui est sur une rue parallèle à la nôtre. Dans le centre, il reste juste une tour en briques que l’on voit. Tout le reste est neuf et reconstruit depuis 1945.
Dunkerque fut la dernière ville à être libérée en 1945 soit le 9 mai ! Par les Tchèques. Dans le musée tout à l’heure, il y avait du parler des pays de l’Est. Ils viennent commémorer les leurs car ils ont eu beaucoup de morts aussi.
Il n’y a plus de combattants ni Français, ni Alliés sur le territoire national fin juin 1940.
La France tombe sous le gouvernement de Vichy, Pétain, Laval et les autres et l’armistice prend effet le 22 juin 1940. Les questions de la Marine Nationale divisent Français et Anglais. Les Pétainistes pensent pouvoir la garder face aux Allemands mais ce ne sera pas le cas. D’où l’anéantissement de la flotte française à Mers-el-Kébir par les Anglais.
En 1942, le 27 novembre, ce sera le sabordage de la flotte de Toulon par les Français qui devient zone envahie. La France va être complétement envahie suite à la tentative de débarquement en Afrique du Nord, le 11 novembre 1942.
La Résistance s’organisera petit à petit … Une autre histoire...
Après une heure de route, on arrive à la coupole d’Helfaut, commune de Wizernes.
De Juin 1944 à Mars 1945, 22 384 V1 furent principalement envoyés sur L'Angleterre. "10492" rien que sur Londres. Mais aussi sur Liège, Anvers et quelques-uns sur Paris après la Libération par les Alliés. Beaucoup se sont simplement perdus et sont tombés au hasard "on estime qu 'environ 59% atteignirent les zones visées". Malgré la mort de son chef, l'Organisation Todt continue à exister. Au début de l'année 1943, en plus de la poursuite de son travail sur le mur de l'Atlantique, elle se voit confier la construction des plateformes de lancement pour les missiles V1 et V2.
Durant l'été de la même année, elle reçoit la tâche de construire les bases devant accueillir les canons V3.
C’est la construction de huit bases de lancement : Siracourt, Mimoyecques, Wizernes, Lottinghen dans le Pas-de-Calais et Tamerville, Sottevast, Couvilleet Brécourt dans le Cotentin.
C’est un bunker aujourd'hui centre d'histoire et de mémoire, près de Saint-Omer.
Première base souterraine allemande de lancement de fusées V2, le site est réhabilité en 1997.
Franck explique que le chantier de La Coupole est édifié par l’organisation Todt à partir de l’automne 1943. Le site choisi, à Helfaut se situe à portée de tir de la 1ère fusée, le V2, pour viser Londres.
Ce gigantesque bunker souterrain, constitué de centaines de mètres de galeries, est surmonté d’un dôme couvrant la salle de préparation au tir : une demi-sphère en béton armé de 77 mètres de diamètre et de 5,5 mètres d’épaisseur, pesant 55 000 tonnes. Le site n’a jamais été opérationnel, à quelques semaines de son achèvement, freiné par les bombardements massifs des Alliés puis par le Débarquement en Normandie.
Par sa masse écrasante, par le caractère souterrain de ses installations, par la souffrance des travailleurs forcés qui l’ont édifié, le site constitue un lieu symbolique de la folie nazie. Ce bunker était destiné à stocker, préparer et lancer vers le centre-ville de Londres l’arme secrète de Hitler : la fusée V2. Ainsi, aucune fusée V2 n’a pu décoller d’un site conçu comme la première base de missiles stratégiques de l’Histoire.
Qu’est-ce que le V1 ? (Extrait de textes du musée de l’Armée)
Le V1 (Vergeltungswaffe 1) est un avion monoplan, sans pilote, muni d’un moteur à réaction Argus (à jet pulsé). Il mesure dans la réalité 7,74 m de long pour une envergure de 5,39 m et contient 847 kg d’explosif pour un poids total de 2 200 kg.
Qu'est-ce que le V2 ?
Le V2 est une fusée qui mesure 14,02 m de long, 1,65 m de diamètre et pèse 12,9 tonnes. Le nez contient 975 kg d’un explosif peu puissant mais supportant la température élevée de la fusée en vol. Après 5 mn, elle atteint un objectif à une portée maximale de 320 km.
Contrairement au V1 dont le moteur produit un bruit de chaînes caractéristique, le V2, arrivant à une vitesse supérieure à celle du son, est silencieux.
Au total, jusqu’au 27 mars 1945, 3 170 fusées sont tirées : 1 664 vers les villes belges (dont 1 610 vers Anvers), 1 403 vers Londres, 73 vers Paris, 10 sur Maastricht. Mis très tard en service, les V2 furent lancés depuis des sites que l'avance des troupes alliées imposa de déplacer plusieurs fois : aux Pays-Bas en Allemagne visant toujours Londres, la France et la Belgique. Après fin 1944, la France n’est plus une cible.
Au total la région de Londres reçut 1 350 V2 et celle d'Anvers plus de 1 600, les victimes étant surtout civiles.
La propagande allemande les présente comme des Vergeltungswaffen, connues sous leurs noms originels allemand « armes de vengeance », « armes de représailles »), en réponse aux bombardements que subissent les villes allemandes à partir de 1943.
Voilà le périple est terminé.
Le bus va nous ramener à Chaumont , tard dans la nuit.
On va cogiter avec toutes les connaissances enregistrées qui nous ont fait mieux connaitre un épisode de cette guerre plutôt méconnu.
(Photos de Catherine Loriot)
FIN